Un enfant de troisième culture (TCK/3CK) ou enfant trans-culturel est "quelqu'un qui, pendant son enfance, a consacré une longue période de sa vie dans une ou plusieures cultures autres que sa propre, intégrant ainsi certains éléments de ces cultures avec celle sa naissance créant une troisième culture."

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dimanche 16 octobre 2011

Un automne pour un référemdum: Le Québec

Lorsque je luttais pour trouver la paix dans le flux et le reflux de monnouveau mode de vie limeño, mon pays devait faire face avec son propre énigme. Ils étaient tous les deux en même temps dans une lutte interne de différentes sortes, en train de lutter contre leurs démons intérieurs par le maintien du calme. Même lorsque le monde entier semblait être en baisse dehors, il est important de faire semblant d'être en contrôle de la situation, comme le T-shirt dont j’ai vu quelqu’un porter dans la rue qui annonçait: « Dieu arrive! Ayez l’air occupés! Le monde devez connaître que les deux le Canada et William Bickford avaient toujours leurs maisons en ordre et que notre comportement était rassurant comme d’habitude. En octobre, j’ai remarqué que ma situation n’était pas aussi grave de ce que j’avais initialement pensé lorsque j’avais entendu les gens parlaient dans la ville – le personnel de l’ambassade canadienne et les expatriés – centrés sur le Québec et la probabilité de séparation. J’ai été choqué et ne pouvais pas croire que quiconque voudrait rompre du Canada, puisqu’on dirait qu’il s’agissait d’une sorte de société utopique selon mon expérience et les connaissances acquises. Un pays de tolérance et de diversité. Tout le monde était libre d’être en vertue de la feuille d’érable. Il est devenu encore plus surprenant quand les gens qui n’étaient pas touchées par cette situation m’approcheraient et demanderaient les causes réelles des problèmes entre les deux cultures différentes: les Anglophones et le Québec. Je suis rapidement devenu un expert sur le sujet à 14 ans à peine.

Rassemblement fédéraliste à Montréal, Québec
Le séparatisme du Québec a suivi une tendance historique ressemblant à une randonnée sur une montagne russe. Les hauts et les bas sont extrêmement sensibles . Les hauts se sont généralement produits en période de difficulté économique (c’est-à-dire la récession des années 1990), le conflit international (comme durant les grandes guerres, les Québécois et les Québécoises opposés à la participation ou la circonscription), des bavures internes (c’est-à-dire le Québec n’étant pas reconnu comme une société distincte, ou bien signer la Chartre des droits et des libertés) ou l’ingérance des gens qui ne devaient pas se mêler (Charles de Gaulle et l’appel honteux aux francophones: «Vive le Québec libre!». Les bas, bien que légèrement plus faciles, vous n’entendez pas parler de tout cela. Dans le milieu des années 1990, la machine séparatiste sembla perdre son élan comme le Parti québécois, le premier ministre Jean Parizeau a dirigé son rêve de l’indépendance. Au niveau fédéral, il jouissait de l’appui de Lucien Bouchard, représentant le Bloc québécois dans notre Chambre des communes. Une incroyable réalisation d’un parti qui est determiné à la sécession, étant le deuxième plus grand dans le Parlement.. Avant le référemdum du 30 octobre 1995, ils ont été commis pour obtenir un «Oui!» à tout prix. La réalité en ce qui concerne les conséquences d’un vote défavorable pour le reste du Canada, ou bien l’importance de leur partenaire provincial mis sur la table en termes de l’économie, la culture, et l’histoire, n’avait pas été établie, même dans la semaine précédente au vote. Seuleument les gens du Québec ont été autorisés à décider leur sort dans le concert des nations.

Le rôle de catalyseur pour le mouvement de l’indépendance du Québec ce fut sans doute la Révolution tranquille dans les années 1960, où lesinstitutions ont été largement réformées. L’Église catholique romaine a été détronée en tant que les principaux fournisseurs de la santé et de l’éducation par un secteur public nouvellement créé et bien financié, l’augmentation du contrôle de la gestion de l’économie et de la nationalisation de la production d’électricité et de la distribution. Cette période a donné naissance au Parti Québécois commis au séparatisme, ainsi qu’une petite faction de séparatistes marxistes d’actions terroristes qui ont entrepris sous le nom de Front de libération du Québec. La pointe de leur activité est entrée dans la crise en octobre 1970, au cours de laquelle James Cross, diplomate britannique, et le ministre du Travail du Québec, Pierre Laporte, ont été tous les deux enlevés, et ils ont éventuellement tué Laporte. Il a été trouvé dans le coffre d’une voiture garée dans l’aéroport de Québec. En 1980, le premier référendum a échoué lorsque la question centrée sur la souveraineté politique était liée à une association économique. La deuxième, en 1995, a été conçue pour parvenir à la pleine indépendance, même si la propre question était un peu ambigüe pour dire le moindre. Jugez pour vous mêmes:


«Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec et de l'entente signée le 12 juin 1995?»


Corrigez-moi si je me trompe, mais cette question est aussi claire que l’eau du golfe du Mexique après le déversement de pétrole de la BP. Quelque chose qui ferait peut-être plus de sens à mon avis et qui aurait été mieux, était tout simplement d’affirmer: «Êtes-vous d’accord que le Québec devrait devenir une nation souveraine et négocier de nouveaux traités comme un nouveau joueur dans l’économie mondiale». En fait ce qui est clair dans mon esprit est: toute l'idée ou bien rien. Lorsque vous décidez d’acheter une nouvelle télévision. Achetez-vous une refaite à neuf sans aucune garantie? Le projet de loi en question a été proposé à la Assemblée nationale du Québec, Parizeau et son gouvernement du Parti québecois en 1995. Il a proposé de donner à l’Assemblée le pouvoir de déclarer la province souveraine avec le pouvoir exclusif d’adopter toutes ses lois, le prélèvement de toutes ses taxes et conclure tous ses traités. Il a reçu une première lecture, mais la version finale du projet dépendait des résultats du référendum de 1995. Si cela était devenu une loi après l’assemblée, cela aurait servi comme base juridique pour le gouvernement du Québec afin de déclarer le Québec un pays souverain.

De l’autre côté du vote, les acteurs fédéralistes ont été dirigés par – dans les termes de Ahmad Rashad –mon homme principal, Jean Chrétien, Daniel Johnson, chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, chef des Conservateurs du Québec et Brian Tobin, à l’époque ministre fédéral des Pêches et Océans. Il semblait gênant au début, on aurait dit que les fédéralistes ne prenaient pas leur tâche très au sérieux. Je me souviens de certaines personnes faisant le commentaire que le premier ministre avait pris le temps pour partir jouer au golf avant la fin de la session. Peu a été fait à la planification d’urgence du gouvernement fédéral sur la possibilité du vote «Oui». Certains ministres du cabinets étaient réunis pour discuter les scénarios se référant aux résultats de la Cour suprême. Les hauts fonctionnaires ont examiné l’impact du vote sur des questions telles que les frontières, la dette fédérale, qu’il s’agisse ou pas de Chrétien, depuis son élection dans une circonscription du Québec, serait en mesure d’assurer au gouverneur général, il a gardé suffisamment d’appui au sein de son parti de demeurer premier ministre. Le Ministère de la Défense nationale a fait des préparatifs pour accroître la sécurité de certaines institutions fédérales et ordonner que nos appareils CF-18 de Québec ne seraient pas utilisés comme espions dans toute future négociation. Les autochtones au Québec ont été également du côté fédéraliste. Les Chefs des Premières Nations ont fait valoir que l’adhésion à un Québec indépendant violerait le droit international, en tant que leurs accords étaient avec le gouvernement canadien. Le Grand Chef Mattheew Coon Coma avait souligné le droit des Cris à l’autodétermination en maintenant leurs territoires au Canada.


