Un enfant de troisième culture (TCK/3CK) ou enfant trans-culturel est "quelqu'un qui, pendant son enfance, a consacré une longue période de sa vie dans une ou plusieures cultures autres que sa propre, intégrant ainsi certains éléments de ces cultures avec celle sa naissance créant une troisième culture."

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dimanche 7 août 2011

L’automne au Lycée Claudel


À Gillespie, j’ai commencé à structurer mon propre espace pour très heureux. Mes parents m’ont donné la permission pour la première fois de décider comment j’allais décorer ma chambre, soit avec des posters, des tableaux ou bien avec ce que j’aimais, bien entendu en respectant toujours un certain protocole. Je n’avais plus l’âge pour des jouets ce qui fait que nous les avons donnés avant de quitter le Chili. Maintenant, j’avais plus d’espace pour organiser mes vêtements, mes chaussures, et un endroit spécial pour mettre mes GI Joes. Ceci n’étaient pas des jouets. Ils étaient des figures d’action de loisir pour les pré-adolescents…Aucune raison pour  laquelle se sentir gêné. J’avais de la place pour ma radio – la musique a toujours été un important facteur dans ma vie – j’écoutais souvent le poste KOOL FM 93.9. Je me suis rendu au point dont j’ai commence à aimer la musique populaire qui était à la grande mode et je l’écoutais quasiment tous les jours. La maison commençait à prendre plus la forme comme notre chez nous d’une façon suprenante, mais un nouveau défi approchait et je devais l’envisager: «Une nouvelle école!».

Photo de l'ancien bâtiment du Lycée Claudel, Ottawa

L’école, où mon frère et moi avions été inscrits, était une fois de plus une école française dotée d’un rigide programme, le Lycée Claudel. À la rentrée scolaire, tout ce que j’avais dans ma tête le premier jour, c’était que je devais survivre. Je n’avais pas l’intention de me faire remarquer ni d’essayer de commander dès le premier jour. Le premier jour fut brutal. Toutes ces crampes et ces papillons que j’ai  ressenti lorsque j’ai commencé l’école à Santiago étaient revenus avec vengeance. J’ai reçu des instructions pour aller dans une salle de conférences ou quelle chose de semblable, lesquels à l’époque semblaient sombres et sans vie. Il y avait plusieurs colonnes, si ma mémoire ne me fait pas défaut, sur chacune de ces colonnes il y avait des listes pour toutes et chacunes des différentes classes où les étudiants devaient repérer leur nom dessus et se mettre en rang juste devant elles. Une fois après avoir trouver mon groupe, j’ai eu une envie folle de ne pas m’approcher du reste de mes camarades de classe et attendre jusqu’à ce que quelqu’un vienne pour nous emmener dans notre salle de classe. Je n’avais jamais été si timide dans ma vie. Que se passait-il avec le William qui aimait les gens et qui n’avait aucun problème pour s’entendre avec? Indépendamment d’un clique. Je me rendais compte seulement qu’il y avait tout plein d’enfants de mon âge en train de bavarder très à l’aise et de ressentir une impuissance écrasante pour me présenter moi même. Je suis resté en retrait pour essayer de ne pas appeler l’attention sur moi-même, en pensant que tous mes collègues avaient été  ensemble dans la même école depuis des années… Maintenant, j’étais un intrus.


