Un enfant de troisième culture (TCK/3CK) ou enfant trans-culturel est "quelqu'un qui, pendant son enfance, a consacré une longue période de sa vie dans une ou plusieures cultures autres que sa propre, intégrant ainsi certains éléments de ces cultures avec celle sa naissance créant une troisième culture."

Click here to read blog in English <<<>>> Haga click para el blog en castellano

dimanche 9 octobre 2011

Tous les chemins mènent à Santa Rosa de Lima

Lors d’une affectation à l’étranger le succès repose sur le fait de devenir un grand artiste. La réalité de vos propres circonstances dépend de la façon dont on établit notre propre status quo. Le dicton le plus approprié auquel je peux penser est celui de Monty Python: The Life of Brian (La vie de Brian), un état qui manifeste pleinement: «Il faut toujours voir le bon côté de la vie». La chose la plus facile – et la plus difficile – à faire dans ce genre de situation est de faire face à une réalité de façon négative, et fermer la porte pour empêcher d’être en contact avec le monde à l’extérieur, et s’isoler des gens. On a plus rien à voir avec le problème lorsqu’on prend le choix de l’épacher. Le deuxième choix, celui que je recommande fermement est d’ouvrir cette porte qui vous permettra, à vous et votre famille, de profiter des nouvelles choses. Le traumatisme psychologique de se «vérrouiller» pendant trop longtemps peut être nuisible. Le plus tôt vous vous rendez compte que ce ne sera pas la même chose que de se retrouver chez soi – il faut que chacun trouve sa propre définition – le plus vite on apprend sur la richesse qui nous entoure. On se sent fier des accomplissements lorsque on regarde en arrière. On donne des ailes à nos horizons et on a une vraie perspective de l’univers. Bien sûr, c’est pareil que lorsque nous sommes chez nous, certaines choses sont bonnes et d’autres ne le sont pas. Nous, les Bickford, avons toujours choisi le scénario numéro deux, qui me mène à l’histoire de notre premier voyage d’un jour hors de la ville de Lima.

Santa Rosa de Lima, veille sur nous

Au début de l’affaire, les Bickford étaient devenus amis avec la famille Lambert, à cause du lien entre nos chefs de famille qui travaillaient à l’ambassade et au  niveau suivant des générations, à travers l’école. Lors d’un de nos premiers week-ends, le clan Bickford s’est retrouvé avec les Lambert en face de Primavera et Velasco Astete, la route qui se trouvait entre nos maisons, et en même temps nous allions rencontrer une famille franco-canadienne pour une nouvelle aventure, je ne me rappelle que du nom de famille, Thibault, celui-ci s’occupait d’un genre d’orphelinat pour des garçons défavorisés dans la ville même. Il faisait partie des trois familles, M. Thibault était celui qui connaissait mieux Lima, car il avait vécu là plus longtemps. Il avait suggéré d’aller nous promener dans un endroit qui était un petit bijou caché, Santa Rosa de Quives, un lieu saint, et l’importance ne nous avait pas été bien expliquée. En fait, il était la seule personne qui avait été dans cet endroit, ce qui fait que nous comptions sur lui pour faire ce voyage. Comme Alain Lambert et lui avaient des SUV, ils avaient décidé de diviser les passagers en hommes et en femmes dans leurs véhicules. C’était drôle, comme tous les deux étaient des hommes, la division n’a pas tout à fait marché. M. Thibault nous guiderait en conduisant toutes les femmes. Ceci faisait du sens pour lui puisqu’il était notre guide etl était intelligent. Alain, qui était à la GRC depuis longtemps, conduirait la voiture qui suivrait pour transporter tous les hommes robustes et beaux. Comme il a convenu avec sa tâche dans cette aventure, il a même plaisanté en disant que ceci lui faisait penser au temps qu’il a dû passer au début de sa carrière en train de poursuivre des suspects pour appliquer la loi. Nous nous sommes tous installés dans nos positions correctes pour partir vers Santa Rosa de Quives.

Aussitôt, je me suis assis sur le siège en arrière de l’auto avec Brian et Mario, mon mal de voiture a quasiment tout de suite commencé avec la dense circulation ainsi que la façon désorganisée de conduire dans la ville mouvementée de Lima. Malgré mon malaise je pouvais voir les fameux pueblos jovenes -  nom donné aux bidonvilles par les propres habitants – entourés de poussière, de saleté et de tonnes d’ordures au fur et à mesure que l’on avançait. Nous sommes passés également en bordure de la fameuse rivière Rimac qui traverse le centre de Lima. En passant nous avons remarqué qu’il y avait parfois un torrent impétueux marron comme du café. Mario a exclamé que c’était la seule rivière dans le monde où l’on pouvait faire du rafting dans de l’eau marron. Le paysage urbain était toujours envelopé d’un brouillard épais accompagné d’une étrange odeur. Par la suite, nous avons entendu «Tabernacle!», prononçait d’un marqué accent du Lac Saint Jean, qui ressortait de la place du conducteur quand Alain s’est rendu compte qu’il avait perdu de vue la voiture qui nous guidait. Probablement, ses habilités comme flic avaient subi une sorte d’attrition après des années au bureau et de travaux connexes. Maintenant, nous étions cinq gringos en chemin vers l’inconnu, entourés de pueblos jovenes et tout leur décor. Il a quitté la grande route, mais ce ne fut pas pour que l’on puisse voir de plus près les conditions de vie sinon pour demander des indications. Il demanda d’un accent son très marqué, l’accent franco-canadien, à des indigenes péruviens comment pouvait-on arriver à Santa Rosa de Lima. Partout où nous sommes allés, personne avait aucune idée de ce qu’il parlait, mais malgré tout ils étaient gentils et nous donnaient de vagues indications, en espérant que cela allait atteindre notre objectif et attraper le reste du groupe. L’espoir se perdu. Nous nous sommes aventurés à travers les hostiles rues avec tout le monde qui nous regardait et semblait se demander ce que nous faisions dans cet endroit. Nous nous sommes rendus compte que personne savait où se trouvait cet endroit, mais en fait, Santa Rosa de Quives, était le vrai nom de l’endroit, tandis que Santa Rosa de Lima était le nom d’une vierge. Elle a été la première Sainte venue de la région des Amériques et la Sainte Patrone du Pérou. Je suppose que Santa Rosa de Lima se trouvait un peu partout pour dire ainsi.

