Un enfant de troisième culture (TCK/3CK) ou enfant trans-culturel est "quelqu'un qui, pendant son enfance, a consacré une longue période de sa vie dans une ou plusieures cultures autres que sa propre, intégrant ainsi certains éléments de ces cultures avec celle sa naissance créant une troisième culture."

Click here to read blog in English <<<>>> Haga click para el blog en castellano

dimanche 19 février 2012

Liens de la famille – Mes cousins

Nous avons tous comme une boussole à l’intérieur, développée par les liensdu sang de famille, il est impératif naturellement pour nous tous de fairenotre pèlerinage de façon individuelle jusqu’à notre propre terre sainte. La majoritédes enfants d’une troisième culture ou transculture, à un certain moment dansleur vie, ressentent une certaine jalousie envers ceux qui ont la chance demener une vie sédentaire. Ces derniers jouissent du grand avantage de cotoyerde façon régulière tous les membres de la famille étendue et ont le temps pourcréer des liens solides parmi les différents groupes en dépis de l’âge. Ceuxqui sont élevés comme des nomades, souvent surnommés des citoyens du monde, ontévidemment un désavantage, mais malgré tout, ils cherchent toujours à retrouverla famille pour s’y refugier. Leur amour inconditionnel et leur compréhensiondeviennent, comme l’enfant qui manque du consentement de leurs parents aprèsavoir accompli quelque chose d’extraordinaire. Comme nomade aventurier, oncherche toujours la famille pour avoir la paix en soi.







Mes chers cousins avec mes oncles et ma mémé



Avec le départ demon frère du noyau familial, j’avais besoin de trouver du sens en plusieurschoses et à présent je comptais sur ma boussole qui était prête pour me dirigeret retrouver une direction en mapersonne. D’une certaine façon, ce fut le résultat du terrorisme à Lima et êtreen même temps une cible. Comme je l’ai déjà mentionné sur l’article précédentde mon blog, avec les voyages je perdais beaucoup de temps en train d’essayerde défendre mes obligations. La première fois dont mes efforts ont étérecompensées malgré tout, ce fut quand nous étions obligés d’évacuer pendant laprolongée période de vacances : janvier et février – n’oubliez pas que cesont les mois d’été dans l’hémisphère sud – quand le Canada, ma chèrepatrie, était enterrée sous la neige avec des températures bien au-dessous dezéro. Qui n’aimerait pas retrouver le soleil tropical, les plages sableuses etles activités en plein air, au lieu d’avoir leur famille enfermée à l’abri dugrand froid à cause de l’hiver? Ceci représentait de passer deux mois avec maMémé, ma grand-mère maternelle et avec la famille de ma maman dont j’avais eule plaisir de la revoir juste une semaine l’année d’avant, et laquelle je n’avaispas revue depuis que j’étais enfant.


Au commencement,le plus grand bénéfice ce fut pour ma Maman. Elle luttait toujours contre cespectre de cancer qui l’empêchait de continuer avec sa routine quotidienne,elle avait besoin d’être auprès de sa mère. Ma mère et sa famille – une familletrès nombreuse, même plus que celle du film «Mariage à la grècque» - avaient toujours été très attachées. Ilss’aidaient toujours les uns les autres tant dans les bonnes circonstances commedans les mauvaises et ce fut comme ça à travers les générations, très solidesayant survécu des guerres, desconflicts, l’exile et toutes sortes de moments difficiles. Je pense qu’àl’époque, ils ont été des pionners en ce qui concerne l’expériencetransculturelle, avec de la famille originaire de la Belgique, de laFrance et de l’Espagne et s’adaptant à de nouvelles cultures sans peine. Si jevoulais rentrer dans des détails, je serais obligé de passer toute une année ouplus à écrire des blogs, mais en fait, c’est vraiment une merveilleusehistoire y compris les liens avec Maximilien Habsbourg, monarque autrichien et empereur du Mexique, le Général Bazaine, maréchal de France, le Président Porfirio Díaz du Mexique. C’est ainsi que j’ai bien à dire que ma maman avait une idée très claire tant du côtépsychologique comme le généalogique, ce qui représentait des déménagements etde l’adaptation, elle avait déjà tout cela dans ses gènes – ainsi que les outils nécessaires pouremménager n’importe où. En ce qui me concernait, j’étais sur le processus dedécouvrir le mien.


Pendant monséjour chez ma grand-mère, j’ai commencé à fréquenter mes cousins germains,Fernando, Javier et Annie. Ce fut quand même compliqué profiter au maximumd’être avec eux, puisqu’ils avaient leurs propres responsabilités scolaires etengagements avec leurs amis qu’ils connaissaient depuis longtemps, comme ceuxdont j’ai été obligé de laisser tomber en quittant Lima pour les vacances. Toutau plus, ils ont fait un effort pour m’ inclure dans leurs sorties, pour allerau cinéma, ou bien prendre un café Java et bavarder. J’ai beaucoup apprécié cesmoments pour mieux les connaître et me rendre compte comment ils étaient, et cequ’ils étaient devenus, en remémorant en même temps nos espliègeries d’enfants.On nous arrangeait toujours de deux en deux, ce qui vraiment ne marchait paspour moi – J’étais trop grand pour m’amuser avec mon cousin Javier et tropjeune par rapport à Fernando – ces moments faisaient partie du passé, c’étaitfini. À présent, il s’agissait d’une conversation qui avait pas mal évoluée etétait devenue un dialogue de personnes presque adultes, nous échangions de lamusique et avions un vrai intérêt dans la vie de chacun.