Je me suis senti vraiment seul les premières semaines à l’école. Je pensais toujours à mes amis que j’avais quitté et souhaitais de fermer les yeux et quand je les ouvrirais à nouveau, je serais de nouveau à Santiago d’une façon magique. Peu importe la mauvaise chance à un moment donné la bonne chance nous sourit. Dans le système du lycée, nous devions changer de salle de classe tout le temps selon le cours. À chaque fois que nous changions de classe le sujet changeait aussi. Grâce à ces circonstances, j’ai commencé timidement à m’approcher des élèves qui étaient assis autour de moi, et comme dans la plupart des écoles secondaires, une fois que l’on connaît un camarade éventuellement on arrive à connaître tout le reste. Cela a pris du temps, mais j’ai réussi à le faire. Parmi ceux qui sont devenus mes amis pour être tout le temps ensemble ont été: Adriano Damnjanovic, Cédric Cocaud, Jean-Philippe Cormier, Marc-André La Haye, Olivier Kacou, Philippe Boyce-Lyon  et Philippe-André Bonneau. En outre, d’être ensemble en classe, ce qui était obligatoire, nous déjeunions ensemble dans la cafétéria qui était au sous-sol de l’école où l’on pouvait discuter sur nos affaires importantes: les profs, les fêtes et les sports, un monde beaucoup trop inconnu pour moi. Le football (ou mieux connu au Canada et aux États-Unis comme soccer) ne semblait pas jouer un rôle essentiel dans leur vie. J’étais en désavantage par rapport à mes copains, alors je me suis rendu compte que j’avais du travail à faire après l’école du côté social. Au minimum, j’allais être obligé d’avoir une certaine connaissance sur le hockey (au-delà de l’histoire du cher chandail de Hockey) et aussi du NBA (Association de Basketball aux États-Unis et au Canada). Le reste des sports était considérés intéressants mais pas dignes de commentaires appronfondis.


En outre de manger ensemble et de bavarder, l’heure du déjeuner était un élément extraordinaire pour soulager le stress. Avant la tombée de la première neige, nous répliquions les grilles des géants d’acier du football (celui qui ne demande pas trop de donner des coups de pied au ballon, ce qui fait que le nom de ce sport devienne un vrai énigme). Tant qu’il y avait un ballon, c’était toujours le moment pour un match pour notre groupe de classe et tous ceux qui souhaitaient y participer. Je n’avais jamais jouer le jeu avant et je n’avais aucune idée du réglement, mes copains ont pensé que c’était bizarre. Même l’un de mes meilleurs copains qui était moitié Serb et moitié italien n’en revenait pas que je ne connaissais pas les règles. J’étais excellent pour donner des coups de pied au ballon, ce qui est à la fois un peu limité. L’autre partie d’attaque et courir c’était du sens commun au fur et à mesure que je jouais. Il y avait une très bonne chose lorsqu’on courrait, on sentait un air rafraîchissant et on sentait que les poumons travaillaient vraiment fort afin de pouvoir vaincre celui de l’équipe opposé en le touchant. L’hiver, on s’amusait à jouer  au «Roi de la colline», sur le grand tas de neige qu’il y avait dans le parking où les déblayeuses empilaient la neige. Généralement, il s’agissait de batailles épiques entre les enfants de différent âge et qui étaient dans de différentes classes. Il me semble que l’heure du déjeuner était beaucoup plus intense que les cours de gym.

Moi avec mes anciens camarades de classe à Claudel

Au fur et à mesure que le temps est passé, ces gars ont contribué à me faire sentir à l’aise dans mon nouveau chez moi et leur amitié m’a aidé à me sentir finalement Canadien comme tout le reste du monde. Du coup, je me suis aperçu que j’avais été Canadien dans ma tête, mais qu’en fait, je n’avais pas trop d’expérience pour avoir un rapport normal avec les autres qui n’avaient pas vécu ailleurs comme expatriés. Parmi eux, il y avait par exemple, Olivier qui était le fils d’un diplomate de la Côte d’Ivoire et Adriano dont sa mère était un agent du service des affaires étrangères italiennes. C’était difficile pour tout le reste de camarades, à leur âge,  qu’un Canadien pouvait vivre pendant une période prolongée à l’étranger et être toujours Canadien. Cependant, ils m’ont donné plus de ce qu’ils peuvent imaginer à travers leur amitié. Grâce à cette incroyable camaraderie, je garde toujours de très bons souvenirs d’Ottawa et à chaque fois que je passe en face du Lycée Claudel sur la Promenade Old Riverside, je ne peux pas l’éviter et je souris.  Ces grands amis m’ont donné un sens d’appartenance, spécialement lors de mon retour dans mon propre pays. Souvent, je pense que ces merveilleux souvenirs ont beaucoup plus d’importance dans ma vie que dans la leur. Mes trois années passées dans cet école furent juste une petite fraction  dans la vie de chacun d’eux, spécialement lorsque le temps joue un rôle primordial en grandissant. En tous cas, tout au début de ma rentrée à Ottawa, j’avais été acceuilli comme  «Chilien», mais par la suite je suis devenu un membre de plus du groupe de la cours de l’école.

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