Un enfant de troisième culture (TCK/3CK) ou enfant trans-culturel est "quelqu'un qui, pendant son enfance, a consacré une longue période de sa vie dans une ou plusieures cultures autres que sa propre, intégrant ainsi certains éléments de ces cultures avec celle sa naissance créant une troisième culture."

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dimanche 29 janvier 2012

Le livre de la jungle


Mon école secondaire à Lima assurait aux jeunes étudiants plusieurs opportunités encourageantes au dévéloppement de leur formation. Parmi celles-ci, il existait des voyages d’éveil. Évidemment, les portefeuilles des parents en souffraient, car ceci s’ajoutait aux élevés frais de scolarité, mais à la fois représentait un merveilleux avantage pour leurs enfants. M. Antonio – qui était prof au secondaire pour la seconde année, très dévoué ainsi qu’une excellente personne, originaire de la Colombie-Britannique – invita les parents à venir dans sa salle de classe, comme tous les ans il a fait un exposé sur la forêt péruvienne torride et humide. Comme responsable du département de sciences, il organisait un voyage au Parc national de Manu (une réserve biosphère située à Madre de Dios, au Pérou) et il se faisait accompagner par quelqu’un qui travaillait à l’école et d’autres professionnels à l’extérieur, de la faune sauvage, pour aider comme guides. Tout semblait passionnant.

La rivière Manú, l'autoroute de la jungle

Mes copains, nos parents et moi, nous nous sommes assis pour écouter attentivement son exposé. L’expérience de M. Antonio fut excellemment acceuillie par la plupart des étrangers, tout le monde exclama que c’était une expérience pour changer la vie de leurs enfants. Il ne s’agissait pas d’un simple voyage de camping, pas question ! La mère nature fut le patron de cet endroit, et ses créatures appliquaient sa doctrine. Ce lieu effectivement réussit à survivre au long des années, jusqu’à date le terrain est pratiquement inaccessible car il n’y a pas de route. Il s’agit du plus grand parc national du Pérou, couvrant une superficie de 15 000 km². Il compte avec un niveau de biodiversité très élevé, plus que n’importe quel autre parc dans le monde, avec une végétation munie d’une grande variété d’espèces uniques et à la fois un passionnant nombre d’animaux. Ils étaient en grande partie vénimeux, y compris de gigantesques fourmis. Peut-être même si un puma vous léchait, vous seriez obligé d’être hospitalisé. Il n’y avait même pas de petits villages à 60 kilomètres de proximité de la zone adéquate pour camper et la seule façon pour s’y rendre, ce fut en bateau tout au long de la rivière – Il me semble que la rivière portait le même nom que la préserve écologique.

Tout au début, je ne me sentais pas impressionné car j’avais eu l’opportunité d’être dans un habitat de ce genre à Cumaná au Venezuela vers la fin des années 80, ce qui fait que j’ai pensé qu’il n’y avait plus rien de nouveau à voir. J’étais un ado alors c’était difficile de me laisser impressionner, comme pour la plupart de mes pairs. Plus tard, à mon grand malheur, ni mes copains ni leurs parents étaient convaincus que cette expédition dans la forêt tropicale et humide n’était pas digne d’investissement. À ce point, l’équilibre semblait de plus en plus négatif car je n’avais aucun intérêt d’aller passer sept jours ou plus avec des camarades de classe dont je connaissais à peine. Rappelez-vous que j’étais un gosse timide, alors le fait de parler avec des gens qui ne faisaient pas partie de ma bande était un vrai cauchemar. D’autre part, mes parents semblaient avoir accroché à l’idée transmise par M.Antonio qui suggéra que cette expérience pourrait changer ma vie à jamais. D’ailleurs, je pense qu’ils auraient bien aimé faire ce voyage avec leurs deux garçons, hélàs ! Il n’était pas possible. Malheureusement, ce fut une excursion qui exigeait un grand nombre de voyageurs disposés à passer une semaine dans des conditions de vie peu confortables. En réalité, c’est ce que « vivre hors du réseau » veut dire.

Une fois mon billet confirmé, mes craintes sont devenues une réalité, cela voulait dire que j’allais faire ce voyage avec tout un tas de gens dont je ne connaissais pas. La personne que je connaissais le mieux ce fut Jean-Louis Antonio, mais évidemment il ne s’agissait pas d’un copain. Un groupe selectionné, composait de quelques élèves de l’année de seconde, quittait Lima en avion arrivant au Cuzco pour débuter l’excellente aventure en bus. Ce vieux démon japonais en acier nous a conduit jusqu’au sommet des montagnes des Andes en traversant de tout petits villages où les habitants réagissaient avec frayeur à l’arrivée des étrangers. Ce fut vraiment curieux. Ensuite, nous descendîmes dans la jungle torride et humide avec son territoire inexploré. Une fois arrivés au dernier village connu pour l’homme, nous avons embarqué sur un bateau et avons navigué à peu prèsune heure jusqu’au terrain de camping, entourés de singes hurleurs – le meilleur type de singes dans mes livres – ainsi que d’autres animaux sauvages comme des alligators, des oiseaux, des insectes et des pumas. Sans manquer,  les serpents, le plus précieux don de la nature pour l’humanité. Nous avons passé environ sept jours dans le camp, avec des toiles moustiquaires au-dessus de nos lits – celle-ci étaient toujours couvertes tant à l’intérieur comme à l’extérieur par de grosses bêtes. Les douches étaient plus que simples et la rivière était pleine de sangsues.