Avec ma super Mémé à la plage



Probablement,parmi les choses les plus importantes de ma vie, malgré que nous ayons vécu desmondes à part, nous avons été comme des frères et sœurs. Nous avons tous étéélevés avec les mêmes valeurs et apprécions la définition spéciale du sens de famille. Les bons momentset mes préférés furent, lorsque nous étions tous réunis pour les repas tout autour de la table de la salle-à-manger de ma grand-mère, j’écoutais tout lemonde rire et bavarder en dégustant à la fois un bon repas préparer à lamaison. Ces expériences pendant les mois de janvier et février de 1998 ontréellement contribuées à définir ce que signifie la famille étendue en réalité,et la chance que j’avais d’avoir mes parrains – Mon oncle Fernando et ma tanteAnnie. Ils m’ont vraiment fait sentir chez moi et au moment de partir, je mesentais toujours rassuré quand ils me disaient que si jamais j’avais besoin devenir vivre chez eux, j’étais le bienvenu. Je savais à présent que je comptaissur eux et avais envie d’investir plus de temps à l’avenir avec eux cinq et maMémé.

dimanche 12 février 2012

Lorsque deux ans deviennent quatre

Au départ, Lima serait une affectation pour mon père de deux ans. Le ministère des Affaires étrangères (notre propre ministère) déterminait le niveau de difficulté, en prenant en compte les conditions de vie – menaces de violence, disponibilité de services médicaux fondamentaux, eau potable, c’est-à-dire toutes les choses  indispensables qui aident à mener une vie normale – afin de négocier la durée de l’affectation. Comme suite aux conséquences de la crise du MRTA et l’important rôle du Canada à Lima, l’affectacion fut prolongée d’un an de plus. Certainement, le fait que ma mère devait suivre des traitements pour le cancer a été un facteur qui nous mena à cette année supplémentaire. Il n’était pas question de  déménager pour aller dans un autre pays dans l’état de santé dont elle se trouvait, elle ne l’aurait pas supporté puisqu’elle était faible et ne s’était pas encore remise. Elle avait déjà été mise en congé à l’hôpital, mais elle suivait diligemment les traitements de radiothérapie juste au cas où il y aurait des célules qu’on avait pas pu enlever au moment de l’intervention à la Clinica Montesur. Nous étions tous obligés de nous adapter à une nouvelle vie y compris Brian qui était à 6000 km de distance.
David Bickford, un employé très sérieux

L’année de première a rapporté d’importants changements dans ma vie. Du côté académique, je débutais parmi des jeunes de mon âge dans l’élite, je devais suivre le baccalauréat international pour assurer une meilleure opportunité pour être admis à l’université de mon choix dans mon pays d’origine – sans oublier en fait  la grande possibilité d’obtenir une bourse. Le curriculum,  j’en suis certain que la plupart de mes paires seraient d’accord, était beaucoup plus exigeant que les études du programme américan ou bien le péruvien. Mes sujets préférés dans le programme du BI furent – Historie des Amériques, un continent pour lequel j’avais toujours eu une grande passion à partir de Tuktoyactuk jusqu’à Tierra del Fuego et aussi ITGS – mon cours d'informatique dans une société globale, je débutais ainsi dans le monde des ordinateurs. Le système du Lycée français interdisait l’utilisation de calculatrices ou d’ordinateurs, nous étions obligés de faire travailler la tête, on nous faisait aussi apprendre tout par cœur. Leur mentalité est que si l’on ne fait pas travailler ce muscle, vous ne le ferez jamais, dans d’autres mots vous risquiez de le perdre. Néanmoins, j’aimais bien être capable de créer tout plein de choses à l’ordinateur, et éventuellement j’ai réussi à créer un site à l’internet pour l’équipe de Softball de l’école secondaire ainsi que mes propres sites pour faire homage à mes groupes de musique préférés. Moi-même, j’ai été surpris de ma capacité d’apprendre aussi vite.
Ce moment fut également une grande source de fierté canadienne pour moi, notre Ambassade acceuillit des professionnels de l’élite de la sécurité qui travaillaient pour SCRS et pour la GRC. Ils étaient venus dans le sud pour faire une évaluation détaillée vis-à-vis la sécurité des maisons habitées par le personnel canadien de l’Ambassade (les maisons des employés du MAECI et leurs familles vivant à l’étranger), et renforcer la sécurité à l’Ambassade située à Miraflores, ainsi que celle de la résidence de l’ambassadeur, et former à la fois les agents de police locaux qui deviendraient l’accompagnement armé des voitures officielles pour nous garder en tout temps et en tout lieu. J’étais capable de comprendre qu’ils étaient impliqués et que nous étions dans de bonnes mains. Tout au plus,  l’attaché de la GRC à l’Ambassade était de première classe, il ne donnait pas seulement un excellent exemple de service comme agent portant une décoration, mais aussi un remarquable membre qui contribua dans notre communauté canadienne d’expatriés. Tous les gens l’aimaient dès qu’ils le rencontraient, y compris ses homologues des différents pays avoisinants et les personnes responsables des services chargés de l’application de la loi.
Du coup et en raison des circonstances, j’étais obligé d’être toujours accompagné par plusieurs gardes du corps, ce qui fut un important changement dans ma routine quotidienne. Mon père devait en avoir un tout le temps, un gentil agent de la police péruvienne qui s’appellait Roberto Mendoza. Il prenait son rôle au sérieux et agissait toujours sans exception d’une façon professionnelle. J’aimais lui raconter des blagues de temps en temps comme le font tous les adolescents, ce fut de cette façon que nous avons développé un bon rapport. J’étais convaincu qui si jamais il devait agir pour protéger mon mon père, il le ferait tout de suite sans hésiter. Mon père lui rapporta du Canada, lors d’un de ses voyages, un sweatshirt dont il accepta volontiers. Ce fut son fils qui a eu ma précieuse collection de GI Joe. L’autre garde du corps, nous accompagnait tous les jours dans le bus scolaire. Il n’y a pas grand nombre d’enfants canadiens qui auraient pu raconter la même histoire. Personne, comme passager se sentait gêné, car nous savions que c’était pour notre propre bien. Il s’appelait Luis, un gars au physique maigre et nerveux avec un excellent sens de l’humour. J’essayais de parler sur le foot, principalement de l’équipe nationale péruvienne de foot et la possibilité de qualifier pour la Coupe du Monde. Il ne montrait jamais son revolver pour se faire remarquer et encore moins pour nous intimider pour que nous soyons sages dans le bus scolaire. Il était toujours fier de lui-même et de son rôle, même s’il s’agissait de protéger des enfants étrangers, un emploi dont la plupart des professionnels de ce niveau aurait du mal à poursuivre avec un certain respect. Nous avions des gardes du corps chez nous les vingt-quatre heures et les sept jours de la semaine, ils aimaient jouer au basket-ball avec moi. Ils portaient leurs grosses bottes, leur pistolet, leur équipe de nuit, leur radio et leur veste de sécurité, tout ceci fut contre leur avantage. Pour des raisons de sécurité, quand je sortais avec mes copains de l’école, je devais faire très attention de porter absolument rien qui pourait m’identifier comme Canadien, «Ce n’était pas facile!».
Notre cher ami de la GRC, Jean-Yves avec l'Ambassadeur et mon père