Jacques Parizeau prêchant sa rhétorique nationaliste

Le jour où le Québec a voté ce fut une grande soirée pour moi. C’était la première fois dans ma vie avant de devenir adulte, que mes parents m’avaient permis de rester debout tard si je voulais. Après tout, le sort de mon pays était en jeu. Étant un fervant partisant de la langue française, ayant assité à l’école française et lié à cette culture, j’espèrais que le vote «non» serait le gagnant. J’ai vu un Canada fort, ensemble avec le Québec. Comme Jean a dit à la Chambre des communes:«No Québec! No Canada!». Cette nuit a été dure en train de regarder les résultats, toujours très justes et parfois presque 50% avec une certaine tendance vers le «Oui» et le reste vers le «Non». Je n’avais jamais été aussi craintif, même lors d’un match de foot de l’Argentine. Quand les votes de Montréal, de la région de l’Outaouais (de l’autre côté de la rivière de l’Outaouais), les Premières Nations e tles Cantons de l’Est sont arrivés, il était évident que les Séparatistes avaient perdu. Ouah ! À la fin de la soirée, le score fut de 50.58% (2.362,648 votes) pour le NON et 49.42% (2.308,360) pour le camp du OUI. Quelle incroyable soirée ! Jacques Parizeau apparut sur le grand écran, presque en larmes en raison de cette défaite, prononçant un discours à ses partisans le long de cette démission en tant que Premier ministre du Québec. Dans ses mémoires, il a dit que s’il avait obtenu une majorité de 50%+1, il aurait négocié la séparation, mais que les immigrants, les autochtones et d’autres groupes ont été responsables de la défaite..Je suppose que nous n’avons pas été d’accord en termes de multiculturalisme, de tolérance ni de la diversité. J’ai été tout simplement heureux que le Canada avait survécu intact et le dragon du séparatisme s’était rendormi.

mercredi 12 octobre 2011

Les samedis de softball


Comme c’est l’habitude lorsqu’on entreprend l’aventure pour aller à l’étranger, celle-ci devient un synonyme de quelque chose que l’on fait «pour la première fois» lorsqu’on change de style de vie. Dans cette occasion, j’ai été invité à apprendre et participer dans des jeux de softball. Ma toute première fois! Ne ratez pas cette expérience! Les collègues de travail de mon père faisaient parties d’une ligue de softball organisée et les jeux avaient lieu régulièrement à l’école secondaire Franklin D. Roosevelt les fins de semaine. Ils faisaient du scoutisme afin de recruter et ajouter des joueurs canadiens à leur équipe et avoir une certaine présence dans un monde dominé par des joueurs américains marquant plusieurs coups. Mon frère, Brian, qui était plus doué que moi pour les jeux de sport organisés – Au moins il avait une meilleure capacité naturelle et coordination que moi, spécialement après ma croissance fulgurante – a été d’accord pour se joindre à l’équipe, en tout cas j’étais heureux de faire autant et d’y essayer. J’aimerais dire que j’ai eu du courage et que j’étais un athlète superstar prêt à représenter mon pays pour battre les américains sur le terrain de jeu, mais en fait c’était juste un honneur de servir mon pays le mieux possible et faire partie d’une activité avec mes compatriotes.

Brian, notre grand lanceur!
  
Dans l’équipe déjà formée la majorité des joueurs étaient Américains, comme je viens de le mentionner ci-dessus. Les équipes dont je me souviens de cette époque sont: AID (des Américains de plusieurs organisations d’aide), Embassy (il ne comprenait pas trop de diplomates de carrière, il était principalement formé par des US Marines qui étaient responsables de la sécutiré de l’Ambassade), Fetzer (une école pour les enfants américains qui avaient un rapport à la religion baptiste) qui semblaient être contents de juste marcher, Profes (les professeurs de Roosevelt et principaux rivaux des étuditants), Prophets (un nom adéquat pour une équipe formée principalement par des missionnaires des États-Unis pour rapprocher le monde au Seigneur dans les cieux), Roosevelt (une équipe d’étudiants de l’école, principalement du secondaire) et le Team Canada (équipe du Canada). Cette dernière étant peut-être la plus amusante de toutes les équipes et j’ai eu de la chance d’être inclu sur la liste. Le talent canadien, une source de fiéreté nationale, comptait parmi leurs rangs: deux agents de la GRC, Alain Lambert et Jim Whalen, Stuart Bale, notre agent administratif, David Marshall, le commissaire commercial, Gilles Rivard, chef du programme de développement, Dave Schmidt, travaillant pour FedEx, Michel, un employé de l’ONU qui ressemblait à Jean-Claude Van Damme, et Scott, l’Américain solitaire dont pour une certaine raison il avait été exclu de l’équipe DEA. Brian trouva son don sur le monticule du pitching démontrant être en grande forme et avec beaucoup de courage. Mario Lambert et moi, étions là aussi représentant le reste des jeunes prometteurs.

La façon dont les Canadiens ont expliqué le jeu à mon frère et moi, était de juste se mettre là, faire un contact avec la balle et s’amuser. Voilà la raison de jouer le softball avec un lancement lent. Tout le monde avait l’opportunité de briller, face à une lente balle que presque n’importe qui pourrait la frapper, conduisant à une croyance momentanée d’être incroyable. Personne et tout le monde était un héro. Mes compatriotes ont pris ce sport et sa philosophie à un niveau tout à fait différent et agréable. Je me souviens qu’à certaines occasions, nos frappeurs dont je ne dirai pas leurs noms, couru hors de la boîte en chassant un mauvais lancement pour frapper, alors que tout le monde avait un bon rire sur le banc. L’esprit sportif était tout à nous, même si nous faisions un travail ridicule. L’opposition désapprouvait sur notre mépris pour une compétition réelle et les règles appropriées. Les arbitres étaient peut-être parmi les quelques habitants impliqués dans la ligue du samedi et comprenaient très peu ou peut-être pas du tout les règles de base tels que les fausses balles – lorsqu’on frappe une balle et attérit en dehors de la ligne – ou bien les prises – une balle loupée lors d'un manque d'un coup sûr ou bien si elle frappait la plaque après une haute parabole archée. Cela était parfois frustrant puisqu’il y avait des équipes qui se contentaient de jouer pour prendre des marches. Je me rappelle que mon frère avait des confrontations avec un des arbrites à propos d’un mauvais appel contre nous et toute notre équipe s’est ralliée derrière lui à l’appui. Pour les autres équipes, qui prenaient leur jeu très sérieusement, une agression était commun, mais pas pour les Canadiens. Premièrement, nous n’y étions pas là pour gagner – rarement nous le faisions – mais nous pensions que nous méritions la même façon d’être traiter que nos rivaux. Si nous nous plaignions, d’autres équipes et leurs fans (généralement les épouses qui venaient voir le jeu) nous regardaient de travers  comme si nous étions des pleurnicheurs. S’ils l’ont fait c’était normal. Par conséquent, c’était une ligue de pleurnicheurs. Pour la plupart du temps, personnes ne riait  autant que nous et ne s’amusait pas comme nous.

Je n’avais jamais joué au baseball ou au softball dans ma vie, et Brian non plus. Cela ne nous a pas découragés pour nous engager dans cet activité. Au début, je n’étais pas trop sûr si je devais porter le gant à la main droite ou à la main gauche, je ne le sentais pas confortable d’aucune des deux façons – bien que je suis ambidextre. Lors du réchauffement avant un week-end de match – notre seule source de pratique – J’ai raté attraper une balle dirigée à Jim Whalen, elle a frappé contre mon genou droit. C’était une douleur terrible, je ne voulais pas que cela se repète à nouveau. Il a suggéré que je marche pour m’en débarrasser de la tension, comme tous les gars macho qui travaillent dans les services de police et, éventuellement la douleur part. Il avait raison. Bien qu’une véritable technique a été apprise (c’est-à-dire le positionnement pour attraper la balle, et défendre une flèche et en plus savoir à quel moment faut-il frapper la balle en faisant le swing avec la batte). Comme nous avons continué de pratiquer ce genre de passe-temps favori de l’Amérique, nous nous sommes aperçu qu’il n’était pas nécessaire d’être en très bonne forme athlétique car aucun de nous était particulièrement bon. La clé était de bien coordonner l’oeil et la main afin de déterminer  le positionnement. C’était ennuyant  d’écouter les Marines dire: «bon oeil!» tout le temps, même sans avoir aucune idée de la nature du lancement. La balle utilisait dans le jeu est plus grande qu’une de baseball. Ce qui fait, que ce n’est pas seulement plus facile de garder un oeil sur elle, mais la vitesse même est réduite pendant qu’elle se déplace dans l’air. En dehors de ceci, et selon la position dont on vous a designé sur le terrain, vous devriez être obligé de sprinter de temps à autre pour compléter un jeu et si l’on a une balle qui se déplace lentement, ceci encourage à ce que tout le monde y participe. J’ai pensé que j’allais accrocher à un moment donné, c’était une question de  pratique, cependant notre équipe ne donnait pas d’importance à ce sujet. Le réchauffement avant le jeu semblait être assez, une approche de compétition très canadienne.