La belle opéra de la nature

La leçon que nous avons apprise en cette occasion ce fut : Souvent on pense que l’on va terriblement s’ennuyer, mais il arrive d’être récompensé pour l’effort selon les circonstances. J’ai fait mon premier ami péruvien, Sebastián Majluf, qui aimait la même musique que moi et m’a prêté une excellente cassette de Pearl Jam pour mon baladeur (l’amour pour la haute technologie), et j’ai commencé à perdre ma timidité. J’étais obligé de m’entendre avec les autres pour ne pas devenir fou. Ce fut peut-être en raison de la difficulté que nous avons partagée au sujet des conditions de vie temporaires – nous étions tous démunis du luxe quotidien – alors, nous avons commencé à bien nous entendre et fréquenter la personne dont autrement serait la dernière à qui l’on penserait. J’ai fait aussi des amies de mon âge. Auparavant, j’étais trop timide, sans trouver la raison, mais grâce à un groupe mixte d’Américains et de Canadiens le fait de fréquenter des filles est devenu plus naturel. À savoir quelle est la raison de ce phénomène entre garçons et filles, mais je pense que celui-ci est un autre sujet parallèle à la plupart des cultures. 

dimanche 22 janvier 2012

Cette révolution n’a pas été télévisée

Ma deuxième année scolaire m’a apporté un éveil politique, spécialement en ce qui concerne le développement social et les droits de la personne. Dans mon cours d’histoire Pérou/Amérique latine, le dernier project s’agissait d’organiser un groupe de camarades et de choisir un sujet à exposer au reste de l’école dans le gymnase. Bien que le cours était obligatoire pour tous les étudiants de la dixième année qui suivaient le programme du diplôme secondaire américain, tous mes copains partageaient la même tâche – nous étions capables de travailler ensemble même si nous n’étions pas dans la même salle de classe pour le cours. Quelle merveilleuse idée ! Le groupe était formé par Glen Swanson, Alejandro Alves, Sebastian « Crack » Olivares, William Erickson et moi. Le terrorisme était un sujet dont nous avions tous appris en détail dû aux événements de l’Ambassade japonaise, les médias locaux et CNN En Español ( CNN en espagnol) – une excellente chaine d’information latino-américaine, avant de devenir une version un peu floue, du principal réseau américain – ce qui fait que nous avons décidé d’étudier «Le terrorisme en Amérique latine».








Préparant mon déguisement pour la foire



Je ne crois pas que le reste des étudiants a travaillé aussi fort et passionnément sur un sujet comme notre groupe, dans l’histoire de l’école Roosevelt, pour la foire de Pérou/Amérique latine. Nous avons bien étudié la Colombie, le Nicaragua, le Mexique et le Pérou – sans doute certains des pays les plus expérimentés en matière de ce type de conflit. Nous avons séparé les pays en régions spécifiques d’activité pour essayer de comprendre leur rôle d’opération ainsi que les conditions sociales. Je voulais savoir la base fondamentale de ces mouvements et les comparer à des activités récentes pour déterminer éventuellement leur légitimité. Je me souviens comment les réserves de pétrole de minuit avaient été brûlées; faire de la recherche de mouvements de guérilla, du terrorisme urbain, et de certains des grands dirigeants de gauche. Je voulais être sûr de mon bagage de connaissances pour être capable de répondre à toutes les possibles questions qu’on pourrait me faire. J’ai commencé à différencier les partisans du marxisme, les marxistes-léninistes, les maoïstes, et tout ce monde. Comme un bon élève de l’école secondaire américaine, je suis devenu un grand admirateur d’Ernesto Guevara – mieux connu dans certains milieux comme El Che – en particulier, pour sa passion dans la lutte pour de meilleures conditions de vie de tous les habitants de l’Amérique latine – sans mentionner l’anti-américanisme.



Je n’étais pas quelqu’un qui abimerait le drapeau américain et non plus quelqu’un qui se manifesterait lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies pour dénoncer l’impérialisme américain. Ce que j’étais capable de savoir, ce fut la différence entre «les peuples» et «les politiques». Ces dernières contribuent d’une certaine façon à donner un sens à la vie des personnes et sont toujours nombreuses celles qui négligent cet aspect, en voyant ce sujet comme « les politiques ne m’atteignent pas ». Dans ce cas, vous devez alors rennoncer à vos droits.Je ne l’ai jamais fait depuis l’âge d’onze ans. De la même façon que le jour moderne de Rome, les États-Unis lors de la Guerre froide, sont allés au-delà de leurs moyens pour défendre leurs intérêts dans leurs propres terrains, et nous avons fait autant dans nos salles de classe à Roosevelt. Ils ont appuyé les gouvernements illégitimes (dictatures militaires et d’autres organes directeurs illégitimes) dans la région qui a opprimé ses citoyens dans des pays contemporains industrialisés dans des conditions jamais vues pour la plupart.,dont le but était d’appuyer une minuscule et toute puissante élite nationale. Àl’époque, faire sa propre réclame comme anti-communiste était un gran bénéfice pour le compte courrant de la banque nationale. Dans de nombreux pays, les pauvres n’ont pas les moyens pour s’en sortir et je ne me rendais pas trop bien compte des conditions dont ils demeuraient. Il est vrai, que dans la plupart de ces pays, le seul changement important pourrait venir d’une révolution puisque les intérêts de la majorité ne pouvaient pas dépasser les autres. Certains étaient obligés d’écouter et comprendre que leur demeure en crystal n’était pas indestructible. Leurs institutions politiques n’étaient même pas fermées pour en profiter de tout ce qui représente d’habitude un fait accompli dans le monde« développé » et sans s’y rendre même pas compte.



La meilleure partie du projet n'était pas seulement d'avoir eu un A sur le bulletin. J’étais fier de tout ce que j’avais appris ainsi que de tout l’effort que le groupe a mis sur notre exposé.Je m’excuse de l’arrogance mais c’est la vérité. Notre copain Crack a réussi à programmer une interview avec le Chef de la sécurité de la compagnie où son père travaillait, l’Oncle Vince, à Lima. Cet homme avait fait partie des parachutistes péruviens militaires qui ont lutté contre le Sentier Lumineux. Peut-être il souffrait de dépression post-traumatique ou d’anxiété, cependant son très précieux aperçu ne semblait pas embrouillé. Il nous a dit que la plupart des intentions de ces groupes pour obtenir ce qu’ils veulent sont pourtant nobles, et les êtres humains sans instruction sont la proie parce qu’ils sont plus faciles à mouler comme « combattants de la liberté ». L’exemple qu’il nous donna, ce fut le suivant : « Si vous êtes pauvre, votre famille est affamé et des gens viennent vous demander si vous voulez devenir un héro pour votre pays, et pour nourrir votre famille on vous donne une arme à feu…Qui ne voudrait pas devenir une guérilla ? ».Il mentionna également que lutter dans ce genre de conflits vous fait devenir dur et la plupart des gens finissent par oublier leur but de la lutte, vivant dans des slogans vides et une violence inutile.