Probablement, le plus difficile des changements de mon style de vie à m’adapter ce fut le fait de partir en voyage. Oui, c’est bien ça, j’ai dit voyager. Un grand nombre de personnes aiment l’idée de voyager pour connaître de nouveaux endroits et prendre une pause de la vie réelle, mais pendant combien de temps peut-on échapper à la réalité du chez soi ? Mes parents n’eurent pas de choix cette fois-ci. Notre gouvernement imposa que les familles quittent le poste aussitôt que l’école finissait ainsi qu’à chaque fois qu’il y avait des congés prolongés pour des raisons de sécurité, vu le danger en croissance du personnel canadien de l’Ambassade au Pérou. Ce qui voulait dire qu’à chaque fois qu’il y avait un congé quand j’aurais pu passer du temps avec mes copains ce n’était plus possible. Certes, c’est cool de voyager et voir le monde, mais cela devient difficile lorsqu’on sait qu’il est dangereux de rester chez soi et vous devez quitter vos copains. Néanmoins, j’ai réussi à profiter bien de Lima et de cultiver mes amitiés malgré tout. J’ai dû accepter la réalité et obéir le règlement pour veiller à mon propre bien-être et ma sécurité.

dimanche 5 février 2012

Souvenir de l’année 97

Peu importe la relation avec les parents, les frères et soeurs. Les parents sont, en fait, les seuls qui peuvent vraiment comprendre ce que vous êtes – ou vous serez – en train de passer. Un noyau familial solide est d’une importance primordiale. Les personnes, qui n’en font pas partie de notre vie,  pensent souvent que l’expérience d’un expatrié est l’équivalent d’une année sabbatique pour profiter du beau soleil sur la plague en bordure de la mer portant un drôle chapeau. Généralement, ils n’associent pas ce déplacement avec le fait que l’on devient une cible pour les terroristes – comme ce fut le cas des conséquences lors des événements de la résidence japonaise – ou des attaques aléatoires – quand Mario Lambert et moi venions de quitter un parc d’attractions au Pérou, quelques minutes plus tard un groupe l’a fait exploser – en tout cas, il faut toujours continuer avec la vie quotidienne. Vos propres parents comme vos frères et soeurs connaissent ces histoires et savent que ce n’est pas une exagération et qu’il ne s’agit pas d’un cri désespéré afin d’attirer l’attention. Ils ont dû subir aux mêmes luttes que vous. Cela ne veut pas dire que le reste de votre famille ni vos amis ne veuillent pas comprendre, cependant votre mentalité, identité et même votre culture ont été complètement transformées et ne ressemblent plus à celles de vos compatriotes, bien sûr dans un sens positif, car vous avez sacrifié la stabilité ainsi qu’un sens de continuité quotidienne.
Notre superbe équipe de softball

En 1997, mon noyau familial fut secoué non seulement par des coups de revolver et de gros fardeaux qui indiquaient la fin du siège. Mon grand frère, Brian, nous quittait pour poursuivre ses études universitaires de médecine, en mettant brusquement fin à notre confortable routine et camaraderie. Il était plein d’enthousiasme de quitter le nid pour aller trouver son émancipation. J’étais content pour lui, mais en même temps, il allait être difficile pour moi de vivre dans la même maison après son départ. Le bruit Sepulturesque n’allait plus faire trembler la maison avec les gros haut-parleurs que son ami Paul et lui avaient fait. Les Cowboys From Hell faisaient leurs valises pour partir à London dans l’Ontario. Notre journée de détente pour jouer au basquet « 21 », à l’entrée de chez nous, serait remplacée par un solo. La relève de lanceurs dans notre club de softball à l’école allait avoir des difficultés pour le remplacer ainsi que son coup franc gaucher essayant de battre le monstre vert sur le champ de droite au terrain. Les voyages en famille deviendraient juste pour trois personnes. Je n’avais jamais pensé qu’un jour pas trop lointain, le fait de vivre tous sous le même toit marquait la fin d’être tous ensemble. Il n'y aurait plus de retour.
Pour rendre les choses encore plus difficiles et au moment du dixième anniversaire de la guérison du cancer que ma maman avait eu, juste un peu avant le départ de Brian qui nous quittait pour aller à l’université, elle fut diagnostiquée de cancer une nouvelle fois. Un soir, mon papa et  ma maman, nous ont demandés de venir dans leur chambre pour parler sérieusement sur quelque chose. Mon père répétéait de nouveau le célèbre cliché : «Ce n’est rien de grave!». À chaque fois que j’avais entendu cette phrase dans le passé, cela voulait dire tout le contraire. Plusieurs années plus tard ma maman m’a avouée, que cet été là, elle avait décidé de passer quelques jours auprès de sa maman car il y existait une certaine possibilité que ce serait la dernière fois qu’elle pourrait le faire. Ma maman fut hospitalisée le 15 août 2007 à la Clínica Montesur dans le quartier de Monterrico à Lima pour se faire opérer et elle resta en clinique pendant 5 jours jusqu’à ce qu’elle fut mise en congé. Brian resta à son chevet quelques nuits, personne a voulu que je prenne la relève à cause de mes obligations scolaires. Tout le monde suggéra – pour mon propre bien – que c’était mieux pour moi de continuer avec ma routine de tous les jours. Je n’aimais pas que les gens prennent des déecisions pour moi. La seule chose qui me passait par la tête était de me demander si j’allais toujours revoir ma maman le lendemain ou bien si je n’allais plus la revoir à cause de ce cancer qui hantait ma famille. Elle était l’élément qui gardait la famille unie.
L’école n’aidait pas du tout à dissiper ma pensée de cette épreuve. Ma maman était le professeur de français depuis un bon bout de temps et à présent…Elle était absente. C’était quelque chose de surprenant pendant sa carrière professionnelle au collège Roosevelt. Évidemment le personnel était au courant de la raison de son absence, mais les étudiants commencèrent à poser des questions et obtinrent des réponses comme la plupart des adolescents. Peu de temps après, mes paires m’approchèrent pour exprimer leur compassion, leur appui en me souhaitant que tout s’arrange bientôt. J’aurai préféré que tout le monde réagisse d’une façon normale. En tout cas, tout allait bien. Le bouquet fut quand quelqu’un m’approcha pour dire : «Mon frère est mot de cancer, si tu as besoin de parler à quelqu’un, je suis là». Ouf ! Un commentaire pas trop rassurant, mais j’ai compris que c’était dit avec de bonnes intentions. J’ai ressenti comme si je luttais contre d’immenses vagues à l’école, de la même façon que le Titanic dans le vaste océan, je devais me préparer pour mes dernières années de secondaire – ce sont les années dont les universités sans exception vraiment prennent en considération. Tout au plus, je me suis battu et bien concentré  pour garder ma place et mes bonnes notes, afin de rester de façon permanente dans le programme du Baccalauréat International. Je devais réussir. À l’arrivée du mois de septembre Brian était parti. Ce ne fut pas pour échapper ses responsabilités, au contraire. Je n’ai aucun doute que ce fut bien difficile pour lui de quitter notre mère en sachant qu’elle devait suivre des séances multiples de radiothérapie. Les deux avaient toujours été très attachés.
Ma maman avec les profs de l'école