La meilleure photo de notre terrain de softball


La ligue était aussi en train de passer une période d’expansion comme nouvelle concession pour l’équipe, celle qui a été ajoutée la même année dont Brian et moi étions dans notre saison de recrue. L’équipe en question était Mobil. Elle était formée par des hommes d’affaires des États-Unis de la compagnie Mobil Oil, qui venaient d’arriver pour s’installer au Pérou. Le reste de leur liste comprenait des employés locaux  qui n’avaient jamais jouer ce jeu et semblaient être contraint du sport dans un effort de consolidation d’équipe. Toutefois, ils portaient de beaux uniformes. Peut-être quelqu’un avait perdu lors d’un jeu de poker la veille, mais ils avaient l’air d’être là contre leur volonté. Leur premier match fut contre notre équipe, un jeu que nous avons gagné sans peine. On en revenait pas puisque c’était rare que l’on gagne. En fait, ce jour là, notre capitaine de l’équipe n’était pas venu parce qu’il était malade. Le lundi matin, en arrivant au bureau, mon papa l’a vu juste en passant et lui a annoncé la bonne nouvelle. Mon papa n’avait jamais vu Stuart aussi déçu, ce fut la première qu’il avait manqué le jeu pendant toute son affectation et son équipe avait gagné. Mobil commença à améliorer leurs habiletés et on apercevait que les joueurs faisait un effort pour faire un travail d’équipe sur le terrain de jeu, en disant que leur objectif était de battre les Canadiens avant la fin de la saison. Ils entraînaient deux fois par semaine sur le terrain de l’école tandis que les Canadiens ont continué avec leur attitude relaxe. Lorsque le jour du match est arrivé, les hommes qui étaient en mission étaient là pour jouer contre nous. J’aimais vraiment faire partie de cette équipe, ceci m’a rapporté un sens de camaraderie parmi mes compatriotes ainsi que la vraie valeur de l’esprit sportif: C’est juste un match!

dimanche 9 octobre 2011

Tous les chemins mènent à Santa Rosa de Lima

Lors d’une affectation à l’étranger le succès repose sur le fait de devenir un grand artiste. La réalité de vos propres circonstances dépend de la façon dont on établit notre propre status quo. Le dicton le plus approprié auquel je peux penser est celui de Monty Python: The Life of Brian (La vie de Brian), un état qui manifeste pleinement: «Il faut toujours voir le bon côté de la vie». La chose la plus facile – et la plus difficile – à faire dans ce genre de situation est de faire face à une réalité de façon négative, et fermer la porte pour empêcher d’être en contact avec le monde à l’extérieur, et s’isoler des gens. On a plus rien à voir avec le problème lorsqu’on prend le choix de l’épacher. Le deuxième choix, celui que je recommande fermement est d’ouvrir cette porte qui vous permettra, à vous et votre famille, de profiter des nouvelles choses. Le traumatisme psychologique de se «vérrouiller» pendant trop longtemps peut être nuisible. Le plus tôt vous vous rendez compte que ce ne sera pas la même chose que de se retrouver chez soi – il faut que chacun trouve sa propre définition – le plus vite on apprend sur la richesse qui nous entoure. On se sent fier des accomplissements lorsque on regarde en arrière. On donne des ailes à nos horizons et on a une vraie perspective de l’univers. Bien sûr, c’est pareil que lorsque nous sommes chez nous, certaines choses sont bonnes et d’autres ne le sont pas. Nous, les Bickford, avons toujours choisi le scénario numéro deux, qui me mène à l’histoire de notre premier voyage d’un jour hors de la ville de Lima.

Santa Rosa de Lima, veille sur nous

Au début de l’affaire, les Bickford étaient devenus amis avec la famille Lambert, à cause du lien entre nos chefs de famille qui travaillaient à l’ambassade et au  niveau suivant des générations, à travers l’école. Lors d’un de nos premiers week-ends, le clan Bickford s’est retrouvé avec les Lambert en face de Primavera et Velasco Astete, la route qui se trouvait entre nos maisons, et en même temps nous allions rencontrer une famille franco-canadienne pour une nouvelle aventure, je ne me rappelle que du nom de famille, Thibault, celui-ci s’occupait d’un genre d’orphelinat pour des garçons défavorisés dans la ville même. Il faisait partie des trois familles, M. Thibault était celui qui connaissait mieux Lima, car il avait vécu là plus longtemps. Il avait suggéré d’aller nous promener dans un endroit qui était un petit bijou caché, Santa Rosa de Quives, un lieu saint, et l’importance ne nous avait pas été bien expliquée. En fait, il était la seule personne qui avait été dans cet endroit, ce qui fait que nous comptions sur lui pour faire ce voyage. Comme Alain Lambert et lui avaient des SUV, ils avaient décidé de diviser les passagers en hommes et en femmes dans leurs véhicules. C’était drôle, comme tous les deux étaient des hommes, la division n’a pas tout à fait marché. M. Thibault nous guiderait en conduisant toutes les femmes. Ceci faisait du sens pour lui puisqu’il était notre guide etl était intelligent. Alain, qui était à la GRC depuis longtemps, conduirait la voiture qui suivrait pour transporter tous les hommes robustes et beaux. Comme il a convenu avec sa tâche dans cette aventure, il a même plaisanté en disant que ceci lui faisait penser au temps qu’il a dû passer au début de sa carrière en train de poursuivre des suspects pour appliquer la loi. Nous nous sommes tous installés dans nos positions correctes pour partir vers Santa Rosa de Quives.

Aussitôt, je me suis assis sur le siège en arrière de l’auto avec Brian et Mario, mon mal de voiture a quasiment tout de suite commencé avec la dense circulation ainsi que la façon désorganisée de conduire dans la ville mouvementée de Lima. Malgré mon malaise je pouvais voir les fameux pueblos jovenes -  nom donné aux bidonvilles par les propres habitants – entourés de poussière, de saleté et de tonnes d’ordures au fur et à mesure que l’on avançait. Nous sommes passés également en bordure de la fameuse rivière Rimac qui traverse le centre de Lima. En passant nous avons remarqué qu’il y avait parfois un torrent impétueux marron comme du café. Mario a exclamé que c’était la seule rivière dans le monde où l’on pouvait faire du rafting dans de l’eau marron. Le paysage urbain était toujours envelopé d’un brouillard épais accompagné d’une étrange odeur. Par la suite, nous avons entendu «Tabernacle!», prononçait d’un marqué accent du Lac Saint Jean, qui ressortait de la place du conducteur quand Alain s’est rendu compte qu’il avait perdu de vue la voiture qui nous guidait. Probablement, ses habilités comme flic avaient subi une sorte d’attrition après des années au bureau et de travaux connexes. Maintenant, nous étions cinq gringos en chemin vers l’inconnu, entourés de pueblos jovenes et tout leur décor. Il a quitté la grande route, mais ce ne fut pas pour que l’on puisse voir de plus près les conditions de vie sinon pour demander des indications. Il demanda d’un accent son très marqué, l’accent franco-canadien, à des indigenes péruviens comment pouvait-on arriver à Santa Rosa de Lima. Partout où nous sommes allés, personne avait aucune idée de ce qu’il parlait, mais malgré tout ils étaient gentils et nous donnaient de vagues indications, en espérant que cela allait atteindre notre objectif et attraper le reste du groupe. L’espoir se perdu. Nous nous sommes aventurés à travers les hostiles rues avec tout le monde qui nous regardait et semblait se demander ce que nous faisions dans cet endroit. Nous nous sommes rendus compte que personne savait où se trouvait cet endroit, mais en fait, Santa Rosa de Quives, était le vrai nom de l’endroit, tandis que Santa Rosa de Lima était le nom d’une vierge. Elle a été la première Sainte venue de la région des Amériques et la Sainte Patrone du Pérou. Je suppose que Santa Rosa de Lima se trouvait un peu partout pour dire ainsi.