Après notre échec de la tentive de rejoindre l’autre partie du groupe, ou de trouver l’endroit de Santa Rosa de Quives, nous avons décidé de nous arrêter dans un endroit qui n’avait pas l’air mal pour manger quelque chose. Comme nous n’avions pas de téléphones cellulaires ni de radios militaires, nous ne pouvions communiquer avec personne pour leur dire ce qui était arrivé. Nous nous sommes arrêtés dans les limites de la ville à un district appelé Ancón, Alain nous a expliqué que c’était l’une des destinations préférée pour de nombreux limeños qui cherchent à s’amuser dans le soleil pendant les mois d’été. C’était difficile à imaginer l’endroit sans brouillard ni humidité qui nous accompagnaient sans cesse. Nos vêtements était toujours humides et collants si nous étions à l’intérieur ou à l’extérieur sans faire aucune différence. Nous nous sommes garés sur une playa – d’habitude ce mot veut dire plage mais au Pérou, il s’agit d’un stationnement – où le seul véhicule qui était garé correctement entre les lignes et en face de l’enrayer, était un bateau à rames avec ceux-ci bien gardés, et en toute sécurité à l’intérieur du navire. Ceci nous a semblé comique sous une perspective nord-américaine puisqu’un agent de stationnement dans notre pays d’origine aurait profité de faire un petit tour dans cette ville. En général, les gens se garaient où ils avaient envie et le réglement pour conduire n’était pas renforcé. Évidemment, c’était drôle pour nous, des personnes de l’extérieur, mais il ne faut pas oublié que nous ne sommes pas bien placés pour juger certains comportements et il ne faut pas s’attendre à ce que tout le monde soit comme nous. Lorsqu’on va dans un autre pays il faut faire ce que tout le monde fait. Tout près, nous avons trouvé un bar de fruits de mer, un endroit simple et qui avait un merveilleux menu. D’habitude, il y a toujours quelqu’un à la porte du restaurant ou du bar qui approchent les passants pour essayer de les faire rentrer dans leurs établissements et profiter de leur bonne et fine cuisine. Alain demanda au gentil garcon, s’ils avaient une boisson appelée Sangre de Tigre.  Il était évident qu’il n’avait pas compris ce qu’Alain avait demandé, mais il a répondu d’une façon entrepreneuriale, qu’ils avaient tout ce que l’on voulait. Le reste, nous n’avions aucune idée de ce qu’il voulait dire, la seule chose que nous savions était que nous avions tous très faim. Nous avons appris de suite que souvent dans l’endroit le plus simple on trouve des repas plus authentiques. Je ne me rappelle plus du nom de cet endroit, mais la nourriture était délicieuse. J’ai mangé l’un des meilleurs ceviche mixto – un plat de fruits de mer de la côte, souvent prepare avec du poisson cuit dans du jus de limette, celui-ci avait du pulpe, du poisson, des crevettes et toute sorte d’autres choses – de ma vie. Mon bol comprenait presque tout les fruits de mer qui peuvent exister dans l’océan. Quel délicieux régal et en plus inattendu! Par la suite, nous avons dégusté la boisson Sangre de Tigre – un mélange de jus du ceviche avec du Vodka – une terrible preparation, nous ne l’avons plus jamais bu de nouveau. Après le repas nous sommes allés faire une promenade le long de la plage.

Vue de la baie d'Ancón sans le brouillard

La promenade dans le brouillard n’a pas été facile, spécialement après un succulent repas et en ayant l’estomac plein. Nous avons vu plusieurs monuments démontrant l’histoire de héros de la région qui ont donné leur vie d’une façon courageuse pour défendre leur cher pays. Les Péruviens ont eu de dures batailles contre leur voisin et rival du sud de toujours, le Chili. C’était drôle, mais je connaissais bien les conflits car depuis un très jeune âge, l’histoire a toujours été fascinante pour moi, et maintenant j’écoutais les Péruviens en train de me raconter leurs petites histoires. Lors de notre promenade à pied, nous avons vu  un service de motocyclette taxi – une motocyclette qui tirait une espèce de char – nous avons loué deux pour faire le tour d’Ancon. De cette façon, nous pouvions connaître et voir plus d’endroits qu’en marchant. surtout après avoir bien mangé. Les chauffeurs ne semblaient pas avoir de contraintes au fait que nous étions trois adolescents dans un et deux costauds adultes, l’un plus que l’autre, dans l’autre comme passagers. Ils parcouraient les étroites rues à toute vitesse - et parfois ils allaient même sur les trottoirs. Ils n’expliquaient pas grand chose et nous donnaient même pas le temps d’admirer le paysage, jusqu’à ce que je me suis rendu compte que nous étions en fait sur l’autoroute en sens opposé. Nous avons vraiment été au bord de la mort! Les chauffeurs faisaient des courses en dépassant l’un et l’autre et nous disions bonjour à nos papas en faisant toutes sortes de gestes. Les deux véhicules ont foncé une fois de plus sur les rues et les trottoirs, pour compléter le cercle et on nous a ramené sur le long de la plage où on nous avait ramassé. Ce fut un tour express d’Ancon à peu près quinze ou vingt minutes. Je suis sûr qu’il y avait d’autres endroits à visiter, mais nous avons beaucoup ri et avions de formidables anecdotes pour raconter aux femmes en rentrant chez nous. Ma maman et la mère de Mario, nous ont dit plus tard que leur tour avait été plutôt ennuyant. Peut-être notre échec pour atteindre l’objectif fut une bénédiction en déguisement. Santa Rosa de Lima a veillé sur nous ce jour là!