Alejandro, moi et Crack lors de notre présentation



Après avoir vécu de nombreuses années dans ce continent, j’ai appris à l’aimer comme s’il s’agissait du mien, j’ai développé un certain respect accompagné d’un sens de dévouement. J’avais appris tellement à propos de cette région dont les gens de mon pays n’écoutaient même pas parler dans les informations du soir – il est rare que les médias canadiennes trouvent des événements intéressants sous leurs propres yeux vis-à-vis cette région de l’Amérique latine. Pas un grand nombre de personnes que je connaissais chez moi, comprenaient ce que l’enlèvement de personnes proches voulait dire et encore moins qu’elles seraient prises en otages, leurs voitures qui devaient être vérifiées pour les explosifs, et qui étaient obligées en plus d’engager des gardiens de sécurité armés pour protéger leurs maisons et leur vie. J’espérais qu’en finissant l’école et à mon retour au Canada, j’allais être capable de suivre une excellente formation en sciences politiques qui me permettrait un jour d’aider au renforcement des institutions et le développement humain. L’Amérique latine avait beaucoup à offrir au monde et un changement n’allait pas arrivé en ayant toujours la révolution armée ni par le terrorisme. Mais, il existe le besoin d’un révolution interne et psychologique Les gens méritent l’opportunité de faire quelque chose pour eux-mêmes dans leur propre pays et tous les droits devraient être universels.

dimanche 15 janvier 2012

Mon amie l’adolescence


Quand nous grandissons, nous avons une certaine tendance à évoluer dans notre raisonnement, et nous découvrons ainsi le monde à travers une série de questions et de réponses. Les enfants généralement posent des questions aux personnes plus âgées car ils n’ont pas de point de repère – ou bien comme l’on dit dans le monde professionnel, ils manquent d’expérience. Alors au moment de se transformer pour devenir des personnes adultes, dans cette drôle d’étape mieux connue comme l’adolescence, les ados sont toujours à la recherche de réponses, sauf que cette fois-ci, ils essayent de comprendre le monde qui les entoure sans se poser des questions. L’un des comportements le plus commun est d’avoir souvent l’air fâché, probablement parce que les jours dont maman et papa prenaient la responsabilité des choses qui ne marchaient pas deviennnent de moins en moins fréquents. Et qui ne deviendrait pas comme ça quand on s’aperçoit que les dessins animés ont été remplacés par un bureau pour faire les devoirs ?. La collection de GI Joe devient de plus en plus petite et du coup on est obligé de se concentrer dans les bonnes notes et s’engager dans des activités extra-scolaires qui nous font avoir l’air bien dans un établissement post-secondaire.

Êtes-vous désirable pour une université?

J’avais tout un tas de questions quand nous habitions à Lima. Brian et moi avions accepté le fait que nous étions des nomades conscients de cette imaginaire et artificielle identité canadienne. Notre passion et loyauté pour notre pays nous ont aidés à surmonter les moments difficiles, toujours en pensant que nous allions bientôt rentrer chez nous et que tout allait être mieux. Nos voyages en Ontario étaient l’opportunité de nous ressourcer avec tout ce qui nous appartenait. Évidemment, quand on habite pas le pays cela ne nous donne pas une bonne perspective de la réalité quotidienne ce qui nous mène dans un nouveau monde de difficultés tout neuf : d’hypothèses. Ce qui est une des plus nuisibles conditions dans la mentalité de l’être humain car nous associons l’inconnu avec les plus proches concepts tangibles que l’on peut imaginer. D’habitude, les hypothèses se présentent quand il s’agit de trouver une réponse le plus vite possible et personne a aucune connaissance sur le sujet ou bien tout simplement on n’écoute pas. De nombreux problèmes surviennent à cause des hypothèses. Si jamais vous avez un doute il faut toujours poser la question. Un de mes professeurs à l’université, nous a dit un jour qu’aucune question est bête et je suis sûre qu’il ne le disait pas pour rien.

La crise d’otages de l’Ambassade japonaise a coïncidée avec nos vacances d’école et nos activités, ce qui fait que j’ai dû faire face à une petite dépression. La plupart de mes amis de l’école étaient étrangers, ce qui fut que pour la plupart ils étaient rentrés chez eux pour les vacances, ce qui voulait dire que je me retrouverais seul et pas mal ennuyé pour les deux prochains mois. Mon père était obligé de rester sur place en tant que soutien à l’ambassadeur, toujours dans l’espoir que tous les Canadiens et dignataires s’en sortiraient vivants et Maman s’occupait de l’intendance chez nous en donnant son soutien à notre leader. Peu après, dans un acte de l’intervention divine, ils décidèrent de nous envoyer à Toronto pendant quelques semaines chez mon Oncle John et à Kingston chez mon Grandad (grand-père). Cela nous tomba du ciel. Ce fut la première fois pour mon frère et moi de fairet un voyage international tous seuls et avons eu l’opportunité de comprendre les responsabilités comme voyageurs représentant notre pays. Bien que Brian fut l’aîné – et il l’est toujours, on n’a jamais remarqué l’écart entre les deux – ce fut toujours moi qui était questionné, en pensant que j’étais le plus senior des deux parce que j’étais plus grand comme taille, voilà la raison pour laquelle j’avais l’air plus vieux que lui. Au début, je ne me sentis pas à l’aise, je m’attendais toujours à être toujours derrière lui et le laisser tout faire, mais après ces incidents qui se répétaient à plusieurs reprises, j’ai commencé à comprendre le sens de toute la bureaucratie des voyages internationaux.