Après notre échec de la tentive de rejoindre l’autre partie du groupe, ou de trouver l’endroit de Santa Rosa de Quives, nous avons décidé de nous arrêter dans un endroit qui n’avait pas l’air mal pour manger quelque chose. Comme nous n’avions pas de téléphones cellulaires ni de radios militaires, nous ne pouvions communiquer avec personne pour leur dire ce qui était arrivé. Nous nous sommes arrêtés dans les limites de la ville à un district appelé Ancón, Alain nous a expliqué que c’était l’une des destinations préférée pour de nombreux limeños qui cherchent à s’amuser dans le soleil pendant les mois d’été. C’était difficile à imaginer l’endroit sans brouillard ni humidité qui nous accompagnaient sans cesse. Nos vêtements était toujours humides et collants si nous étions à l’intérieur ou à l’extérieur sans faire aucune différence. Nous nous sommes garés sur une playa – d’habitude ce mot veut dire plage mais au Pérou, il s’agit d’un stationnement – où le seul véhicule qui était garé correctement entre les lignes et en face de l’enrayer, était un bateau à rames avec ceux-ci bien gardés, et en toute sécurité à l’intérieur du navire. Ceci nous a semblé comique sous une perspective nord-américaine puisqu’un agent de stationnement dans notre pays d’origine aurait profité de faire un petit tour dans cette ville. En général, les gens se garaient où ils avaient envie et le réglement pour conduire n’était pas renforcé. Évidemment, c’était drôle pour nous, des personnes de l’extérieur, mais il ne faut pas oublié que nous ne sommes pas bien placés pour juger certains comportements et il ne faut pas s’attendre à ce que tout le monde soit comme nous. Lorsqu’on va dans un autre pays il faut faire ce que tout le monde fait. Tout près, nous avons trouvé un bar de fruits de mer, un endroit simple et qui avait un merveilleux menu. D’habitude, il y a toujours quelqu’un à la porte du restaurant ou du bar qui approchent les passants pour essayer de les faire rentrer dans leurs établissements et profiter de leur bonne et fine cuisine. Alain demanda au gentil garcon, s’ils avaient une boisson appelée Sangre de Tigre.  Il était évident qu’il n’avait pas compris ce qu’Alain avait demandé, mais il a répondu d’une façon entrepreneuriale, qu’ils avaient tout ce que l’on voulait. Le reste, nous n’avions aucune idée de ce qu’il voulait dire, la seule chose que nous savions était que nous avions tous très faim. Nous avons appris de suite que souvent dans l’endroit le plus simple on trouve des repas plus authentiques. Je ne me rappelle plus du nom de cet endroit, mais la nourriture était délicieuse. J’ai mangé l’un des meilleurs ceviche mixto – un plat de fruits de mer de la côte, souvent prepare avec du poisson cuit dans du jus de limette, celui-ci avait du pulpe, du poisson, des crevettes et toute sorte d’autres choses – de ma vie. Mon bol comprenait presque tout les fruits de mer qui peuvent exister dans l’océan. Quel délicieux régal et en plus inattendu! Par la suite, nous avons dégusté la boisson Sangre de Tigre – un mélange de jus du ceviche avec du Vodka – une terrible preparation, nous ne l’avons plus jamais bu de nouveau. Après le repas nous sommes allés faire une promenade le long de la plage.

Vue de la baie d'Ancón sans le brouillard

La promenade dans le brouillard n’a pas été facile, spécialement après un succulent repas et en ayant l’estomac plein. Nous avons vu plusieurs monuments démontrant l’histoire de héros de la région qui ont donné leur vie d’une façon courageuse pour défendre leur cher pays. Les Péruviens ont eu de dures batailles contre leur voisin et rival du sud de toujours, le Chili. C’était drôle, mais je connaissais bien les conflits car depuis un très jeune âge, l’histoire a toujours été fascinante pour moi, et maintenant j’écoutais les Péruviens en train de me raconter leurs petites histoires. Lors de notre promenade à pied, nous avons vu  un service de motocyclette taxi – une motocyclette qui tirait une espèce de char – nous avons loué deux pour faire le tour d’Ancon. De cette façon, nous pouvions connaître et voir plus d’endroits qu’en marchant. surtout après avoir bien mangé. Les chauffeurs ne semblaient pas avoir de contraintes au fait que nous étions trois adolescents dans un et deux costauds adultes, l’un plus que l’autre, dans l’autre comme passagers. Ils parcouraient les étroites rues à toute vitesse - et parfois ils allaient même sur les trottoirs. Ils n’expliquaient pas grand chose et nous donnaient même pas le temps d’admirer le paysage, jusqu’à ce que je me suis rendu compte que nous étions en fait sur l’autoroute en sens opposé. Nous avons vraiment été au bord de la mort! Les chauffeurs faisaient des courses en dépassant l’un et l’autre et nous disions bonjour à nos papas en faisant toutes sortes de gestes. Les deux véhicules ont foncé une fois de plus sur les rues et les trottoirs, pour compléter le cercle et on nous a ramené sur le long de la plage où on nous avait ramassé. Ce fut un tour express d’Ancon à peu près quinze ou vingt minutes. Je suis sûr qu’il y avait d’autres endroits à visiter, mais nous avons beaucoup ri et avions de formidables anecdotes pour raconter aux femmes en rentrant chez nous. Ma maman et la mère de Mario, nous ont dit plus tard que leur tour avait été plutôt ennuyant. Peut-être notre échec pour atteindre l’objectif fut une bénédiction en déguisement. Santa Rosa de Lima a veillé sur nous ce jour là!

mercredi 5 octobre 2011

De la Russie avec amour


Comme je vous l’ai mentionné vers la fin de mon dernier chapitre du blogue, le monde a ça propre façon pour faire marcher les choses, en rapportant un sens d’équilibre. Les mêmes energies me reviendraient un jour dans ma vie pendant les derniers mois de ma première année de secondaire. J’étais en train de me sentir me peu plus à dos, en voyant toutes les portes fermées après avoir essayé de rejoindre la population péruvienne. Ce n’était plus une option pour moi d’y continuer avec ce but et n’avais plus envie de prendre d’autres chances. Si mon environnement devait être soumis à d’autres bombardements, je n’allais pas y arriver à supporter cette situation jusqu’à la fin de l’affectation. Deux ans pourraient devenir une éternité lorsqu’on est du mauvais côté du conflit. L’étape d’adaptation restait en arrière pour passer au mode de “faire face” vis-à-vis ma situation. Maintenant, je pouvais remarquer plusieurs ressemblances entre ma vie et les films des prisons. Si j’allais survivre l’école secondaire, j’avais besoin d’un plan: quelqu’un pour me garder en arrière. Mon frère m’avait gentiment offert d’être mon sauvegarde – possiblement, parce qu’il se rendait compte que le début de l’année scolaire se présentait un peu chancelante, pour ne pas dire autant, mais je ne pouvais pas avoir mon frère pour lutter contre mes batailles. J’avais besoin de mon propre détachement.