mercredi 5 octobre 2011

De la Russie avec amour


Comme je vous l’ai mentionné vers la fin de mon dernier chapitre du blogue, le monde a ça propre façon pour faire marcher les choses, en rapportant un sens d’équilibre. Les mêmes energies me reviendraient un jour dans ma vie pendant les derniers mois de ma première année de secondaire. J’étais en train de me sentir me peu plus à dos, en voyant toutes les portes fermées après avoir essayé de rejoindre la population péruvienne. Ce n’était plus une option pour moi d’y continuer avec ce but et n’avais plus envie de prendre d’autres chances. Si mon environnement devait être soumis à d’autres bombardements, je n’allais pas y arriver à supporter cette situation jusqu’à la fin de l’affectation. Deux ans pourraient devenir une éternité lorsqu’on est du mauvais côté du conflit. L’étape d’adaptation restait en arrière pour passer au mode de “faire face” vis-à-vis ma situation. Maintenant, je pouvais remarquer plusieurs ressemblances entre ma vie et les films des prisons. Si j’allais survivre l’école secondaire, j’avais besoin d’un plan: quelqu’un pour me garder en arrière. Mon frère m’avait gentiment offert d’être mon sauvegarde – possiblement, parce qu’il se rendait compte que le début de l’année scolaire se présentait un peu chancelante, pour ne pas dire autant, mais je ne pouvais pas avoir mon frère pour lutter contre mes batailles. J’avais besoin de mon propre détachement.

Ivan Drago lors d'une conférence de presse

J’ai calculé que les groupes d’étudiants plus petits avaient un meilleur rapport, ce qui fait qu’il serait plus difficile d’être accepter. Il y avait d’autres groupes composés par des Américains et d’autres Anglophones, et encore d’autres qui étaient plus sages et en même temps éloignés des autres comme les Japonais et les Coréens. Un sens d’égalité m’a envahi au moment d’évaluer mes chances pour être mieux accepté pour m’intégrer puisque nous partagions le même ingrédient par rapport à tous les autres gars: Un tas de rien. Nous étions tous étrangers, mais dans ma tête, cela ne suffisait pas pour y accrocher. Pendant quelque temps, je naviguais seul dans le monde de Roosevelt pour observer mes compagnons pendant les cours et à l’heure du déjeuner. Je regardais à la distance comment ils interagissaient et ne me sentais pas suffisamment courageux lorsque je calculais le risque que je prenais.  Je n’avais aucune préférence en particulier, quoique j’avais commencé à m’entendre avec Mario Lambert, un Franco-canadien, le fils de l’attaché de la GRC de l’Ambassade et David Williford, je crois qu’il s’agissait du fils d’un missionnaire américain ou quelque chose de cette nature. Tous les deux étaient dans mes cours d’espagnol et de débat et ils avaient un grand sens de l’humour. Notre enseignante d’espagnol était une ancienne Mademoiselle Pérou – sûrement il faisait très longtemps – elle s’appelait Melle. Saco qui avait du mal à se faire respecter et se faire obéir par sa classe. Si jamais vous avez vu un épisode de Oz, ce fut très semblable aux scènes de meutes. La seule différence était qu’un jour cette classe finirait tandis que sur Oz la sentence de chacun était différente. L’environnement était si décontracté, je pouvais parlé autant que je voulais avec eux afin d’établir un rapport plus étroit, ce dont j’avais vraiment besoin.

Pendant le cours où j’ai été régulièrement utilisé comme cible de pratique (Éducation physique) j’ai commencé à devenir ami avec un gars qui avait l’air Slave. Il m’a semblait une version plus petite et plus costaude de Ivan Drago, le boxeur russe de l’Armée rouge du film Rocky avec Stallone. Personne ne semblait l’inclure dans leur équipe lorsque les sports organisés avaient lieu. Je n’avais pas l’intention de choisir un côté, car je savais que j’allais quand même être choisi malgré ma décision. Les étudiants l’insultaient souvent, ils l’appellaient toutes sortes de mots dont je n’avais jamais écouté avant et n’osais pas les répéter. Il était évident pour moi qu’il était un autre intrus. Ce qui nous a semblé parfait à tous les deux. Si je n’étais pas accepté et étais en bon gars, il a dû me sembler à ce moment là, mieux que n’importe qui, parmi le reste des étudiants. La première fois que je l’ai approché, j’ai essayé de communiquer avec lui en anglais, puisque je ne parlais pas le russe. J’avais l’espoir d’avoir cette langue en commun. Nous étions supposé de jouer au volleyball et je n’avais pas de partenaire ni lui non plus. Il m’a répondu tout de suite, je suivis le mouvement de ses lèvres et il essayait de parler de plus en fort car il y avait beaucoup de bruit avec les balles qui rebondissaient sans cesse sur le plancher en bois du gym, je n’avais aucune idée de ce qu’il répondait. Nous avons quand même réussi à communiquer par des gestes et des expressions du visage, nous nous faisions des signes lorsqu’il fallait s’approcher et comme signe de victoire on levait toujours le pouce, signe quasiment universel. Nous avons persévéré en échangeant des gestes pendant longtemps et en riant en même temps lorsque nous étions ensemble pendant notre sentence dans la classe de gym. C’était drôle comment nous sommes arrivés à nous entendre sans être obligés à parler.