Nous avons tous des défis à surmonter et souvent nous ne voulons pas nous rendre compte du grand privilège que nous avons par rapport aux autres. La plupart parmi nous, avons une certaine tendance à croire que la vie et les personnes qui jouissent d’une meilleure situation que la nôtre, était le sort qui a décidé ainsi, avec un ressentiment envers Dieu. Je culpabilisais un peu au début de cette crise et ressentais que je n’avais pas le soutien qu’il me fallait. Quiconque pourrait très bien vous dire dans une situation pareille, «Tu dois être fort!» ou bien «C’est la vie!» - d’habitude, c’est la dernière chose que l’on veut écouter – même si c’est la meilleure chose à dire pour nous remonter le moral. Nous avons tous de différents mécanismes pour faire face aux situations. Même dans ce moment là qui fut plus sombre et qui semblait être la fin de mon monde auquel j’y attachais, je me suis rendu compte que «tu» - le «tu» universel – peux toujours compter sur la bonté des autres. Les personnes dont on connaît quasiment pas, deviennent des amis, les amis peuvent devenir comme des frères et vous pouvez retrouver la réconciliation d’une amitié dont vous la considériez perdue. C’est à vous et personne d’autre de subir la douleur et de vous en sortir pour continuer votre chemin. Demain, les personnes que vous aimez peuvent être avec vous ou peur-être pas, mais la vie continue – évidemment en les gardant toujours près de notre cœur et dans la pensée. Une fois de plus, ma mère lutta et survécut le cancer. Je n’ai jamais oublié le soutien envers tous les quatre de tout le monde, des personnes inconnues, des amis et de la famille. On ne vous oublie jamais chez nous pour vos gestes d’amitié inconditionnelle lorsque nous avons eu besoin.

dimanche 29 janvier 2012

Le livre de la jungle


Mon école secondaire à Lima assurait aux jeunes étudiants plusieurs opportunités encourageantes au dévéloppement de leur formation. Parmi celles-ci, il existait des voyages d’éveil. Évidemment, les portefeuilles des parents en souffraient, car ceci s’ajoutait aux élevés frais de scolarité, mais à la fois représentait un merveilleux avantage pour leurs enfants. M. Antonio – qui était prof au secondaire pour la seconde année, très dévoué ainsi qu’une excellente personne, originaire de la Colombie-Britannique – invita les parents à venir dans sa salle de classe, comme tous les ans il a fait un exposé sur la forêt péruvienne torride et humide. Comme responsable du département de sciences, il organisait un voyage au Parc national de Manu (une réserve biosphère située à Madre de Dios, au Pérou) et il se faisait accompagner par quelqu’un qui travaillait à l’école et d’autres professionnels à l’extérieur, de la faune sauvage, pour aider comme guides. Tout semblait passionnant.

La rivière Manú, l'autoroute de la jungle

Mes copains, nos parents et moi, nous nous sommes assis pour écouter attentivement son exposé. L’expérience de M. Antonio fut excellemment acceuillie par la plupart des étrangers, tout le monde exclama que c’était une expérience pour changer la vie de leurs enfants. Il ne s’agissait pas d’un simple voyage de camping, pas question ! La mère nature fut le patron de cet endroit, et ses créatures appliquaient sa doctrine. Ce lieu effectivement réussit à survivre au long des années, jusqu’à date le terrain est pratiquement inaccessible car il n’y a pas de route. Il s’agit du plus grand parc national du Pérou, couvrant une superficie de 15 000 km². Il compte avec un niveau de biodiversité très élevé, plus que n’importe quel autre parc dans le monde, avec une végétation munie d’une grande variété d’espèces uniques et à la fois un passionnant nombre d’animaux. Ils étaient en grande partie vénimeux, y compris de gigantesques fourmis. Peut-être même si un puma vous léchait, vous seriez obligé d’être hospitalisé. Il n’y avait même pas de petits villages à 60 kilomètres de proximité de la zone adéquate pour camper et la seule façon pour s’y rendre, ce fut en bateau tout au long de la rivière – Il me semble que la rivière portait le même nom que la préserve écologique.