Ivan Drago lors d'une conférence de presse

J’ai calculé que les groupes d’étudiants plus petits avaient un meilleur rapport, ce qui fait qu’il serait plus difficile d’être accepter. Il y avait d’autres groupes composés par des Américains et d’autres Anglophones, et encore d’autres qui étaient plus sages et en même temps éloignés des autres comme les Japonais et les Coréens. Un sens d’égalité m’a envahi au moment d’évaluer mes chances pour être mieux accepté pour m’intégrer puisque nous partagions le même ingrédient par rapport à tous les autres gars: Un tas de rien. Nous étions tous étrangers, mais dans ma tête, cela ne suffisait pas pour y accrocher. Pendant quelque temps, je naviguais seul dans le monde de Roosevelt pour observer mes compagnons pendant les cours et à l’heure du déjeuner. Je regardais à la distance comment ils interagissaient et ne me sentais pas suffisamment courageux lorsque je calculais le risque que je prenais.  Je n’avais aucune préférence en particulier, quoique j’avais commencé à m’entendre avec Mario Lambert, un Franco-canadien, le fils de l’attaché de la GRC de l’Ambassade et David Williford, je crois qu’il s’agissait du fils d’un missionnaire américain ou quelque chose de cette nature. Tous les deux étaient dans mes cours d’espagnol et de débat et ils avaient un grand sens de l’humour. Notre enseignante d’espagnol était une ancienne Mademoiselle Pérou – sûrement il faisait très longtemps – elle s’appelait Melle. Saco qui avait du mal à se faire respecter et se faire obéir par sa classe. Si jamais vous avez vu un épisode de Oz, ce fut très semblable aux scènes de meutes. La seule différence était qu’un jour cette classe finirait tandis que sur Oz la sentence de chacun était différente. L’environnement était si décontracté, je pouvais parlé autant que je voulais avec eux afin d’établir un rapport plus étroit, ce dont j’avais vraiment besoin.

Pendant le cours où j’ai été régulièrement utilisé comme cible de pratique (Éducation physique) j’ai commencé à devenir ami avec un gars qui avait l’air Slave. Il m’a semblait une version plus petite et plus costaude de Ivan Drago, le boxeur russe de l’Armée rouge du film Rocky avec Stallone. Personne ne semblait l’inclure dans leur équipe lorsque les sports organisés avaient lieu. Je n’avais pas l’intention de choisir un côté, car je savais que j’allais quand même être choisi malgré ma décision. Les étudiants l’insultaient souvent, ils l’appellaient toutes sortes de mots dont je n’avais jamais écouté avant et n’osais pas les répéter. Il était évident pour moi qu’il était un autre intrus. Ce qui nous a semblé parfait à tous les deux. Si je n’étais pas accepté et étais en bon gars, il a dû me sembler à ce moment là, mieux que n’importe qui, parmi le reste des étudiants. La première fois que je l’ai approché, j’ai essayé de communiquer avec lui en anglais, puisque je ne parlais pas le russe. J’avais l’espoir d’avoir cette langue en commun. Nous étions supposé de jouer au volleyball et je n’avais pas de partenaire ni lui non plus. Il m’a répondu tout de suite, je suivis le mouvement de ses lèvres et il essayait de parler de plus en fort car il y avait beaucoup de bruit avec les balles qui rebondissaient sans cesse sur le plancher en bois du gym, je n’avais aucune idée de ce qu’il répondait. Nous avons quand même réussi à communiquer par des gestes et des expressions du visage, nous nous faisions des signes lorsqu’il fallait s’approcher et comme signe de victoire on levait toujours le pouce, signe quasiment universel. Nous avons persévéré en échangeant des gestes pendant longtemps et en riant en même temps lorsque nous étions ensemble pendant notre sentence dans la classe de gym. C’était drôle comment nous sommes arrivés à nous entendre sans être obligés à parler.

Plus tard, je me suis rendu compte que mon copain Soviétique était aussi dans mon cours d’histoire universelle. Kevin «El Chivo» Jameson, qui jusqu’à date j’en sûr qu’il était un clone de Woody Harrelson, était le prof de ce cours. Il s’agissait d’un jeune garçon  américain, possiblement c’était sa première fois comme enseignant dans une école secondaire. Il était aussi timide, quelque chose qui n’était pas bonne pour réussir comme prof dans ce milieu. La raison pour laquelle il a été surnommé el chivo (le bouc), ce fut parce que souvent il se mettait à nous faire des conférences sur le sujet du jour, alors quelqu’un dans la classe commençait à crier «Kevin chivo» de toutes ses forces, et le reste de la classe suivait à l’unison avec un «Ey! Ouf! Ouf! Ouf!». Selon le jour et les circonstances les ‘oufs’ devenaient plus forts, et on ajoutait le nombre de fois aussi. Il m’a toujours semblé drôle qu’il n’a jamais réagi à ce comportement. J’ai été également surpris au manque de contrôle que les enseignants avaient de leurs élèves dans cette école et le manque de discipline en général. Je n’avais jamais de ma vie vu ce genre de comportement, même pas dans mes anciennes écoles. Ce n’était pas question!. Ceci n’a pas empêché mon nouveau copain de l’Europe de l’Est ni à moi de contribuer à la chorale. Des fois nous faisions allusion à nos propres chivos et on créait le tsunami de Ey! Ouf! Et Oufs. En fait, ceci a fait preuve d’une très bonne technique comme allégemment du stress. Je me rappelle très bien me sentir pas mal rafraîchi en quittant la salle de classe de M. Jameson et prêt pour faire face au reste de l’environnement hostile. Kevin était un bon gars et ne démontrait pas de ressentiment ni d’hostilité envers sa classe. Peut-être il était juste content d’y arriver jusqu’à la fin du cours. Je bavardais souvent avec lui sur le basketball car supposément il avait joué pour Duke dans la  NCAA. J’étais jeune mais cela ne voulait pas dire que j’étais naïf. Il ne semblait pas avoir les éléments d’un athlète du Varsity.

Alejandro, Kensuke et moi à San Borja

Une fois que j’ai appris que le nom du Russe était Alejandro nous avons commencé à parler. Maintenant, j’avais réussi à déchiffrer la langue lorsqu’il essayait de parler avec moi avec un accent très marqué reconnu internationalement comme Andaluz. Il ressemble au Castillan (Espagnol), sauf qu’on ne prononce pas un tas de lettres et ils parlent plus vite. Le fait que c’était la première fois que j’écoutais cet accent n’a pas aidé. Il parlait à peine l’anglais puisque c’était la première fois qu’il apprenait la langue. J’avais l’avantage de la connaître déjà à l’oral. Grâce à cette nouvelle fréquentation, j’ai pu retrouvé ma passion pour le basketball en jouant avec lui et ses copains, coréens et japonais du cours d’espagnol langue seconde, à l’heure du déjeuner.  Il m’a présenté Kensuke Kobayashi, un bon ami japonais qui est devenu notre personne ressource quant à sa langue et sa culture. Kensuke m’a appris quelque chose dont je n’oublierai jamais: Onara no nioigasuru  (Ça sent le pête!). Il était un bon gars et avec un grand sens de l’humour. J’ai  beaucoup appris à propos de leur culture à laquelle je n’avais jamais été exposé auparavant, et j’ai également partager les connaissances de la mienne. Le sentiment de rejet de la part de mes hôtes m’avait fait devenir encore plus Canadien. Maintenant, tout avait changé d’une façon positive puisque j’avais finalement trouvé ma place dans l’école et pouvais être en paix pour profiter des bons moments. Nous étions tous des enfants dans un sol neutre.

dimanche 2 octobre 2011

Comment survivre le secondaire


Être le nouveau gars sur le campus était rien de nouveau pour moi. J’avais déjà été dans cette situation plusieurs fois et avais surmonté le défi avec succès. Sauf que cette fois, c’était beaucoup plus fort que moi. À présent, j’étais un adolescent, et à cet âge les jouets, les dessins animés et les autres choses qui font plaisir à un enfant étaient hors de propos. Ceci représentait tout un nouveau défi avec de grandes expectatives. Les étudiants à l’école Roosevelt portaient un uniforme. Cependant, on aurait dit que la façon de s’habiller et avoir l’air présentable étaient les régles à suivre. Je n’ai pas pris conscience d’aucun désavantage en étant un nouveau gars, j’ai essayé de trouver quelque chose qui m’aiderait à cacher ma timidité avec une attitude de personne qui va chercher ce qu’il a besoin pour ainsi donner une nouvelle impression. Peut-être c’était l’opportunité de tout recommencer dès le début. Au lieu, que les gens aimeraient la difference que je partagerais avec mes camarades de classe et je serais accept par qui j’étais. Souvent on dit qu’il faut être sois même et tout le monde t’aimeras. On dirait que la plupart du temps j’ai réussi à rester sous le radar car je gardais tout pour moi-même, je lisais des livres dans la bibliothèque pendant mon temps libre et observais dès le premier jour comment les étudiants arriver à établir des relations les uns entre les autres y compris les différents clics.