Plus tard, je me suis rendu compte que mon copain Soviétique était aussi dans mon cours d’histoire universelle. Kevin «El Chivo» Jameson, qui jusqu’à date j’en sûr qu’il était un clone de Woody Harrelson, était le prof de ce cours. Il s’agissait d’un jeune garçon  américain, possiblement c’était sa première fois comme enseignant dans une école secondaire. Il était aussi timide, quelque chose qui n’était pas bonne pour réussir comme prof dans ce milieu. La raison pour laquelle il a été surnommé el chivo (le bouc), ce fut parce que souvent il se mettait à nous faire des conférences sur le sujet du jour, alors quelqu’un dans la classe commençait à crier «Kevin chivo» de toutes ses forces, et le reste de la classe suivait à l’unison avec un «Ey! Ouf! Ouf! Ouf!». Selon le jour et les circonstances les ‘oufs’ devenaient plus forts, et on ajoutait le nombre de fois aussi. Il m’a toujours semblé drôle qu’il n’a jamais réagi à ce comportement. J’ai été également surpris au manque de contrôle que les enseignants avaient de leurs élèves dans cette école et le manque de discipline en général. Je n’avais jamais de ma vie vu ce genre de comportement, même pas dans mes anciennes écoles. Ce n’était pas question!. Ceci n’a pas empêché mon nouveau copain de l’Europe de l’Est ni à moi de contribuer à la chorale. Des fois nous faisions allusion à nos propres chivos et on créait le tsunami de Ey! Ouf! Et Oufs. En fait, ceci a fait preuve d’une très bonne technique comme allégemment du stress. Je me rappelle très bien me sentir pas mal rafraîchi en quittant la salle de classe de M. Jameson et prêt pour faire face au reste de l’environnement hostile. Kevin était un bon gars et ne démontrait pas de ressentiment ni d’hostilité envers sa classe. Peut-être il était juste content d’y arriver jusqu’à la fin du cours. Je bavardais souvent avec lui sur le basketball car supposément il avait joué pour Duke dans la  NCAA. J’étais jeune mais cela ne voulait pas dire que j’étais naïf. Il ne semblait pas avoir les éléments d’un athlète du Varsity.

Alejandro, Kensuke et moi à San Borja

Une fois que j’ai appris que le nom du Russe était Alejandro nous avons commencé à parler. Maintenant, j’avais réussi à déchiffrer la langue lorsqu’il essayait de parler avec moi avec un accent très marqué reconnu internationalement comme Andaluz. Il ressemble au Castillan (Espagnol), sauf qu’on ne prononce pas un tas de lettres et ils parlent plus vite. Le fait que c’était la première fois que j’écoutais cet accent n’a pas aidé. Il parlait à peine l’anglais puisque c’était la première fois qu’il apprenait la langue. J’avais l’avantage de la connaître déjà à l’oral. Grâce à cette nouvelle fréquentation, j’ai pu retrouvé ma passion pour le basketball en jouant avec lui et ses copains, coréens et japonais du cours d’espagnol langue seconde, à l’heure du déjeuner.  Il m’a présenté Kensuke Kobayashi, un bon ami japonais qui est devenu notre personne ressource quant à sa langue et sa culture. Kensuke m’a appris quelque chose dont je n’oublierai jamais: Onara no nioigasuru  (Ça sent le pête!). Il était un bon gars et avec un grand sens de l’humour. J’ai  beaucoup appris à propos de leur culture à laquelle je n’avais jamais été exposé auparavant, et j’ai également partager les connaissances de la mienne. Le sentiment de rejet de la part de mes hôtes m’avait fait devenir encore plus Canadien. Maintenant, tout avait changé d’une façon positive puisque j’avais finalement trouvé ma place dans l’école et pouvais être en paix pour profiter des bons moments. Nous étions tous des enfants dans un sol neutre.

dimanche 2 octobre 2011

Comment survivre le secondaire


Être le nouveau gars sur le campus était rien de nouveau pour moi. J’avais déjà été dans cette situation plusieurs fois et avais surmonté le défi avec succès. Sauf que cette fois, c’était beaucoup plus fort que moi. À présent, j’étais un adolescent, et à cet âge les jouets, les dessins animés et les autres choses qui font plaisir à un enfant étaient hors de propos. Ceci représentait tout un nouveau défi avec de grandes expectatives. Les étudiants à l’école Roosevelt portaient un uniforme. Cependant, on aurait dit que la façon de s’habiller et avoir l’air présentable étaient les régles à suivre. Je n’ai pas pris conscience d’aucun désavantage en étant un nouveau gars, j’ai essayé de trouver quelque chose qui m’aiderait à cacher ma timidité avec une attitude de personne qui va chercher ce qu’il a besoin pour ainsi donner une nouvelle impression. Peut-être c’était l’opportunité de tout recommencer dès le début. Au lieu, que les gens aimeraient la difference que je partagerais avec mes camarades de classe et je serais accept par qui j’étais. Souvent on dit qu’il faut être sois même et tout le monde t’aimeras. On dirait que la plupart du temps j’ai réussi à rester sous le radar car je gardais tout pour moi-même, je lisais des livres dans la bibliothèque pendant mon temps libre et observais dès le premier jour comment les étudiants arriver à établir des relations les uns entre les autres y compris les différents clics.

Franklin D. Roosevelt, l'architecte de la Nouvelle Donne

Évidemment, le groupe le plus nombreux d’étudiants de la classe de 9ème était celui des Péruviens. Mon integration précédente qui avait été réussie avec les Vénézuéliens ainsi qu’avec les Chiliens m’ont mené à penser que c’était le bon endroit pour moi et m’intégrer. Après tout, celui-ci était mon continent! Le programme scolaire marchait en fonction d’un système de credits jusqu’à la fin des études secondaires, ce n’était pas souvent qu’on avait des cours avec les mêmes camarades de classe. Je suppose que les Américains ont décidé de suivre ce système dans l’école secondaire afin de préparer leurs élèves pour l’université, puisque c’était la première fois dont je devais choisir mes cours facultatifs. Ce fut un concept fort intéressant. Parfois, on pouvait suivre quelques cours où l’on pouvait retrouver quelques étudients. L’un de mes premiers amis fut Lucho Zuñiga, un gars péruvien assez sympa qui adorait le surf. Je me suis assis avec lui dans la bibliothèque plusieurs fois pendant l’heure d’étude, nous nous assoyions à une talbe pour lire des livres que m’avaient toujours intéressé. Il était aussi dans la même salle de classe que moi pour les cours d’algèbre, d’anglais, d’histoire universelle et pour mon cours d’éducation physique, alors j’ai supposé qu’on pouvait essayer de devenir amis. On aurait dit que ma présence ne lui dérangeait pas. Une autre de mes connaissances péruviennes fut Christian Hajossy qui était dans mon cours de Sciences physiques avec le professeur Melle. Zalecki. Souvent nous marchions ensemble vers l’école élémentaire à la fin de la journée où nous attendions pour qu’on vienne nous chercher pour être conduits chez nous. Lors de nos marches il me possait des questions à mon égard avec une certaine curiosité, y compris mon pays et il me parlait des jolies filles qui avaient à l’école et qu’il fallait garder sous un oeil guetteur. On dirait que tout commençait lentement mais sur les bons rails.