Le point saillant de ce voyage définitivement était Toronto, notre point d’arrivée et de départ. Bien que tout au début nous ne nous sentîmes pas confortables avec les agents des Services de Douanes et frontaliers du Canada qui sont formés pour traiter même un jeune bébé comme un suspect  pour des attaques terroristes dans la toundra gelée, l’équilibre fut positif. Je me souviens de l’agent grand et puissant qui disait, à un jeune garçon de 14 ans et un autre de 17 ans, qu’ils n’avaient aucun droit diplomatique au Canada et nous a donné une acceuillante bienvenue en fouillant nos bagages comme si nous étions des contrebandiers en temps d’interdiction. Mon oncle John nous attendait du côté civil prêt pour nous conduire chez lui. C’était toujours un grand plaisir de le voir, comme s’il s’agissait de notre père canadien. Aussitôt installés dans sa voiture, il nous demanda si nous aimions les matchs de basket. Il avait deux billets pour nous pour les Toronto Raptors contre les Cleveland Cavaliers.  La concession de Toronto réussisait assez bien en début de saison, grâce à Damon Stoudamire (souvent appelé Mighty Mouse  grâce à sa surprenante performance malgré sa petite taille comme joueur du NBA  faisant 5pieds 10pouces). Ensuite, il nous donna de bons conseils vis-à-vis le transport public et les endroits intéressants à visiter les jours de semaine pendant que lui et Aunt Amy  (Tante Amy) étaient au travail. Ce fut formidable pour notre autonomie et ainsi découvrir la beauté de la plus grande ville du Canada.

Stoudamire contres les Knicks de New York


Pour la plupart des parents leurs activités de travail sont interrompues, car ils doivent élever leurs enfants en même temps, surtout pendant les années de l’adolescence. Mes félicitations aux mamans et aux papas, car j’en suis persuadé que ce n’est pas une tâche facile. Rendue à cet âge là, les rejetons sont encore en train de pousser les limites, ils essayent d’avoir ce qu’ils veulent  avec un vilain comportement, essayent de se souler, courrent derrière les garçons et les filles, tout en disant qu’ils sont devenus adultes. Dans certaines cultures, ces moments sont plus difficiles lors de la transition aux responsabilités en tant qu’adulte et celle-ci se fait d’une façon plus graduelle dans la vie des rebelles. Lorsqu’il s’agit d’enfants transculturels, bien que certains sont plus rebelles que d’autres, ils sont souvent doux. Il est certain qu’il y a quelques exceptions dans chaque règle, spécialement lorsqu’il s’agit de l’influence et de la pression des pairs qui entrent en jeu, mais l’équilibre leur revient toujours. Même s’ils sont toujours dans une période pour explorer et comprendre les mêmes inquiétudes de leur âge, ils ont été obligés de s’adapter sans cesse à de nouveaux entourages et circonstances. Ils ont souvent été contestés,  obligés à changer d’amis, de maison, de pays, d’habitudes, et de religions. Leur noyau familial veut tout dire. Leurs soucis sont plus complexes et le raport avec les adultes devient plus normal et ils s’expriment avec aisance parmi les gens adultes. 

dimanche 8 janvier 2012

Les conséquences


Chers lecteurs, amis et famille, voice le dernier article (partie 5 de 5) du texte de David Bickford sur le terrorisme au Pérou. Aujourd'hui nous présentons les conséquences après la crise d'otages et la vie pour les canadiens et leurs familles. Bonne lecture!


La dernière tâche officielle que le Groupe de garants a dû faire, ce fut de participer dans une conférence de presse le jour après la libération des otages. Les garants regrettèrent le fait qu’une solution pacifique n’avait pas eu lieu. Ils exprimèrent une certaine satisfaction que la plupart des otages avaient survécu. Malgré tout, ils étaient navrés car il y eut quand même des morts, tant dans le cas des otages comme des militaires, en plus des quatorze membres du MRTA. Cipriani exclama: «Tout au long de la crise d’otages, je me suis senti comme le père d’une grande famille de quatre-vingt six enfants: soixante-douze otages et  quatorze membres du MRTA… Mes larmes sont celles d’un père d’une famille de quatre-vingt six personnes, desquelles dix-sept furent tués d’un seul coup. Par la suite et en privé, Cipriani m’a dit, qu’il regrettait vivement qu’il n’avait pas réussi à sauver la vie des jeunes terroristes. Il nous prit longtemps pour nous remettre du choc de l’assaut et nous rendre compte que le Groupe des garants n’existait plus. Ce fut difficile à croire que tout était fini.

Notre ambassade barricadée à Lima

La question si la mort des quatorze terroristes se justifiait se fut un sujet à contreverse principalement hors du Pérou. Certains disaient qu’un nombre de terroristes levèrent leurs mains comme signe de se livrer au désespoir, d’autres disaient qu’ils se cachèrent une fois libérés, mais qu’on les a tués une fois qu’ils furent découverts, et que d’autres implorèrent la clémence, en vain. Plusieurs officiers contre le terrorisme de l’Europe occidentale me manifestèrent que lorsqu’il s’agit de ce genre d’opérations, la première priorité est d’assurer la sécurité des otages. Dans le cas où quelqu’un essaye de se rendre au désespoir, il faut tirer et l’on continue. Si l’on s’arrête pour sécuriser un prisonnier, vous vous êtes déconcentré de la tâche principale. De plus, cette personne peut très bien être en train de faire juste semblant et au lieu elle vous tire dessus lorsque vous n’êtes plus en garde. C’est ce que le groupe d’assaut des forces spéciales péruviennes ont voulu faire. Leurs propres pertes de deux assassinés et dix sérieusement blessés sugèrent que la bataille ne fut pas dans un seul sens.

Après l’opération de sauvetage, comme l’Ambassadeur Vincent fut le dernier membre du Groupe de garants qui rentra dans la résidence japonaise, les médias sugérèrent  - et juste deux heures avant l’assaut – qu’il a dû passer le mot que l’attaque allait avoir lieu ce même jour. Pas loin de la vérité. Le gouvernement ne nous avait rien mentionné à cet égard. Plus tard, Fujimori dit à la presse que l’attaque aurait eu lieu tel que planifié même si un des garants avait été à l’intérieur à ce moment là – il disait la vérité mais pas trop diplomatique. Tony eut beaucoup de chance de ne pas être resté plus longtemps ou bien d’être arrivé un peu plus tard.