Franklin D. Roosevelt, l'architecte de la Nouvelle Donne

Évidemment, le groupe le plus nombreux d’étudiants de la classe de 9ème était celui des Péruviens. Mon integration précédente qui avait été réussie avec les Vénézuéliens ainsi qu’avec les Chiliens m’ont mené à penser que c’était le bon endroit pour moi et m’intégrer. Après tout, celui-ci était mon continent! Le programme scolaire marchait en fonction d’un système de credits jusqu’à la fin des études secondaires, ce n’était pas souvent qu’on avait des cours avec les mêmes camarades de classe. Je suppose que les Américains ont décidé de suivre ce système dans l’école secondaire afin de préparer leurs élèves pour l’université, puisque c’était la première fois dont je devais choisir mes cours facultatifs. Ce fut un concept fort intéressant. Parfois, on pouvait suivre quelques cours où l’on pouvait retrouver quelques étudients. L’un de mes premiers amis fut Lucho Zuñiga, un gars péruvien assez sympa qui adorait le surf. Je me suis assis avec lui dans la bibliothèque plusieurs fois pendant l’heure d’étude, nous nous assoyions à une talbe pour lire des livres que m’avaient toujours intéressé. Il était aussi dans la même salle de classe que moi pour les cours d’algèbre, d’anglais, d’histoire universelle et pour mon cours d’éducation physique, alors j’ai supposé qu’on pouvait essayer de devenir amis. On aurait dit que ma présence ne lui dérangeait pas. Une autre de mes connaissances péruviennes fut Christian Hajossy qui était dans mon cours de Sciences physiques avec le professeur Melle. Zalecki. Souvent nous marchions ensemble vers l’école élémentaire à la fin de la journée où nous attendions pour qu’on vienne nous chercher pour être conduits chez nous. Lors de nos marches il me possait des questions à mon égard avec une certaine curiosité, y compris mon pays et il me parlait des jolies filles qui avaient à l’école et qu’il fallait garder sous un oeil guetteur. On dirait que tout commençait lentement mais sur les bons rails.

Tout au début de la rentrée scolaire j’ai dû faire face à un problème avec un nouveau gars. Rafael Benavides. Selon ce que j’avais compris son père faisait partie du corps diplomatique péruvien et ils venaient de rentrer de Londres. Je me suis présenté en pensant que comme nous avions cette experience en commun, nous pourrions devenir amis, malheureusement à chaque reprise les choses allèrent de mal en pire. À mon grand regret, nous étions dans la même salle de classe pendant l’heure d’étude, j’ai été obligé de demander mon prof sans cesse de me donner la permission d’aller dans la bibliothèque. À mon avis, c’était la meilleure solution qui m’est venu à l’esprit puisqu’il s’est mis d’accord avec d’autres gars pour me m’harceler, m’insulter et me frapper dessus avec divers objets (des gommes à effacer, des livres, des craies et toutes sortes de merveilleux projectiles) parce que le professeur nous laissait seuls dans la salle de classe. Je veux croire qu’il  pensait que “l’étude” serait mieux réussi sans être supervises. J’avais toujours peur quand l’heure d’étude approchait, mais je n’ai jamais voulu rien dire ni à mes parents, ni aux professeurs, ni à personne. Je ne voulais pas qu’on me prenne par un rapporteur ou quelqu’un qui ne sait se défendre tout seul. J’ai pensé que si je démontrais une certaine faiblesse, la façon d’être traité aller devenir encore pire. Je me rappelle que pendant le premier mois, je ne faisais que prier pour notre affectation soit soudainnement raccourcie. J’ai commencé à developer de différentes techniques de gestion de crise si j’étais forcé de rester dans cette salle de classe, par exemple rester sage et faire semblant que j’étais seul, leur demander poliment d’arrêter et de me laisser tranquille, mais rien semblait marcher. Je souviens avoir demander à Rafael une fois de me ficher la paix et au lieu il a pris l’effaceur pour le tableau et l’a serré dans sa main pour me frapper à l’arrière de la tête. À ce moment là, je n’ai plus su que faire.

Pour ajouter des insultes aux blessures, après le cours d’éducation physique, Lucho et moi courrions ensemble pour traverser le campus et aller à notre cours d’algèbre, toujours avec l’espoir d’arriver avant la deuxième sonnerie indiquant le début du prochain cours. Sinon, nous serions soumis à un avertissement. Au bout de trois retards, une détention suivrait…Qui voudrait passer plus de temps à l’école après les heures d’enseignement? Un jour, Lucho et moi sommes arrivés en retard et notre prof, M. Brenig, nous a demandé de marquer nos noms comme retardataires sur le tableau qui était à l’entrée de la salle de classe. Je venais de rentrer et cherchais un stylo pour écrire mon nom sur la liste, Lucho était tout le temps après moi pour lui passer le stylo aussitôt j’aurais fini. Après tout, cela faisait du sens puisque que j’étais le premier en rang. Plus tard, j’ai appris qu’il n’étais pas tout à fait d’accord avec cette façon de procéder. Au cours de ce semester ainsi que le suivant, Lucho, Rafael et d’autres gars du cours de gym m’utiliser comme cible de pratique. Si jamais je les dépassais en marchant, ils me lançaient de toutes leurs forces un ballon de soccer ensayant de me faire mal, ils m’attendaient dans les couloirs pour me coïncer, me faire trébucher et me pousser. «Bienvenue au Pérou!». Je me disais à moi- même. Je me demandais comment au nom de Dieu, je pouvais devenir l’ennemi public numéro 1, juste parce que je lui avais demandé de patienter pour lui passer le stylo. Tout cela me semblait ridicule. Ensuite, ils ont tout fait pour s’assurer que l’adaptation à mon nouvel environnement serait difficile. Une fois ils m’ont volé l’uniforme que nous devions porter à l’école du casier de gym en profitant que je portais la tenue de sport, par consequent j’ai dû garder mes vêtements tous transpirés pour le reste de la journée. J’ai été voir M. Weinrick pour le lui rapporter et bien entendu il était en état de choc car ce type de comportement ne s’était jamais produit dans son école. J’ai commencé à penser que la séance d’orientation, qui m’a emmené à choisir cette école a été une image publique d’une campagne préfabriquée afin de conditionner les parents à croire que les étudiants étaient les futures dirigeants et des citoyens exceptionnels.

Même John Rambo pouvait être une personne tranquille

Il était vrai que personne d’autre n’avait fait de son ou sa façon de me traiter mal. Cependant, ce fut ma première experience sur le monde de l’intimidation et c’est horrible de se sentir victime. J’ai réagi d’une façon negative, je suis devenu renfermé et ne voulais plus rien à voir avec le reste des étudiants péruviens car je sentais qu’ils étaient tous contre moi. C’était peut-être vrai, peut-être pas. Ma première année, j’ai quand réussi à me faire de bons amis – je vais aller plus loin à propos de ceci dans les prochains chapitres, soyez rassurés – ce traitement m’a fait sentir complètement rejeté et j’avais envie d’embarquer le premier avion de retour à Ottawa et de me refugier dans mon ancienne école où je pourrais être entouré de mes vrais amis. Toutefois, le châtiment peut toujours venir de façon mystérieuse et inattendue. Peut-être c’est mieux de dire que tous nous revient. Vers la fin de la première année d’école, nous étions en train de jouer au soccer en education physique et bien sûr tous les tyrans semblaient jouer contre moi même s’il y en avait dans mon équipe. Rafael continuait à jouer tours où il pouvait se laisser y aller contre moi et me pousser, alors qu’il riait lorsque je me suis mal contre la barrière. Après quelques semaines de ceci, j’ai perdu mon cool et je me suis laissé aller contre lui comme un train de merchandises, j’ai donné un coup de pied au ballon avec tout l’élan possible et par une pure intervention divine, lorsque j’ai courru derrière le ballon afin de le récupérer celui-ci a frappe son pied. Au moment de faire contact, je l’ai fait tomber ce qui l’a obligé à un reviremment complet en l’air de premier plan et en retombant à terre il se cassa la cheville. Cela a été complètement involontaire, je faisais semblant que j’étais allé chercher un défi juste et je continuais en mouvement. En consequence, il a porté un plâtre pour le reste du semestre, et les autres m’ont fiché la paix pour le reste de mon existence dans cette école. J’ai gagné le respect de tout le monde juste par un coup de chance et est devenu intouchable.