Tout au début de la rentrée scolaire j’ai dû faire face à un problème avec un nouveau gars. Rafael Benavides. Selon ce que j’avais compris son père faisait partie du corps diplomatique péruvien et ils venaient de rentrer de Londres. Je me suis présenté en pensant que comme nous avions cette experience en commun, nous pourrions devenir amis, malheureusement à chaque reprise les choses allèrent de mal en pire. À mon grand regret, nous étions dans la même salle de classe pendant l’heure d’étude, j’ai été obligé de demander mon prof sans cesse de me donner la permission d’aller dans la bibliothèque. À mon avis, c’était la meilleure solution qui m’est venu à l’esprit puisqu’il s’est mis d’accord avec d’autres gars pour me m’harceler, m’insulter et me frapper dessus avec divers objets (des gommes à effacer, des livres, des craies et toutes sortes de merveilleux projectiles) parce que le professeur nous laissait seuls dans la salle de classe. Je veux croire qu’il  pensait que “l’étude” serait mieux réussi sans être supervises. J’avais toujours peur quand l’heure d’étude approchait, mais je n’ai jamais voulu rien dire ni à mes parents, ni aux professeurs, ni à personne. Je ne voulais pas qu’on me prenne par un rapporteur ou quelqu’un qui ne sait se défendre tout seul. J’ai pensé que si je démontrais une certaine faiblesse, la façon d’être traité aller devenir encore pire. Je me rappelle que pendant le premier mois, je ne faisais que prier pour notre affectation soit soudainnement raccourcie. J’ai commencé à developer de différentes techniques de gestion de crise si j’étais forcé de rester dans cette salle de classe, par exemple rester sage et faire semblant que j’étais seul, leur demander poliment d’arrêter et de me laisser tranquille, mais rien semblait marcher. Je souviens avoir demander à Rafael une fois de me ficher la paix et au lieu il a pris l’effaceur pour le tableau et l’a serré dans sa main pour me frapper à l’arrière de la tête. À ce moment là, je n’ai plus su que faire.

Pour ajouter des insultes aux blessures, après le cours d’éducation physique, Lucho et moi courrions ensemble pour traverser le campus et aller à notre cours d’algèbre, toujours avec l’espoir d’arriver avant la deuxième sonnerie indiquant le début du prochain cours. Sinon, nous serions soumis à un avertissement. Au bout de trois retards, une détention suivrait…Qui voudrait passer plus de temps à l’école après les heures d’enseignement? Un jour, Lucho et moi sommes arrivés en retard et notre prof, M. Brenig, nous a demandé de marquer nos noms comme retardataires sur le tableau qui était à l’entrée de la salle de classe. Je venais de rentrer et cherchais un stylo pour écrire mon nom sur la liste, Lucho était tout le temps après moi pour lui passer le stylo aussitôt j’aurais fini. Après tout, cela faisait du sens puisque que j’étais le premier en rang. Plus tard, j’ai appris qu’il n’étais pas tout à fait d’accord avec cette façon de procéder. Au cours de ce semester ainsi que le suivant, Lucho, Rafael et d’autres gars du cours de gym m’utiliser comme cible de pratique. Si jamais je les dépassais en marchant, ils me lançaient de toutes leurs forces un ballon de soccer ensayant de me faire mal, ils m’attendaient dans les couloirs pour me coïncer, me faire trébucher et me pousser. «Bienvenue au Pérou!». Je me disais à moi- même. Je me demandais comment au nom de Dieu, je pouvais devenir l’ennemi public numéro 1, juste parce que je lui avais demandé de patienter pour lui passer le stylo. Tout cela me semblait ridicule. Ensuite, ils ont tout fait pour s’assurer que l’adaptation à mon nouvel environnement serait difficile. Une fois ils m’ont volé l’uniforme que nous devions porter à l’école du casier de gym en profitant que je portais la tenue de sport, par consequent j’ai dû garder mes vêtements tous transpirés pour le reste de la journée. J’ai été voir M. Weinrick pour le lui rapporter et bien entendu il était en état de choc car ce type de comportement ne s’était jamais produit dans son école. J’ai commencé à penser que la séance d’orientation, qui m’a emmené à choisir cette école a été une image publique d’une campagne préfabriquée afin de conditionner les parents à croire que les étudiants étaient les futures dirigeants et des citoyens exceptionnels.