Tout au début, je ne me sentais pas impressionné car j’avais eu l’opportunité d’être dans un habitat de ce genre à Cumaná au Venezuela vers la fin des années 80, ce qui fait que j’ai pensé qu’il n’y avait plus rien de nouveau à voir. J’étais un ado alors c’était difficile de me laisser impressionner, comme pour la plupart de mes pairs. Plus tard, à mon grand malheur, ni mes copains ni leurs parents étaient convaincus que cette expédition dans la forêt tropicale et humide n’était pas digne d’investissement. À ce point, l’équilibre semblait de plus en plus négatif car je n’avais aucun intérêt d’aller passer sept jours ou plus avec des camarades de classe dont je connaissais à peine. Rappelez-vous que j’étais un gosse timide, alors le fait de parler avec des gens qui ne faisaient pas partie de ma bande était un vrai cauchemar. D’autre part, mes parents semblaient avoir accroché à l’idée transmise par M.Antonio qui suggéra que cette expérience pourrait changer ma vie à jamais. D’ailleurs, je pense qu’ils auraient bien aimé faire ce voyage avec leurs deux garçons, hélàs ! Il n’était pas possible. Malheureusement, ce fut une excursion qui exigeait un grand nombre de voyageurs disposés à passer une semaine dans des conditions de vie peu confortables. En réalité, c’est ce que « vivre hors du réseau » veut dire.

Une fois mon billet confirmé, mes craintes sont devenues une réalité, cela voulait dire que j’allais faire ce voyage avec tout un tas de gens dont je ne connaissais pas. La personne que je connaissais le mieux ce fut Jean-Louis Antonio, mais évidemment il ne s’agissait pas d’un copain. Un groupe selectionné, composait de quelques élèves de l’année de seconde, quittait Lima en avion arrivant au Cuzco pour débuter l’excellente aventure en bus. Ce vieux démon japonais en acier nous a conduit jusqu’au sommet des montagnes des Andes en traversant de tout petits villages où les habitants réagissaient avec frayeur à l’arrivée des étrangers. Ce fut vraiment curieux. Ensuite, nous descendîmes dans la jungle torride et humide avec son territoire inexploré. Une fois arrivés au dernier village connu pour l’homme, nous avons embarqué sur un bateau et avons navigué à peu prèsune heure jusqu’au terrain de camping, entourés de singes hurleurs – le meilleur type de singes dans mes livres – ainsi que d’autres animaux sauvages comme des alligators, des oiseaux, des insectes et des pumas. Sans manquer,  les serpents, le plus précieux don de la nature pour l’humanité. Nous avons passé environ sept jours dans le camp, avec des toiles moustiquaires au-dessus de nos lits – celle-ci étaient toujours couvertes tant à l’intérieur comme à l’extérieur par de grosses bêtes. Les douches étaient plus que simples et la rivière était pleine de sangsues.

La belle opéra de la nature

La leçon que nous avons apprise en cette occasion ce fut : Souvent on pense que l’on va terriblement s’ennuyer, mais il arrive d’être récompensé pour l’effort selon les circonstances. J’ai fait mon premier ami péruvien, Sebastián Majluf, qui aimait la même musique que moi et m’a prêté une excellente cassette de Pearl Jam pour mon baladeur (l’amour pour la haute technologie), et j’ai commencé à perdre ma timidité. J’étais obligé de m’entendre avec les autres pour ne pas devenir fou. Ce fut peut-être en raison de la difficulté que nous avons partagée au sujet des conditions de vie temporaires – nous étions tous démunis du luxe quotidien – alors, nous avons commencé à bien nous entendre et fréquenter la personne dont autrement serait la dernière à qui l’on penserait. J’ai fait aussi des amies de mon âge. Auparavant, j’étais trop timide, sans trouver la raison, mais grâce à un groupe mixte d’Américains et de Canadiens le fait de fréquenter des filles est devenu plus naturel. À savoir quelle est la raison de ce phénomène entre garçons et filles, mais je pense que celui-ci est un autre sujet parallèle à la plupart des cultures. 

dimanche 22 janvier 2012

Cette révolution n’a pas été télévisée

Ma deuxième année scolaire m’a apporté un éveil politique, spécialement en ce qui concerne le développement social et les droits de la personne. Dans mon cours d’histoire Pérou/Amérique latine, le dernier project s’agissait d’organiser un groupe de camarades et de choisir un sujet à exposer au reste de l’école dans le gymnase. Bien que le cours était obligatoire pour tous les étudiants de la dixième année qui suivaient le programme du diplôme secondaire américain, tous mes copains partageaient la même tâche – nous étions capables de travailler ensemble même si nous n’étions pas dans la même salle de classe pour le cours. Quelle merveilleuse idée ! Le groupe était formé par Glen Swanson, Alejandro Alves, Sebastian « Crack » Olivares, William Erickson et moi. Le terrorisme était un sujet dont nous avions tous appris en détail dû aux événements de l’Ambassade japonaise, les médias locaux et CNN En Español ( CNN en espagnol) – une excellente chaine d’information latino-américaine, avant de devenir une version un peu floue, du principal réseau américain – ce qui fait que nous avons décidé d’étudier «Le terrorisme en Amérique latine».








Préparant mon déguisement pour la foire



Je ne crois pas que le reste des étudiants a travaillé aussi fort et passionnément sur un sujet comme notre groupe, dans l’histoire de l’école Roosevelt, pour la foire de Pérou/Amérique latine. Nous avons bien étudié la Colombie, le Nicaragua, le Mexique et le Pérou – sans doute certains des pays les plus expérimentés en matière de ce type de conflit. Nous avons séparé les pays en régions spécifiques d’activité pour essayer de comprendre leur rôle d’opération ainsi que les conditions sociales. Je voulais savoir la base fondamentale de ces mouvements et les comparer à des activités récentes pour déterminer éventuellement leur légitimité. Je me souviens comment les réserves de pétrole de minuit avaient été brûlées; faire de la recherche de mouvements de guérilla, du terrorisme urbain, et de certains des grands dirigeants de gauche. Je voulais être sûr de mon bagage de connaissances pour être capable de répondre à toutes les possibles questions qu’on pourrait me faire. J’ai commencé à différencier les partisans du marxisme, les marxistes-léninistes, les maoïstes, et tout ce monde. Comme un bon élève de l’école secondaire américaine, je suis devenu un grand admirateur d’Ernesto Guevara – mieux connu dans certains milieux comme El Che – en particulier, pour sa passion dans la lutte pour de meilleures conditions de vie de tous les habitants de l’Amérique latine – sans mentionner l’anti-américanisme.