mercredi 28 septembre 2011

La clé pour choisir notre propre école secondaire


Le choix le plus important dans la vie d’un adolescent est celui d’une école secondaire, puisque c’est pour la première fois qu’on a le droit de le faire. Le premier établissement où nous nous sommes addressés pour avoir de plus amples renseignements ce fut le Lycée Franco-Péruvien, excellente école, près de l’Avenida Primavera et l’autoroute Panamericana Sur. L’établissement était très bien situé à environ cinq minutes de chez nous malgré la circulation et les embouteillages du matin. Le bien révéré proviseur nous a fait le tour de l’école et les installations, il nous a mentionné en même temps que comme nous étions déjà grands, nous ne serions pas obligés de porter l’uniforme. Ceci fut un soulagement, parce que nous n’avions pas porté d’uniforme pour aller à l’école depuis 1992. Les bâtiments avaient l’air tristes et les installations pour faire du sport étaient limitées, il y avait juste un terrain de basket/soccer comme un genre d’ avertissement de conflit pour les sports. Tout au plus, il est difficile de jouer au soccer et au basket de façon simultanée. Ensuite,  une fois rendus à son bureau il nous a demandé de nous asseoir. Il a regardé nos notes et nous a expliqué que l’école suivait le programme de l’Hémisphère Sud et comme ils étaient rendus à la moité de l’année scolaire, nous allions être obligés de reprendre la moitié de l’année scolaire dont nous venions de terminer à Ottawa. Ce qui voulait dire que Brian à présent avait deux ans et demi pour finir l’école au lieu de deux, il fallait également ajouter deux ans de plus à tout cela pour me rendre compte de mon problème. Comme l’année scolaire finirait à la fin de l’année c’est-àdire à Noël. Brian serait obligé attendre jusqu’au mois de septembre pour commencer l’université. En fait, nous pouvions perdre même plus de temps. Cela nous a laissé un goût amer.

Bibliothèque de l'école américaine

L’école suivante était la plus fréquentée par la plupart des enfants de l’Ambassade du Canada, Colegio Franklin D. Roosevelt. Il s’agissait d’une école secondaire américaine, où les enfants des diplomates, des hommes d’affaires étrangers, des personnalités politiques et l’élite du Pérou étaient acceuillis. Le quartier semblait plus joli en comparaison avec celui du Lycée, la propriété était immense. On aurait dit un club de golf, mais en réalité c’était une école. L’administration avait organisé une réunion d’orientation dans le centre des médias, le personnel avait préparé une présentation pour les parents et les étudiants. Tout le monde était émerveillé par la qualité de l’enseignement, celle qui permettait aux élèves de finir leurs études secondaires avec un diplôme (ce qui semblait parfait pour nous puisque ces études sont généralement reconnus par les Provinces canadiennes, ainsi que le prestigieux Baccalauréat International). Les exposants se sont concentrés sur l’esprit de camaraderie, l’honnêteté, l’intégrité et la discipline. Ils ont également mentionné qu’un étudiant avait récemment volé un tableau lors d’une exposition d’art dont l’école avait parrainé et que toute la communauté avait été choquée, car c’était quelque chose qui n’était jamais arrivé avant dans cet école. Nous étions tous fortement impressionés et je suis sûr que tout le monde était prêt à s’inscrire leurs enfants.

Ensuite, Brian et moi avons individuellement rencontré le directeur, M. Brian Weinrich pour une interview, celui-ci ressemblait énormément au Dr. Frasier Crane. Je suppose que cette rencontre était pour avoir une meilleure idée de notre personnalité. J’étais vraiment nerveux après cette surprenante introduction et espérais être assez bon pour m’intégrer dans cette école comme étudiant. Brian est passé avant moi et j’ai dû attendre, entretemps je réfléchissais sur les importants traits de personnalité que je devais signaler ainsi qu’à mon record précédent d’excellence académique. Je n’étais pas sûr si cela serait assez. En fin de compte, Brian est sorti, mais malheureusement je ne pouvais pas lui demander des conseils ni comment tout s’était passé. À présent, c’était à mon tour. Il a suggéré de m’asseoir en face de lui, de me tenir tout droit et sûr de moi-même. Je me suis concentré à la création d’un halo au-dessus de ma tête dont tout le monde pourrait le voir. Il m’a posé quelques questions afin de me faire sentir plus confortable, mais malheureusement, j’étais si nerveux, que jusquà date, je ne me rappelle pas de ce que nous avons parlé. La seule chose dont je me souviens parfaitement est qu’une fois nous avons terminé, il a souri et a dit que j’étais un très bon gars et tout aller bien se passer à l’école pour moi et si je sentais que cela était bien pour moi. Il a alors lancé la balle sur mon terrain, ce qui fait que j’ai dû dire quelque chose vraiment impressionante pour me donner ce choix. Je me suis senti fier de moi même. Ensuite, il a ajouté que si jamais j’avais des problèmes, sa porte restait grande ouverte pour tout le monde. Ça alors! J’ai bien fait une bonne impression! J’ai retrouvé mon frère qui avait aussi un grand sourir ainsi que mes parents, nous étions prêts pour fêter notre victoire.

L’étape suivante était la rencontre avec le conseiller académique dans son bureau, juste à côté du Centre des médias de l’immeuble. Il serait notre arme secrète pour accomplir notre excellence scolaire. Il s’agissait de Robert Piper, un monsieur âgé de la Nouvelle Angleterre. J’ai estimé que j’avais l’élan de marcher jusque là pour signer l’accord de mes deux prochaines années. Une fois de plus, après Brian, j’ai dû attendre mon tour de discuter avec lui et de l’intégrer dans mon équipe. Nous nous sommes assis pour parler de mon ancienne école, des cours que j’aimais, et de ma vie au Canada. Il m’a immediate-ment dit, qu’il y avait beaucoup de Canadiens dans l’école, ce qui allait me faire sentir chez moi. Il m’a suggéré de m’inscrire en neuvième pour être avec des élèves de mon âge et en même temps avoir une transition plus aisée – par rapport au Lycée je devais commencer la dixième année. Il m’a donné le choix et j’ai suivi son conseil puisqu’il était la personne ressource. Ensuite, nous avons passé pratiquement une demie heure en train de parler de la NBA, du basket, et je lui ai mentionné que j’étais déçu de manquer la première année de la franchise des Toronto Raptors. Il m’a répondu qu’il était un fan des Celtics; alors j’ai tout compris, je savais pourquoi il avait cette préférence vis-à-vis les Lakers. Je lui ai expliqué la merveille des Lakers et le potentiel qu’ils avaient pour devenir les meilleurs et la ville aussi pour avoir la place qu’ils méritaient dans la ligue. C’était juste une question de temps.