Même John Rambo pouvait être une personne tranquille

Il était vrai que personne d’autre n’avait fait de son ou sa façon de me traiter mal. Cependant, ce fut ma première experience sur le monde de l’intimidation et c’est horrible de se sentir victime. J’ai réagi d’une façon negative, je suis devenu renfermé et ne voulais plus rien à voir avec le reste des étudiants péruviens car je sentais qu’ils étaient tous contre moi. C’était peut-être vrai, peut-être pas. Ma première année, j’ai quand réussi à me faire de bons amis – je vais aller plus loin à propos de ceci dans les prochains chapitres, soyez rassurés – ce traitement m’a fait sentir complètement rejeté et j’avais envie d’embarquer le premier avion de retour à Ottawa et de me refugier dans mon ancienne école où je pourrais être entouré de mes vrais amis. Toutefois, le châtiment peut toujours venir de façon mystérieuse et inattendue. Peut-être c’est mieux de dire que tous nous revient. Vers la fin de la première année d’école, nous étions en train de jouer au soccer en education physique et bien sûr tous les tyrans semblaient jouer contre moi même s’il y en avait dans mon équipe. Rafael continuait à jouer tours où il pouvait se laisser y aller contre moi et me pousser, alors qu’il riait lorsque je me suis mal contre la barrière. Après quelques semaines de ceci, j’ai perdu mon cool et je me suis laissé aller contre lui comme un train de merchandises, j’ai donné un coup de pied au ballon avec tout l’élan possible et par une pure intervention divine, lorsque j’ai courru derrière le ballon afin de le récupérer celui-ci a frappe son pied. Au moment de faire contact, je l’ai fait tomber ce qui l’a obligé à un reviremment complet en l’air de premier plan et en retombant à terre il se cassa la cheville. Cela a été complètement involontaire, je faisais semblant que j’étais allé chercher un défi juste et je continuais en mouvement. En consequence, il a porté un plâtre pour le reste du semestre, et les autres m’ont fiché la paix pour le reste de mon existence dans cette école. J’ai gagné le respect de tout le monde juste par un coup de chance et est devenu intouchable.

mercredi 28 septembre 2011

La clé pour choisir notre propre école secondaire


Le choix le plus important dans la vie d’un adolescent est celui d’une école secondaire, puisque c’est pour la première fois qu’on a le droit de le faire. Le premier établissement où nous nous sommes addressés pour avoir de plus amples renseignements ce fut le Lycée Franco-Péruvien, excellente école, près de l’Avenida Primavera et l’autoroute Panamericana Sur. L’établissement était très bien situé à environ cinq minutes de chez nous malgré la circulation et les embouteillages du matin. Le bien révéré proviseur nous a fait le tour de l’école et les installations, il nous a mentionné en même temps que comme nous étions déjà grands, nous ne serions pas obligés de porter l’uniforme. Ceci fut un soulagement, parce que nous n’avions pas porté d’uniforme pour aller à l’école depuis 1992. Les bâtiments avaient l’air tristes et les installations pour faire du sport étaient limitées, il y avait juste un terrain de basket/soccer comme un genre d’ avertissement de conflit pour les sports. Tout au plus, il est difficile de jouer au soccer et au basket de façon simultanée. Ensuite,  une fois rendus à son bureau il nous a demandé de nous asseoir. Il a regardé nos notes et nous a expliqué que l’école suivait le programme de l’Hémisphère Sud et comme ils étaient rendus à la moité de l’année scolaire, nous allions être obligés de reprendre la moitié de l’année scolaire dont nous venions de terminer à Ottawa. Ce qui voulait dire que Brian à présent avait deux ans et demi pour finir l’école au lieu de deux, il fallait également ajouter deux ans de plus à tout cela pour me rendre compte de mon problème. Comme l’année scolaire finirait à la fin de l’année c’est-àdire à Noël. Brian serait obligé attendre jusqu’au mois de septembre pour commencer l’université. En fait, nous pouvions perdre même plus de temps. Cela nous a laissé un goût amer.

Bibliothèque de l'école américaine

L’école suivante était la plus fréquentée par la plupart des enfants de l’Ambassade du Canada, Colegio Franklin D. Roosevelt. Il s’agissait d’une école secondaire américaine, où les enfants des diplomates, des hommes d’affaires étrangers, des personnalités politiques et l’élite du Pérou étaient acceuillis. Le quartier semblait plus joli en comparaison avec celui du Lycée, la propriété était immense. On aurait dit un club de golf, mais en réalité c’était une école. L’administration avait organisé une réunion d’orientation dans le centre des médias, le personnel avait préparé une présentation pour les parents et les étudiants. Tout le monde était émerveillé par la qualité de l’enseignement, celle qui permettait aux élèves de finir leurs études secondaires avec un diplôme (ce qui semblait parfait pour nous puisque ces études sont généralement reconnus par les Provinces canadiennes, ainsi que le prestigieux Baccalauréat International). Les exposants se sont concentrés sur l’esprit de camaraderie, l’honnêteté, l’intégrité et la discipline. Ils ont également mentionné qu’un étudiant avait récemment volé un tableau lors d’une exposition d’art dont l’école avait parrainé et que toute la communauté avait été choquée, car c’était quelque chose qui n’était jamais arrivé avant dans cet école. Nous étions tous fortement impressionés et je suis sûr que tout le monde était prêt à s’inscrire leurs enfants.

Ensuite, Brian et moi avons individuellement rencontré le directeur, M. Brian Weinrich pour une interview, celui-ci ressemblait énormément au Dr. Frasier Crane. Je suppose que cette rencontre était pour avoir une meilleure idée de notre personnalité. J’étais vraiment nerveux après cette surprenante introduction et espérais être assez bon pour m’intégrer dans cette école comme étudiant. Brian est passé avant moi et j’ai dû attendre, entretemps je réfléchissais sur les importants traits de personnalité que je devais signaler ainsi qu’à mon record précédent d’excellence académique. Je n’étais pas sûr si cela serait assez. En fin de compte, Brian est sorti, mais malheureusement je ne pouvais pas lui demander des conseils ni comment tout s’était passé. À présent, c’était à mon tour. Il a suggéré de m’asseoir en face de lui, de me tenir tout droit et sûr de moi-même. Je me suis concentré à la création d’un halo au-dessus de ma tête dont tout le monde pourrait le voir. Il m’a posé quelques questions afin de me faire sentir plus confortable, mais malheureusement, j’étais si nerveux, que jusquà date, je ne me rappelle pas de ce que nous avons parlé. La seule chose dont je me souviens parfaitement est qu’une fois nous avons terminé, il a souri et a dit que j’étais un très bon gars et tout aller bien se passer à l’école pour moi et si je sentais que cela était bien pour moi. Il a alors lancé la balle sur mon terrain, ce qui fait que j’ai dû dire quelque chose vraiment impressionante pour me donner ce choix. Je me suis senti fier de moi même. Ensuite, il a ajouté que si jamais j’avais des problèmes, sa porte restait grande ouverte pour tout le monde. Ça alors! J’ai bien fait une bonne impression! J’ai retrouvé mon frère qui avait aussi un grand sourir ainsi que mes parents, nous étions prêts pour fêter notre victoire.