Néanmoins, le dirigeant du MRTA rejeta la responsabilité sur le Groupe de garants pour l’échec de cette opération. Apparemment, la partie essentielle de cette stratégie si les discussions entre le groupe et le gouvernement péruvien n’arrivaient pas à une entente sur leurs demandes, ils allaient exécuter un otage à toutes les deux semaines. La présence des garants, surtout celle de Cipriani, contribua à ralentir cette idée des terroristes dans la résidence japonaise et les dirigeants décidèrent que les garants furent responsables de se mêler dans ce qui ne leur regarde pas. Par conséquent, l’Ambassade du Canada et son personnel demeurèrent sous menace terroriste (enlevant un membre senior du personnel ou bien placer une voiture piégée à l’Ambassade) pendant plusieurs années après la crise d’otages, jusqu’à ce que le reste du MRTA serait traqué et tué ou bien emprisonné. Ma famille et moi, étions obligés de voyager avec des gardes du corps de la police péruvienne pendant les deux longues années à suivre, nous avions des gardiens armés chez nous vingt-quatre heures par jour qui aimaient jouer au basket avec mes deux fils lorsqu’ils prenaient la relève, et l’Ambassade on aurait dit un bunker avec un service de gardiens privé tout au tour de la propriété, des barricades, des barrières en ciment et des grilles/murs très élevés avec du fil de fer barbelé tout autour du terrain, ainsi q’une équipe du GIGN de la police nationale (y compris, un camion de police piégé) sur la rue juste en avant de l’immeuble. Un acceuil impressionant pour les visiteurs.

Brian, Madeleine, William et David Bickford

La majorité des Péruviens étaient contents du résultat de l’opération de sauvetage, et témoignèrent une certaine reconnaissance envers le Groupe de garants – Fujimori ne l’a jamais fait. Tony fut toujours adressé, tout le temps jusqu’à son départ, dans des endroits publics, par des Péruviens qui voulaient lui serrer la main et le remercier pour ses efforts. Une année plus tard plus ou moins, Francisco Tudela, qui avait été ministre des Affaires étrangères péruviennes au moment de la crise d’otages et qui fut considéré par le MRTA comme leur principal otage, me déclara qu’il n’y avait aucun doute que le Groupe de garants avait sauvé de nombreuses vies, y comprise la sienne. Sous ce point de vue, je crois  que nous avons bien fait, et que ce fut un bon moment comme Canadien pour être au Pérou. N’est-ce pas?

dimanche 25 décembre 2011

Joyeux Noël et à toujours 2011


Nous approchons la fin de 2011 et quelle année! Pour ma part, elle a été vraiment passionnante, mais comme pour tout le monde, le cronomètre marquera la conclusion en laissant des choses inachevées. Le mot «remords» m’apporte toujours des souvenirs d’une des personnes plus sages qui a influé ma vie: Grandad  (mon grand-père Bickford). Lors de ses dernières années parmi nous, il a été condamné injustement en raison d’une série d’hémorragies cérébrales, qui l’ont amené à rester dans une maison de repos portant le nom de Rideaucrest -  un des moments des plus difficiles dans ma vie – ce fut lors d’une courte période de lucidité quand il m’a dit: «Will, «Es-tu content dans ta vie? Profite bien et assure-toi de ne jamais avoir de remords du passée parce qu’on ne peut plus rien changer.» Ces phrases textuelles sont devenues un slogan pour moi, qui m’a toujours aidé à surmonter les étapes difficiles de la vie. Depuis qu’il a partagé cette sagesse avec moi, tout est devenu beaucoup facile pour établir mes objectifs à tous les ans et me sentir satisfait.

Les Bickfords en 2011

Comme vous le savez déjà et d’autres personnes l’imagine, après m’avoir suivi tout au long de mes anécdotes, sans importer où se trouvaient les Quatre Fantastiques, nous avons toujours aimé les traditions et être unis, surtout lorsqu’il s’agit des vacances de fin d’année. La Noël et le Jour de l’An représentaient des moments importants à investir dans notre relation (soit avec les parents, les frères ou bien, à présent, la version plus récente qui comprend les femmes des jeunes garçons Bickford) qui est un fondament essentiel pour la réussite dans la vie. On est capable de réussir dans tous les sens avec cette stabilité au foyer. L’expérience d’une troisième culture ou d’être transculturel a aidé à établir un réseau très ferme. Nous pouvons dire un genre de microculture sans parallèle, mais nous pouvons également nous adapter facilement à d’autres cultures, toujours avec un geste sensible et avec beaucoup de respect. Quand Brian et moi étions jeunes, nous étions toujours là pour décorer le sapin de Noël, «aider» Maman avec plaisir à préparer des biscuits de Noël et nous regardions Dad qui préparait la dinde farcie, de marque déposée,  accompagnée de canneberges, pommes de terre rôties, des carottes et des petits-pois. Après le grand repas de Noël, nous avions besoin d’une sieste suivie de films traditionnels comme «A Christmas Story» ou bien «National Lampoons Christmas Vacation.» Quand je n’ai pas pu passer les fêtes en certaines occasions avec ma famille (y compris ma soeur, Melissa, ou plutôt connue comme la femme de mon frère et ma petite princesse Emma) j’ai toujours gardé mes traditions. Ma chère et tendre épouse Ana a aussi appris certaines de nos habitudes, comme s’il s’agissait des siennes, et nous avons ajouté des ingrédients de sa culture afin d’ajouter une nouvelle tradition dont nous pourrons un jour la partager avec les prochaines générations de Colombo-canadiens. Souvent il est compliqué de trouver tous les ingrédients dans d’autres pays, mais lorsqu’on est déterminé et creatif, tout est possible.