Je n’étais pas quelqu’un qui abimerait le drapeau américain et non plus quelqu’un qui se manifesterait lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies pour dénoncer l’impérialisme américain. Ce que j’étais capable de savoir, ce fut la différence entre «les peuples» et «les politiques». Ces dernières contribuent d’une certaine façon à donner un sens à la vie des personnes et sont toujours nombreuses celles qui négligent cet aspect, en voyant ce sujet comme « les politiques ne m’atteignent pas ». Dans ce cas, vous devez alors rennoncer à vos droits.Je ne l’ai jamais fait depuis l’âge d’onze ans. De la même façon que le jour moderne de Rome, les États-Unis lors de la Guerre froide, sont allés au-delà de leurs moyens pour défendre leurs intérêts dans leurs propres terrains, et nous avons fait autant dans nos salles de classe à Roosevelt. Ils ont appuyé les gouvernements illégitimes (dictatures militaires et d’autres organes directeurs illégitimes) dans la région qui a opprimé ses citoyens dans des pays contemporains industrialisés dans des conditions jamais vues pour la plupart.,dont le but était d’appuyer une minuscule et toute puissante élite nationale. Àl’époque, faire sa propre réclame comme anti-communiste était un gran bénéfice pour le compte courrant de la banque nationale. Dans de nombreux pays, les pauvres n’ont pas les moyens pour s’en sortir et je ne me rendais pas trop bien compte des conditions dont ils demeuraient. Il est vrai, que dans la plupart de ces pays, le seul changement important pourrait venir d’une révolution puisque les intérêts de la majorité ne pouvaient pas dépasser les autres. Certains étaient obligés d’écouter et comprendre que leur demeure en crystal n’était pas indestructible. Leurs institutions politiques n’étaient même pas fermées pour en profiter de tout ce qui représente d’habitude un fait accompli dans le monde« développé » et sans s’y rendre même pas compte.



La meilleure partie du projet n'était pas seulement d'avoir eu un A sur le bulletin. J’étais fier de tout ce que j’avais appris ainsi que de tout l’effort que le groupe a mis sur notre exposé.Je m’excuse de l’arrogance mais c’est la vérité. Notre copain Crack a réussi à programmer une interview avec le Chef de la sécurité de la compagnie où son père travaillait, l’Oncle Vince, à Lima. Cet homme avait fait partie des parachutistes péruviens militaires qui ont lutté contre le Sentier Lumineux. Peut-être il souffrait de dépression post-traumatique ou d’anxiété, cependant son très précieux aperçu ne semblait pas embrouillé. Il nous a dit que la plupart des intentions de ces groupes pour obtenir ce qu’ils veulent sont pourtant nobles, et les êtres humains sans instruction sont la proie parce qu’ils sont plus faciles à mouler comme « combattants de la liberté ». L’exemple qu’il nous donna, ce fut le suivant : « Si vous êtes pauvre, votre famille est affamé et des gens viennent vous demander si vous voulez devenir un héro pour votre pays, et pour nourrir votre famille on vous donne une arme à feu…Qui ne voudrait pas devenir une guérilla ? ».Il mentionna également que lutter dans ce genre de conflits vous fait devenir dur et la plupart des gens finissent par oublier leur but de la lutte, vivant dans des slogans vides et une violence inutile.








Alejandro, moi et Crack lors de notre présentation



Après avoir vécu de nombreuses années dans ce continent, j’ai appris à l’aimer comme s’il s’agissait du mien, j’ai développé un certain respect accompagné d’un sens de dévouement. J’avais appris tellement à propos de cette région dont les gens de mon pays n’écoutaient même pas parler dans les informations du soir – il est rare que les médias canadiennes trouvent des événements intéressants sous leurs propres yeux vis-à-vis cette région de l’Amérique latine. Pas un grand nombre de personnes que je connaissais chez moi, comprenaient ce que l’enlèvement de personnes proches voulait dire et encore moins qu’elles seraient prises en otages, leurs voitures qui devaient être vérifiées pour les explosifs, et qui étaient obligées en plus d’engager des gardiens de sécurité armés pour protéger leurs maisons et leur vie. J’espérais qu’en finissant l’école et à mon retour au Canada, j’allais être capable de suivre une excellente formation en sciences politiques qui me permettrait un jour d’aider au renforcement des institutions et le développement humain. L’Amérique latine avait beaucoup à offrir au monde et un changement n’allait pas arrivé en ayant toujours la révolution armée ni par le terrorisme. Mais, il existe le besoin d’un révolution interne et psychologique Les gens méritent l’opportunité de faire quelque chose pour eux-mêmes dans leur propre pays et tous les droits devraient être universels.

dimanche 15 janvier 2012

Mon amie l’adolescence


Quand nous grandissons, nous avons une certaine tendance à évoluer dans notre raisonnement, et nous découvrons ainsi le monde à travers une série de questions et de réponses. Les enfants généralement posent des questions aux personnes plus âgées car ils n’ont pas de point de repère – ou bien comme l’on dit dans le monde professionnel, ils manquent d’expérience. Alors au moment de se transformer pour devenir des personnes adultes, dans cette drôle d’étape mieux connue comme l’adolescence, les ados sont toujours à la recherche de réponses, sauf que cette fois-ci, ils essayent de comprendre le monde qui les entoure sans se poser des questions. L’un des comportements le plus commun est d’avoir souvent l’air fâché, probablement parce que les jours dont maman et papa prenaient la responsabilité des choses qui ne marchaient pas deviennnent de moins en moins fréquents. Et qui ne deviendrait pas comme ça quand on s’aperçoit que les dessins animés ont été remplacés par un bureau pour faire les devoirs ?. La collection de GI Joe devient de plus en plus petite et du coup on est obligé de se concentrer dans les bonnes notes et s’engager dans des activités extra-scolaires qui nous font avoir l’air bien dans un établissement post-secondaire.