L’étape suivante était la rencontre avec le conseiller académique dans son bureau, juste à côté du Centre des médias de l’immeuble. Il serait notre arme secrète pour accomplir notre excellence scolaire. Il s’agissait de Robert Piper, un monsieur âgé de la Nouvelle Angleterre. J’ai estimé que j’avais l’élan de marcher jusque là pour signer l’accord de mes deux prochaines années. Une fois de plus, après Brian, j’ai dû attendre mon tour de discuter avec lui et de l’intégrer dans mon équipe. Nous nous sommes assis pour parler de mon ancienne école, des cours que j’aimais, et de ma vie au Canada. Il m’a immediate-ment dit, qu’il y avait beaucoup de Canadiens dans l’école, ce qui allait me faire sentir chez moi. Il m’a suggéré de m’inscrire en neuvième pour être avec des élèves de mon âge et en même temps avoir une transition plus aisée – par rapport au Lycée je devais commencer la dixième année. Il m’a donné le choix et j’ai suivi son conseil puisqu’il était la personne ressource. Ensuite, nous avons passé pratiquement une demie heure en train de parler de la NBA, du basket, et je lui ai mentionné que j’étais déçu de manquer la première année de la franchise des Toronto Raptors. Il m’a répondu qu’il était un fan des Celtics; alors j’ai tout compris, je savais pourquoi il avait cette préférence vis-à-vis les Lakers. Je lui ai expliqué la merveille des Lakers et le potentiel qu’ils avaient pour devenir les meilleurs et la ville aussi pour avoir la place qu’ils méritaient dans la ligue. C’était juste une question de temps.

École secondaire Franklin D. Roosevelt

Pour racourcir l’histoire, Brian et moi avons éventuellement choisi l’école Roosevelt parmi toutes les écoles de Lima. Nous ne devions plus continuer à chercher. L’administration de l’école ne semblait pas avoir d’inconvénients du fait que nous n’avions jamais étudié en anglais. Évidemment, nous parlions anglais chez nous avec notre papa mais point final. Nous n’avions jamais écrit la langue et avions jamais suivi des cours dans cette langue. Je savais bien que j’allais être obligé d’étudier très fort afin de garder ma place à l’école qui avait une excellente réputation et représenter mon pays parmi mes camarades. Le premier jour d’école était tout près et tout avait l’air plus compliqué que jamais. Je savais qu’il y avait d’autres élèves qui avaient eu l’avantage d’être dans la même école pendant plusieurs années et qu’il était possible que j’allais être obligé de trouver ma place parmi eux. Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre quant à mes camarades de classe car je n’avais pas encore eu de rapport avec des enfants de mon âge au Pérou. Malgré tout, je me sentais sûr d’avoir fait le bon choix à Roosevelt et le fait d’avoir mon frère là, je savais que nous comptions l’un sur l’autre et ainsi former un lien plus solide. Les garçons Bickford avaient toujours réussi dans le passé et ceci représentait tout simplement un autre défi à surmonter.

dimanche 25 septembre 2011

Pérou - Une arrivée royale


Avant d’arriver dans le pays des Incas, j’avais eu suffisamment de temps pour imaginer comment était la ville de Lima au Pérou. Ce fut avant l’âge d’or de l’Internet quand l’accès à l’information était tout au plus limité. Comment avons-nous pu y arriver à l’époque? Même au moment de m’asseoir dans l’avion lorsque j’écoutais attentivement les instructions de l’équipage à propos de notre descente à l’Aéroport international Jorge Chavez, à mon avis la ville était un mélange de la ville de Santiago et celle de Caracas. Les souvenirs de ces deux endroits étaient toujours frais dans ma tête. Au fur et à mesure que l’avion commençait à atterrir, je n’arrivais même pas à voir les lumières dans l’obscurité. J’ai toujours beaucoup aimé les lumières de nuit puisqu’elles sont un signe de vie et de civilisation. Le brouillard enveloppa notre avion  comme pour cacher un secret avec l’espoir de me faire une surprise. Je suis resté quand même en train de regarder patiemment par la fenêtre avec l’espoir de voir l’horizon, ce brouillard si épais représentait un défi lorsque j’ouvrais mes grands yeux de guetteur. Nous avons tous tenu le coup jusqu’à ce que l’avion a atterri en m’approchant de mon nouveau chez moi pour les prochaines deux années.

Drapeau du Pérou en 1825

Notre avion nous a conduit jusqu’au terminal mais il n’a pas arrêté aux sorties rattachées à l’aérogare. Le personnel de bord ouvrit les portes afin de préparer les voyageurs pour sortir de l’avion et en même temps une lourde odeur pénétra dans l’avion. Cette odeur est quelque chose que l’on n’oublie jamais. À vrai dire, il puait. La puanteur crasseuse venaient de la farine de poisson, des ordures et probablement un peu de guano tout ça faisait partie du dense et humide brouillard. Nous avons appris que les gens appellaient ce brouillard garua et il serait notre compagnon inséparable nuit et jour pendant les prochains six mois. J’ai pensé que nous serions obligés de patienter jusqu’au moment de quitter l’aéroport car souvent les grandes villes sont entourées de zones industrielles. Nous avons pris un bus après avoir quitté l’avion de Aeroperu pour arriver à l’aérogare et passer les douanes, et suivre  la procédure bureaucratique internationale pour donner le droit d’entrée dans le pays. Une fois rendus à ce point, un agent administratif de l’Ambassade, M. Stuart Bale, qui avait été avec sa charmante famille, en poste à Caracas en même temps que nous, était là pour nous accueillir et nous parler du Pérou.  Ce fut une agréable surprise  revoir quelqu’un que nous connaissions déjà tout au début de notre nouvelle aventure. Nous avons passé sans problèmes les douanes en passant par la section dévouée aux diplomates, ensuite nous avons récupéré nos bagages et pris la fourgonnette de l’ambassade. Toujours en compagnie de cette horrible odeur. Il y avait des centaines de personnes en sortant de l’aéroport en train d’attendre leurs proches.