Parmi nos traditions les plus importantes – ce dont je recommande aux personnes d’esprit ouvert envers d’autres habitudes – ce sont les cadeaux pour les bas/bottes de Noël (ces garnitures qui ressemblent à des bas qui pendent de la cheminée). Nous avons l’habitude de faire des courses à cet égard, ou bien offrir des petits cadeaux pour ce jour spécial juste pour faire rire la personne qui recevra le cadeau (avant première de Mr. T, un renne plastique  qui laisse en marchant des petits cadeaux ayant l’air au chocolat, des sacs pour les chiens, un Scooby Doo qui chante des chansons de Noël) ou bien des gourmandises que les gens aiment (chocolats, bonbons, biscuits). Il est vrai que ce sont de petits cadeaux mais offerts avec beaucoup d’affection et qui aident à égayer les fêtes, démontrant à la fois qu’il n’est pas nécessaire de faire faillite pour apporter du bonheur à quelqu’un. Après tout, il existe un refrain qui dit” «C’est le geste qui compte». Pour dire vrai, le meilleur cadeau que je peux avoir à cette époque de l’année est d’avoir les personnes que j’aime le plus près de moi. C’est un beau cadeau pour moi. Si, je suis dans l’impossibilité d’être parmi eux, il me suffit d’apprendre qu’ils sont heureux n’importe où ils y sont, et qu’ils profitent des fêtes. Lorsqu’on change de lieu, ceci devient plus compliqué, surtout en raison de l’hiver canadien, les vols sont souvent en retard et la circulation terrestre plus lente. Ici, à l’Ontario, nous avons été très rusés lorsqu’on a bâti l’une des plus longues autoroutes du corridor connu comme Montréal-Kingston-Toronto-Niagara, reconnue pour les terribles effets du lac, dont souvent causent des terribles tempêtes hivernales. Je n’ai pas de souvenirs d’avoir été sur cette autoroute sans être obligé de lutter contre la neige dans ce champ de bataille pendant le temps des fêtes de Noël. Nous appelons ce grand chef d’oeuvre, de la génie moderne, la 401, celle que j’ai déjà mentionné dans des entrées précédentes de mon blogue. Celui qui est vraiment un exemple de notre réalité dans la province de l’Ontario, tant à découvrir dépendant du climat.

La Noël n’a jamais été une période de l’année dont la famille pose une certaine valeur aux cadeaux en pensant: «Bon, Jean m’a offert quelque chose qui coûte 20$ alors, je lui offrirai quelque chose du même prix.» Pendant le temps que nous avons vécu en Amérique latine, nous avions l’habitude d’offrir des cadeaux, de la nourriture ou n’importe quelle autre chose utile aux personnes qui nous aidaient tout au long de l’année à naviguer jour à  jour. Dans certains pays, on parle de l’Enfant Jésus (ou bien comme dirait mon cher Ricky Bobby en Talledega Nights, «Baby Jesus») qui arrivait le 25 décembre, ce qui me semble une bonne façon de représenter le jour de congé. Notre cher et bien aimé Saint Nicolas est comme une vedette internationale représentant la commercialisation de la Noël qu’hipnotise les enfants priviligiés, hélàs le message de cette personne est très positif «C’est l’époque de donner». Il donne sans attendre à y recevoir. Quel grand exemple pour tous! Il existe des cadeaux matériels, lesquels nous échangeons les uns et les autres, mais en fait, le meilleur cadeau que nous pouvons offrir au monde est d’inciter à la pitié et la bonté sans rien attendre en revanche. C’est le meilleur moment pour penser à toutes les choses (et surtout aux personnes merveilleuses qui font partie de notre vie) et contempler le cadeau que nous pourrons offrir l’année suivante pour vivre un monde meilleur. Au lieu de s’installer dans le va et vient comblé d’adrénaline,  nous pourrions gérer notre temps pour accomplir notre tâche toujours avec un sourire. Avez-vous par hasard remarqué que lorsqu’on parle au téléphone avec un sourire, la voix a un ton moins sévère, Et c’est qui, qui n’aime pas les gens heureux? Tenir la porte (évidemment avec un sourire) pour la personne qui est juste derrière nous et même si elle ne dit pas merci, il faut répondre «De rien! ce qui peut les convertir aux normes de la communauté. Comme êtres humains, nous avons besoin de ce contact physique (aucun être humain est une île), alors arrêtons de nous comporter comme s’il s’agissait d’une gestion.

Ana et moi à Mont Tremblant, Québec

Au contraire des théories de la fin du monde (sûrement vous avez entendu parler ce que «les Mayas nous ont averti…», l’an 2012 nous offrira douze nouveaux mois pour atteindre nos objectifs et voir nos rêves devenir une réalité. Tout au plus, l’an 2013 arrivera, nous ne devons pas gaspiller le temps. Nous avons également une opportunité géniale pour réfléchir au bien-être commun des familles, de nos voisins, de notre communauté et de notre planète. Les Canadiens, à priori, sont reconnus pour leur travail communautaire, et souvent possédaient une certaine fierté d’être un bon voisin, quelque chose dont je suis certain serait à notre propre bénéfice. Auparavant, si l’on laissé tomber le porte-feuille plein d’argent dans la rue, il y avait quelqu’un qui nous préviendrait pour le récupérer. Si l’on s’était pas rendu compte, on pouvait revenir le lendemain sur ses pas et le retrouver là où on l’avait laissé tomber et on le retrouvait. L’équilibre complet. Ceci est possible avec un peu de fierté de la part notre propre communauté, un sens d’une obligation civique, le respect envers l’étranger, comme un frère ou une soeur, et être prêt à aider autri non seulement par la pensée ou la prière. Bon, je serai en train de contempler tout cela et je reviendrai le 15 janvier 2012, je vous souhaite à tous une bonne fin d’année et espère que vous continuerez à me suivre l’année prochaine dans mes prochains épisodes. J’espère aussi avoir le temps l’année prochaine d’écrire un roman ou un livre sur le sujet transculturel, ce qui a toujours était mon rêve, et continuer à partager un message positif utile pour tout le monde. En d’autres mots, un nouvel an avec de nouveaux objectifs.