Êtes-vous désirable pour une université?

J’avais tout un tas de questions quand nous habitions à Lima. Brian et moi avions accepté le fait que nous étions des nomades conscients de cette imaginaire et artificielle identité canadienne. Notre passion et loyauté pour notre pays nous ont aidés à surmonter les moments difficiles, toujours en pensant que nous allions bientôt rentrer chez nous et que tout allait être mieux. Nos voyages en Ontario étaient l’opportunité de nous ressourcer avec tout ce qui nous appartenait. Évidemment, quand on habite pas le pays cela ne nous donne pas une bonne perspective de la réalité quotidienne ce qui nous mène dans un nouveau monde de difficultés tout neuf : d’hypothèses. Ce qui est une des plus nuisibles conditions dans la mentalité de l’être humain car nous associons l’inconnu avec les plus proches concepts tangibles que l’on peut imaginer. D’habitude, les hypothèses se présentent quand il s’agit de trouver une réponse le plus vite possible et personne a aucune connaissance sur le sujet ou bien tout simplement on n’écoute pas. De nombreux problèmes surviennent à cause des hypothèses. Si jamais vous avez un doute il faut toujours poser la question. Un de mes professeurs à l’université, nous a dit un jour qu’aucune question est bête et je suis sûre qu’il ne le disait pas pour rien.

La crise d’otages de l’Ambassade japonaise a coïncidée avec nos vacances d’école et nos activités, ce qui fait que j’ai dû faire face à une petite dépression. La plupart de mes amis de l’école étaient étrangers, ce qui fut que pour la plupart ils étaient rentrés chez eux pour les vacances, ce qui voulait dire que je me retrouverais seul et pas mal ennuyé pour les deux prochains mois. Mon père était obligé de rester sur place en tant que soutien à l’ambassadeur, toujours dans l’espoir que tous les Canadiens et dignataires s’en sortiraient vivants et Maman s’occupait de l’intendance chez nous en donnant son soutien à notre leader. Peu après, dans un acte de l’intervention divine, ils décidèrent de nous envoyer à Toronto pendant quelques semaines chez mon Oncle John et à Kingston chez mon Grandad (grand-père). Cela nous tomba du ciel. Ce fut la première fois pour mon frère et moi de fairet un voyage international tous seuls et avons eu l’opportunité de comprendre les responsabilités comme voyageurs représentant notre pays. Bien que Brian fut l’aîné – et il l’est toujours, on n’a jamais remarqué l’écart entre les deux – ce fut toujours moi qui était questionné, en pensant que j’étais le plus senior des deux parce que j’étais plus grand comme taille, voilà la raison pour laquelle j’avais l’air plus vieux que lui. Au début, je ne me sentis pas à l’aise, je m’attendais toujours à être toujours derrière lui et le laisser tout faire, mais après ces incidents qui se répétaient à plusieurs reprises, j’ai commencé à comprendre le sens de toute la bureaucratie des voyages internationaux.

Le point saillant de ce voyage définitivement était Toronto, notre point d’arrivée et de départ. Bien que tout au début nous ne nous sentîmes pas confortables avec les agents des Services de Douanes et frontaliers du Canada qui sont formés pour traiter même un jeune bébé comme un suspect  pour des attaques terroristes dans la toundra gelée, l’équilibre fut positif. Je me souviens de l’agent grand et puissant qui disait, à un jeune garçon de 14 ans et un autre de 17 ans, qu’ils n’avaient aucun droit diplomatique au Canada et nous a donné une acceuillante bienvenue en fouillant nos bagages comme si nous étions des contrebandiers en temps d’interdiction. Mon oncle John nous attendait du côté civil prêt pour nous conduire chez lui. C’était toujours un grand plaisir de le voir, comme s’il s’agissait de notre père canadien. Aussitôt installés dans sa voiture, il nous demanda si nous aimions les matchs de basket. Il avait deux billets pour nous pour les Toronto Raptors contre les Cleveland Cavaliers.  La concession de Toronto réussisait assez bien en début de saison, grâce à Damon Stoudamire (souvent appelé Mighty Mouse  grâce à sa surprenante performance malgré sa petite taille comme joueur du NBA  faisant 5pieds 10pouces). Ensuite, il nous donna de bons conseils vis-à-vis le transport public et les endroits intéressants à visiter les jours de semaine pendant que lui et Aunt Amy  (Tante Amy) étaient au travail. Ce fut formidable pour notre autonomie et ainsi découvrir la beauté de la plus grande ville du Canada.

Stoudamire contres les Knicks de New York


Pour la plupart des parents leurs activités de travail sont interrompues, car ils doivent élever leurs enfants en même temps, surtout pendant les années de l’adolescence. Mes félicitations aux mamans et aux papas, car j’en suis persuadé que ce n’est pas une tâche facile. Rendue à cet âge là, les rejetons sont encore en train de pousser les limites, ils essayent d’avoir ce qu’ils veulent  avec un vilain comportement, essayent de se souler, courrent derrière les garçons et les filles, tout en disant qu’ils sont devenus adultes. Dans certaines cultures, ces moments sont plus difficiles lors de la transition aux responsabilités en tant qu’adulte et celle-ci se fait d’une façon plus graduelle dans la vie des rebelles. Lorsqu’il s’agit d’enfants transculturels, bien que certains sont plus rebelles que d’autres, ils sont souvent doux. Il est certain qu’il y a quelques exceptions dans chaque règle, spécialement lorsqu’il s’agit de l’influence et de la pression des pairs qui entrent en jeu, mais l’équilibre leur revient toujours. Même s’ils sont toujours dans une période pour explorer et comprendre les mêmes inquiétudes de leur âge, ils ont été obligés de s’adapter sans cesse à de nouveaux entourages et circonstances. Ils ont souvent été contestés,  obligés à changer d’amis, de maison, de pays, d’habitudes, et de religions. Leur noyau familial veut tout dire. Leurs soucis sont plus complexes et le raport avec les adultes devient plus normal et ils s’expriment avec aisance parmi les gens adultes. 

dimanche 8 janvier 2012

Les conséquences


Chers lecteurs, amis et famille, voice le dernier article (partie 5 de 5) du texte de David Bickford sur le terrorisme au Pérou. Aujourd'hui nous présentons les conséquences après la crise d'otages et la vie pour les canadiens et leurs familles. Bonne lecture!