École secondaire Franklin D. Roosevelt

Pour racourcir l’histoire, Brian et moi avons éventuellement choisi l’école Roosevelt parmi toutes les écoles de Lima. Nous ne devions plus continuer à chercher. L’administration de l’école ne semblait pas avoir d’inconvénients du fait que nous n’avions jamais étudié en anglais. Évidemment, nous parlions anglais chez nous avec notre papa mais point final. Nous n’avions jamais écrit la langue et avions jamais suivi des cours dans cette langue. Je savais bien que j’allais être obligé d’étudier très fort afin de garder ma place à l’école qui avait une excellente réputation et représenter mon pays parmi mes camarades. Le premier jour d’école était tout près et tout avait l’air plus compliqué que jamais. Je savais qu’il y avait d’autres élèves qui avaient eu l’avantage d’être dans la même école pendant plusieurs années et qu’il était possible que j’allais être obligé de trouver ma place parmi eux. Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre quant à mes camarades de classe car je n’avais pas encore eu de rapport avec des enfants de mon âge au Pérou. Malgré tout, je me sentais sûr d’avoir fait le bon choix à Roosevelt et le fait d’avoir mon frère là, je savais que nous comptions l’un sur l’autre et ainsi former un lien plus solide. Les garçons Bickford avaient toujours réussi dans le passé et ceci représentait tout simplement un autre défi à surmonter.

dimanche 25 septembre 2011

Pérou - Une arrivée royale


Avant d’arriver dans le pays des Incas, j’avais eu suffisamment de temps pour imaginer comment était la ville de Lima au Pérou. Ce fut avant l’âge d’or de l’Internet quand l’accès à l’information était tout au plus limité. Comment avons-nous pu y arriver à l’époque? Même au moment de m’asseoir dans l’avion lorsque j’écoutais attentivement les instructions de l’équipage à propos de notre descente à l’Aéroport international Jorge Chavez, à mon avis la ville était un mélange de la ville de Santiago et celle de Caracas. Les souvenirs de ces deux endroits étaient toujours frais dans ma tête. Au fur et à mesure que l’avion commençait à atterrir, je n’arrivais même pas à voir les lumières dans l’obscurité. J’ai toujours beaucoup aimé les lumières de nuit puisqu’elles sont un signe de vie et de civilisation. Le brouillard enveloppa notre avion  comme pour cacher un secret avec l’espoir de me faire une surprise. Je suis resté quand même en train de regarder patiemment par la fenêtre avec l’espoir de voir l’horizon, ce brouillard si épais représentait un défi lorsque j’ouvrais mes grands yeux de guetteur. Nous avons tous tenu le coup jusqu’à ce que l’avion a atterri en m’approchant de mon nouveau chez moi pour les prochaines deux années.

Drapeau du Pérou en 1825

Notre avion nous a conduit jusqu’au terminal mais il n’a pas arrêté aux sorties rattachées à l’aérogare. Le personnel de bord ouvrit les portes afin de préparer les voyageurs pour sortir de l’avion et en même temps une lourde odeur pénétra dans l’avion. Cette odeur est quelque chose que l’on n’oublie jamais. À vrai dire, il puait. La puanteur crasseuse venaient de la farine de poisson, des ordures et probablement un peu de guano tout ça faisait partie du dense et humide brouillard. Nous avons appris que les gens appellaient ce brouillard garua et il serait notre compagnon inséparable nuit et jour pendant les prochains six mois. J’ai pensé que nous serions obligés de patienter jusqu’au moment de quitter l’aéroport car souvent les grandes villes sont entourées de zones industrielles. Nous avons pris un bus après avoir quitté l’avion de Aeroperu pour arriver à l’aérogare et passer les douanes, et suivre  la procédure bureaucratique internationale pour donner le droit d’entrée dans le pays. Une fois rendus à ce point, un agent administratif de l’Ambassade, M. Stuart Bale, qui avait été avec sa charmante famille, en poste à Caracas en même temps que nous, était là pour nous accueillir et nous parler du Pérou.  Ce fut une agréable surprise  revoir quelqu’un que nous connaissions déjà tout au début de notre nouvelle aventure. Nous avons passé sans problèmes les douanes en passant par la section dévouée aux diplomates, ensuite nous avons récupéré nos bagages et pris la fourgonnette de l’ambassade. Toujours en compagnie de cette horrible odeur. Il y avait des centaines de personnes en sortant de l’aéroport en train d’attendre leurs proches.

Nous avons rencontré, Wilbur notre chauffeur, un costaud Péruvien qui nous a conduit au logement où nous allions passer la nuit. Au moment où le véhicule faisait son chemin à travers la foule, il y avait des enfants qui lançaient des cailloux contre notre voiture, apparemment ils faisaient ceci pour énerver les conducteurs et les faire arrêter pour sortir de leur voiture. Ce qui n’étaient pas au courant de ce genre de confrontation retrouvaient leur voiture envahie de gamins – appelés pirañitas – en emportant tout ce qu’ils pouvaient de leur véhicule. Stuart a été très gentil de nous donner tous ces conseils utiles sur la sécurité locale. Cette partie de la ville s’appelait Callao et le paysage était tout à fait frappant. Nous avons pris une grande avenue, le carrefour était tout plein de toutes sortes d’ordures, puisque la ville ne comptait pas d’un système de ramassage et ceci contribuait également à l’odeur. D’un autre côte, on aurait dit que tous les bâtiments avaient été démolis comme suite à une espèce de terrorisme local. C’était une façon d’économiser sur les taxes foncières, comme ça les propriétères n’étaient pas obligés à payer des impôts trop élevés si l’immeuble n’avait pas été terminé. Au long de notre parcours, nous avons remarqué que la ville était distribuée d’une manière semblable, cependant lors de notre arrivée à Miraflores – un centre-ville pour les étrangers et en même temps un centre d’affaires pour la ville – les choses semblaient améliorer.

Notre première nuit dans la ville, en arrivant à l’Hôtel Pardo où l’on avait retenu des chambres nous avons rempli la fiche. C’était l’emplacement parfait puisque l’Ambassade du Canada était située juste en face en traversant la rue, en plein milieu du quartier de divertissements pour les gringos. Cette nuit, Brian était toujours contrarié d’avoir quitté Ottawa, alors il a décidé de rester dans la chambre de l’hôtel. Mon papa, ma maman et moi, sommes allés à Calle de las Pizzas (la rue des pizzas pour nous les étrangers) pour goûter au pizza local et leur boisson «Sangría» préparée sur place - une boisson originaire de l’Espagne préparée avec du vin rouge, de l’eau pétillante ou une boisson au citron pétillante, ainsi qu’un mélange de fruits assortis de la saison. Ce fut un  délicieux repas, le service était excellent et le prix raisonnable. Il y avait à peu près de trente à quarante bistrots qui servaient leurs propres pizzas avec un Pisco Sour (leur boisson nationale) y compris, comme spécial du jour. Même si j’avais déjà entendu parler de cette boisson lors de mon séjour au Chili, je ne l’avais jamais dégustée puisqu’elle contient de l’alcool. Les Péruviens étaient toujours très fiers de leur boisson et répétait sans cesse que leurs voisins au sud leur avaient copié l’idée. Je n’ai jamais voulu rentrer en détail par respect. De retour vers l’hôtel nous avons vu des enfants en train de vendre des roses aux passants, beaucoup de marchands de fleurs avaient des kiosques mobiles qui faisaient partie de la vie nocturne du quartier de Miraflores. Nous ne sommes pas restés longtemps car le lendemain serait une journée pleine d’action car nous devions recommencer notre vie dès le début, Brian et  moi, devions aller voir les écoles.

Vu de la rue des pizzas depuis le Parc Kennedy


Nous étions déterminés à faire le meilleur de cette situation et poursuivre notre esprit aventurier développé lors de nos aventures précédentes en Amérique du Sud. Notre première nuit, lorsqu’on se préparait pour s’endormir en sol étranger une fois de plus, nous avons regardé la télévision en espérant trouver la chaîne locale pour les informations d’actualité afin d’avoir un peu plus de détails sur le pays. Malheureusement, il était un peu tard et nous avons vu seulement la fin d’une réclame avec un morceau patriotique. Sur la vidéo il y avait une femme attrayante, habillait dans un costume typique Quechua en train de courir dans les champs et il y avait aussi des images des différentes régions du pays avec une chanson à l’arrière plan qui répétait «Así me gusta mi país, Perú». (C’est comme ça que j’aime mon pays, le Pérou!). Après ce drôle et encourageant vidéo, nous sommes rentrés dans les lits pour bien dormir car le lendemain matin nous devions être à l’Ambassade de bonne heure pour recontrer tout le monde et leur dire bonjour. Au lieu de la visite de l’homme de sable, nous avons été secoués par un tremblement de terre. Nous avons eu peur, spécialement parce que c’était le premier que j’avais senti dans ma vie.