Joyeux Noël et bonne année à tous!



Will

dimanche 18 décembre 2011

L’assaut – Surprise, surprise…


Chers lecteurs, cette semain je vous présente la partie 4 de 5 de l'article de David Bickford. Bonne lecture!

Fujimori fier de son système de tunels, Chavín de Huantar

Lors d’une des visites de Tony à la residence japonaise, le dirigeant des terroristes, Nestor Cerpa, l’interpela pour venir dans le salon et lui demanda de se baisser jusqu’au plancher pour écouter les bruits provenant du plancher. Au bout de quelques minutes, on écoutait des bruits comme si quelqu’un  au-dessous était en train de racler, et Cerpa déclara : «Ils sont en train de creuser des tunnels, n’est-ce pas?». Tony n’a pas répondu. Plus tard, une fois rendu à l’Ambassade, nous avons en discuté et nous avons vu cela comme un mauvais présage.

Rétrospectivement, il fut évident à ce moment que Fujimori était en train de persévérer avec un double approche: Si les terroristes décidaient de laisser tout tomber bon et aussi mauvais. S’ils ne le faisaient pas, il était prêt à envoyer l’armée même si son frère le plus jeune était parmi les otages. Pour lui, le rôle comme garants était de garder la situation  dans le calme à la résidence aussi longtemps que possible, afin de construire les tunnels qu’il voulait. En attendant, le MRTA se sentait rassuré avec la présence des garants. Ils se sentaient protégés, et en même ils étaient plus relax vis-à-vis la surveillance. Ce qui fut dangereux pour eux, ce fut le fait qu’ils tombèrent sur une routine ce qui a permit aux autorités péruviennes d’en profiter de cette opportunité.

Le 22 avril 1997, Tony rentra vers 13h30 après avoir été dans la résidence japonaise. Il déclara que la police aux alentours de la résidence était énervée, tendue et aggressive avec lui. Nous n’avons pas trop fait cas, mais à 15h20 l’assaut commença. Tony et Cipriani, Terada et un de ses agents se rassemblèrent autour de la télévision dans mon bureau à l’Ambassade et nous avons vu l’attaque se dérouler avec horreur. Les derniers coups de fusil ont eu lieu dans les prochaines vingt minutes, cependant l’armée ne déclara  la victoire que jusqu’à 16h00. Un sentiment d’échec nous envahissa subitement et avons pensé que nous avions travaillé hardiment pendant quatre mois pour rien. Nous étions convaincus que les otages en majorité avaient été tués, puisque l’assaut avait pris trop longtemps. Au fur et à mesure que nous avons commencé à recevoir des rapports, nous avons appris que la plupart des otages avaient survécu, ce fut un miracle pour nous. À la fin, parmi les soixante-douze otages, juste un est mort, bien que quatre furent blessés. Dans l’opération de sauvetage deux  commandos furent tués et dix sérieusement blessés. Tous les quatorze terroristes sont morts.

Les commandos de l'armée péruvienne en action 

Comment ont-ils accompli cela, s’il y avait des experts du monde entier qui avaient dit que cela n’était pas possible car on risquait de perdre un grand nombre d’otages? En secret, sans rien dire, l’armée péruvienne avait bâti une copie exacte de l’ambassade japonaise, de taille normale, dans l’une de leur base militaire, où cent cinquante officiers de leurs forces spéciales avaient passé des semaines entières à entraîner et perfectionner des assauts.  De plus, les autorités étaient capables de communiquer de façon clandestine avec quelques otages, et quand le «Jour» arriva, on leur a dit de se préparer pour un assaut à 15h20 et d’aller en haut sans que les terroristes soupçonnent quoique ce soit, et en plus à l’abri pour se protéger. Le MRTA avait pris l’habitude de se réunir dans la salle-à-manger principale un peu après 15h00 pour jouer au baby-foot. Les commandos furent exploser tout simplement la salle-à-manger à 13h20 à partir d’un tunnel au-dessous, en tuant ou en rendant infirmes possiblement la moitié des terroristes. Des commandos attaquèrent simultanément la porte d’entrée principale, émergèrent des tunnels foudroyant les murs extérieurs ou bien atterrirent en hélicoptère sur le toit. Aussi, quand le moment crucial fut arrivé, plusieurs parmi les jeunes terroristes n’eurent plus le courage de tuer personne car ils les connaissaient déjà bien et souvent ils les admirèrent. Fujimori  prit l’assaut comme une grande victoire dépassant la terreur, et sa popularité grandit démésurément.tout de suite après.

dimanche 11 décembre 2011

Terrorisme pour les débutants


Les terroristes en entrainement


Au cours des discussions entre les terroristes et le gouvernement péruvien, le MRTA a exprimé plusieurs fois sa préoccupation au sujet du sort de leurs camarades prisonniers – peu après la prise de la résidence japonaise, tout les droits de visite pour les terroristes en prison ont été supendus par le gouvernement, aussi tous les autres privilèges limités, que les prisonniers jouissaient dans ces institutions austères, étaient restreints. Les garants décidèrent de partir d’un  sous-commité (J’ai été choisi comme victime pour diriger le groupe) pour visiter les diverses prisons où des members du MRTA étaient détenus. Nous étions un petit groupe composé de moi-même, un diplomate japonais, une religieuse espagnole, un médecin japonais, un médecin péruvien, et un autre diplomate canadien. Nous devions visiter six prisons, et faire le rapport aux garants sur les conditions dans les prisons, y compris le respect aux droits de la personne, ainsi que la santé et le bien-être des prisonniers.