La dernière tâche officielle que le Groupe de garants a dû faire, ce fut de participer dans une conférence de presse le jour après la libération des otages. Les garants regrettèrent le fait qu’une solution pacifique n’avait pas eu lieu. Ils exprimèrent une certaine satisfaction que la plupart des otages avaient survécu. Malgré tout, ils étaient navrés car il y eut quand même des morts, tant dans le cas des otages comme des militaires, en plus des quatorze membres du MRTA. Cipriani exclama: «Tout au long de la crise d’otages, je me suis senti comme le père d’une grande famille de quatre-vingt six enfants: soixante-douze otages et  quatorze membres du MRTA… Mes larmes sont celles d’un père d’une famille de quatre-vingt six personnes, desquelles dix-sept furent tués d’un seul coup. Par la suite et en privé, Cipriani m’a dit, qu’il regrettait vivement qu’il n’avait pas réussi à sauver la vie des jeunes terroristes. Il nous prit longtemps pour nous remettre du choc de l’assaut et nous rendre compte que le Groupe des garants n’existait plus. Ce fut difficile à croire que tout était fini.

Notre ambassade barricadée à Lima

La question si la mort des quatorze terroristes se justifiait se fut un sujet à contreverse principalement hors du Pérou. Certains disaient qu’un nombre de terroristes levèrent leurs mains comme signe de se livrer au désespoir, d’autres disaient qu’ils se cachèrent une fois libérés, mais qu’on les a tués une fois qu’ils furent découverts, et que d’autres implorèrent la clémence, en vain. Plusieurs officiers contre le terrorisme de l’Europe occidentale me manifestèrent que lorsqu’il s’agit de ce genre d’opérations, la première priorité est d’assurer la sécurité des otages. Dans le cas où quelqu’un essaye de se rendre au désespoir, il faut tirer et l’on continue. Si l’on s’arrête pour sécuriser un prisonnier, vous vous êtes déconcentré de la tâche principale. De plus, cette personne peut très bien être en train de faire juste semblant et au lieu elle vous tire dessus lorsque vous n’êtes plus en garde. C’est ce que le groupe d’assaut des forces spéciales péruviennes ont voulu faire. Leurs propres pertes de deux assassinés et dix sérieusement blessés sugèrent que la bataille ne fut pas dans un seul sens.

Après l’opération de sauvetage, comme l’Ambassadeur Vincent fut le dernier membre du Groupe de garants qui rentra dans la résidence japonaise, les médias sugérèrent  - et juste deux heures avant l’assaut – qu’il a dû passer le mot que l’attaque allait avoir lieu ce même jour. Pas loin de la vérité. Le gouvernement ne nous avait rien mentionné à cet égard. Plus tard, Fujimori dit à la presse que l’attaque aurait eu lieu tel que planifié même si un des garants avait été à l’intérieur à ce moment là – il disait la vérité mais pas trop diplomatique. Tony eut beaucoup de chance de ne pas être resté plus longtemps ou bien d’être arrivé un peu plus tard.

Néanmoins, le dirigeant du MRTA rejeta la responsabilité sur le Groupe de garants pour l’échec de cette opération. Apparemment, la partie essentielle de cette stratégie si les discussions entre le groupe et le gouvernement péruvien n’arrivaient pas à une entente sur leurs demandes, ils allaient exécuter un otage à toutes les deux semaines. La présence des garants, surtout celle de Cipriani, contribua à ralentir cette idée des terroristes dans la résidence japonaise et les dirigeants décidèrent que les garants furent responsables de se mêler dans ce qui ne leur regarde pas. Par conséquent, l’Ambassade du Canada et son personnel demeurèrent sous menace terroriste (enlevant un membre senior du personnel ou bien placer une voiture piégée à l’Ambassade) pendant plusieurs années après la crise d’otages, jusqu’à ce que le reste du MRTA serait traqué et tué ou bien emprisonné. Ma famille et moi, étions obligés de voyager avec des gardes du corps de la police péruvienne pendant les deux longues années à suivre, nous avions des gardiens armés chez nous vingt-quatre heures par jour qui aimaient jouer au basket avec mes deux fils lorsqu’ils prenaient la relève, et l’Ambassade on aurait dit un bunker avec un service de gardiens privé tout au tour de la propriété, des barricades, des barrières en ciment et des grilles/murs très élevés avec du fil de fer barbelé tout autour du terrain, ainsi q’une équipe du GIGN de la police nationale (y compris, un camion de police piégé) sur la rue juste en avant de l’immeuble. Un acceuil impressionant pour les visiteurs.

Brian, Madeleine, William et David Bickford

La majorité des Péruviens étaient contents du résultat de l’opération de sauvetage, et témoignèrent une certaine reconnaissance envers le Groupe de garants – Fujimori ne l’a jamais fait. Tony fut toujours adressé, tout le temps jusqu’à son départ, dans des endroits publics, par des Péruviens qui voulaient lui serrer la main et le remercier pour ses efforts. Une année plus tard plus ou moins, Francisco Tudela, qui avait été ministre des Affaires étrangères péruviennes au moment de la crise d’otages et qui fut considéré par le MRTA comme leur principal otage, me déclara qu’il n’y avait aucun doute que le Groupe de garants avait sauvé de nombreuses vies, y comprise la sienne. Sous ce point de vue, je crois  que nous avons bien fait, et que ce fut un bon moment comme Canadien pour être au Pérou. N’est-ce pas?