Nous avons bien commencé – plus ou moins – dans un minibus loué par l’Ambassade japonaise de «Mickey Mouse Tours», qui avait même l’image de la souris avec un grand sourire, sur le côté. La visite à l’une  des prisons des plus renommées  à Lima, appelée Lurigancho, fut fort intéressante. Ce fut la prison la plus importante vers la fin des années 1980 lorsqu’il y eut une révolte interne et l’armée dut intervenir et tua des centaines de prisionniers, surtout des terroristes. Il y avait quatre pavillons importants, deux où se trouvaient les criminels endurcis et où les surveillants n’allaient jamais. Et les autres deux, où les terroristes condamnés étaient détenus. Nous avons eu un accès facile aux prisonniers, nous avons goûté leur nourriture, et avons été plutôt surpris que le moral des prisonniers était présent dans un régime si sévère. Nous avons emergé de la prison, les médias (principalement japonais) nous ont entourés et harcelés pire que les prisonniers à l’intérieur de la prison. L’intrépide bus de Micky Mouse avait de la difficulté pour surpasser les véhicules de la presse et les motocyclettes en quittant les lieux. Nous sommes arrivés à l’ambassade pour écrire notre rapport avec la presse derrière nous en train de crier même une fois rendus à l’intérieur du bâtiment.

Une image de la prison de Lurigancho

Nous avons visité plusieurs institutions de sécutité moyenne, mais la partie essentielle (en réalité) était une prison à une haute altitude de 4.200 mètres près de Puno au sud du Pérou: Yanamayo. Nous sommes arrivés de Lima – presque sourds – dans un petit avion (soviétique des années 1960 l’équivalent du Hercules C-130 ) de la police nationale péruvienne Antonov 22. Dans cette prison se trouvait la plus grande partie des dirigeants du MRTA. Nous voulions être sûrs de deux choses, leur bien-être et en plus les convaincre de donner des consignes à leurs collègues dans la résidence japonaise pour être plus flexibles dans les négociations. Un des problèmes que nous envisagâmes ce fut que les dirigeants à Yanamayo avaient donné leurs instructions aux terroristes qui étaient dans la résidence japonaise, par des intermédiaires avant l’agression. Bien que les prisonniers étaient, en théorie, incommunicado dans les prisons de haute-altitude, ils étaient en communication avec le monde extérieur – nous supposâmes que c’était grâce à la corruption que les gardiens pouvaient transmettre les messages.

Les premières impressions de Yanamayo étaient effayante. Sur le versant d’une colline exposée au vent, la prison était un énorme block en bêton à quatre étages sans fenêtres, avec quelques dépendances. Le complexe était entouré de deux clôtures en chaine avec du fil barbelet sur la partie supérieure, des soldats armés à tous les cinquante mètres entre les deux clôtures extérieures – vraisemblablement pour dissuader toute agression de l’extérieur. Des signes indiquaient qu’en dehors de ce fil il y avait des mines antperson-nelles. Nous pouvions entendre des cris provenant de l’intérieur, des slogans et des chants scandés de mantras patriotiques. Les surveillants ne voulaient pas qu’on quitte, craignant une émeute, mais nous avons insisté. Avec un peu d’inquiétude nous sommes rentrés dans un bloc de cellules. Il y avaient des cellules des quatre côtés, avec des barreaux qui croissaient la partie de devant des cellules.  Aussitôt, les membres du MRTA nous ont aperçu, ils commencèrent à pousser des cris en battant sur les barreaux de protection – pour une certaine et étrange raison les prisonniers du Sentier lumineux étaient calmes, et se sont addresses à nous d’une façon décontractée. Les MRTA avaient l’air à moitié fous, y compris un qui était Chilien dont j’ai reconnu sa photo. J’étais vraiment content qu’il y avait des barreaux bien solides entre eux et nous. Je me souviens très bien qu’il faisait très froid. Il était intense et arrivait jusqu’à la moëlle. J’ai serré la main de plusieurs prisonniers, leurs mains étaient bleues et semblaient ne pas avoir trop de sensibilité. Il y avait quatre prisonniers dans chaque cellule (environ 3 m par 3 m), ils devaient dormir sur des étagères en bêton munies de minces matelas de mousse. Ils avaient le droit à faire de l’exercice 30 minutes par jour – mais ce «privilège» fut annulé, ainsi que les visites et les colis qui leur étaient envoyés de chez eux. Ce fut difficile pour moi de croire qu’ils pouvaient maintenir leur militantisme une année après l’autre dans de telles conditions, mais ils y avaient réussi.

La prison de Yanamayo, Pérou


Plus tard nous nous sommes réunis dans une petite salle de conférences avec les dirigeants, ils étaient calmes, décontractés, mais controversés sans aboutir à rien. Ça nous a absolument rien rapporté de les convaincre d’avoir un peu de flexibilité dans leur position de négociations – après tout, pour eux, tout le but de la prise en otages de personnalités de haut niveau était de gagner leur propre libération de la prison. Rien d’autre qui comptait. Plus tard, nous avons visité l’hôpital, je me suis assis sur un lit avec un guerrilla du Sentier lumineux qui était paralysé de la taille jusqu’aux pieds. Il admit qu’il s’était fait mal lui même lorsqu’il préparait une bombe. Il m’a dit qu’il avait juste eu un peu de rééducation dan la prison, mais qu’il pensait qu’il avait été mieux traité que n’importe quel péruvien pauvre sans accès à l’assistance médicale. Le Sentier lumineux m’a semblé beaucoup plus raisonnable que le MRTA. Nous avons aussi été dans la cuisine où nous avons goûté le bouillon d’alpaca (principalement des os de cuisses, mais malgré tout copieux et savoureux). Nous sommes rentrés à Lima tard à la fin de la journée avec de terribles maux de tête dû au changement d’altitude (Lima est seulement quelques mètres au-dessus du niveau de la mer.

Notre dernier rapport a servi à rassurer les terroristes dans la résidence japonaise que leurs collègues n’étaient pas maltraités, et peut-être à contribuer à établir un meilleur rapport entre les terroristes et les garants. Sur un plan personnel, tous ceux dont nous faisions partie du sous-groupe sommes devenus de bons amis, et j’ai appris à apprécier en particulier l’éthique de travail, le professionnalisme, et la bonne humeur de mon collègue du service diplomatique japonais, Kenji Hirata. J’ai aussi appris que le dirigeant du MRTA, même après des années en prison et avec peu de possibilité d’être libéré, était resté militant, dévoué à leur cause et avec les esprits ininterrompus – un ennemi redoutable.