Nous avons rencontré, Wilbur notre chauffeur, un costaud Péruvien qui nous a conduit au logement où nous allions passer la nuit. Au moment où le véhicule faisait son chemin à travers la foule, il y avait des enfants qui lançaient des cailloux contre notre voiture, apparemment ils faisaient ceci pour énerver les conducteurs et les faire arrêter pour sortir de leur voiture. Ce qui n’étaient pas au courant de ce genre de confrontation retrouvaient leur voiture envahie de gamins – appelés pirañitas – en emportant tout ce qu’ils pouvaient de leur véhicule. Stuart a été très gentil de nous donner tous ces conseils utiles sur la sécurité locale. Cette partie de la ville s’appelait Callao et le paysage était tout à fait frappant. Nous avons pris une grande avenue, le carrefour était tout plein de toutes sortes d’ordures, puisque la ville ne comptait pas d’un système de ramassage et ceci contribuait également à l’odeur. D’un autre côte, on aurait dit que tous les bâtiments avaient été démolis comme suite à une espèce de terrorisme local. C’était une façon d’économiser sur les taxes foncières, comme ça les propriétères n’étaient pas obligés à payer des impôts trop élevés si l’immeuble n’avait pas été terminé. Au long de notre parcours, nous avons remarqué que la ville était distribuée d’une manière semblable, cependant lors de notre arrivée à Miraflores – un centre-ville pour les étrangers et en même temps un centre d’affaires pour la ville – les choses semblaient améliorer.

Notre première nuit dans la ville, en arrivant à l’Hôtel Pardo où l’on avait retenu des chambres nous avons rempli la fiche. C’était l’emplacement parfait puisque l’Ambassade du Canada était située juste en face en traversant la rue, en plein milieu du quartier de divertissements pour les gringos. Cette nuit, Brian était toujours contrarié d’avoir quitté Ottawa, alors il a décidé de rester dans la chambre de l’hôtel. Mon papa, ma maman et moi, sommes allés à Calle de las Pizzas (la rue des pizzas pour nous les étrangers) pour goûter au pizza local et leur boisson «Sangría» préparée sur place - une boisson originaire de l’Espagne préparée avec du vin rouge, de l’eau pétillante ou une boisson au citron pétillante, ainsi qu’un mélange de fruits assortis de la saison. Ce fut un  délicieux repas, le service était excellent et le prix raisonnable. Il y avait à peu près de trente à quarante bistrots qui servaient leurs propres pizzas avec un Pisco Sour (leur boisson nationale) y compris, comme spécial du jour. Même si j’avais déjà entendu parler de cette boisson lors de mon séjour au Chili, je ne l’avais jamais dégustée puisqu’elle contient de l’alcool. Les Péruviens étaient toujours très fiers de leur boisson et répétait sans cesse que leurs voisins au sud leur avaient copié l’idée. Je n’ai jamais voulu rentrer en détail par respect. De retour vers l’hôtel nous avons vu des enfants en train de vendre des roses aux passants, beaucoup de marchands de fleurs avaient des kiosques mobiles qui faisaient partie de la vie nocturne du quartier de Miraflores. Nous ne sommes pas restés longtemps car le lendemain serait une journée pleine d’action car nous devions recommencer notre vie dès le début, Brian et  moi, devions aller voir les écoles.

Vu de la rue des pizzas depuis le Parc Kennedy


Nous étions déterminés à faire le meilleur de cette situation et poursuivre notre esprit aventurier développé lors de nos aventures précédentes en Amérique du Sud. Notre première nuit, lorsqu’on se préparait pour s’endormir en sol étranger une fois de plus, nous avons regardé la télévision en espérant trouver la chaîne locale pour les informations d’actualité afin d’avoir un peu plus de détails sur le pays. Malheureusement, il était un peu tard et nous avons vu seulement la fin d’une réclame avec un morceau patriotique. Sur la vidéo il y avait une femme attrayante, habillait dans un costume typique Quechua en train de courir dans les champs et il y avait aussi des images des différentes régions du pays avec une chanson à l’arrière plan qui répétait «Así me gusta mi país, Perú». (C’est comme ça que j’aime mon pays, le Pérou!). Après ce drôle et encourageant vidéo, nous sommes rentrés dans les lits pour bien dormir car le lendemain matin nous devions être à l’Ambassade de bonne heure pour recontrer tout le monde et leur dire bonjour. Au lieu de la visite de l’homme de sable, nous avons été secoués par un tremblement de terre. Nous avons eu peur, spécialement parce que c’était le premier que j’avais senti dans ma vie.

mercredi 21 septembre 2011

Je pars, le vol de nuit s'en va, destination Lima


À l’âge de quatorze ans, j’avais déjà vécu dans quatre différents pays et visiter sept autres. Neuf ans de ma vie comme étranger et les trois dernières années chez nous. Je me suis habitué à vivre comme expatrié, ce qui a contribué à un sentiment d’auto-aliénation en étant à Ottawa. C’était comme si j’admirais un belle peinture à partir de l’extérieur comme quelqu’un qui aime l’art sans faire partie de la toile. J’avais donné à cette opportunité mon meilleur effort pour devenir partie de l’image canadienne, quelque chose dont je ressentais lorsque j’ai vécu à l’étranger. Ma croissante timidité contribua à une adaptation plus difficile que les périodes de transition precedents. L’anglais était généralement la langue de travail quand les fameux quatre étaient ensemble, le français était la langue de l’école et de ma maman, ce qui n’a pas change à Ottawa. Mon apport de l’espagnol avec les amis en dehors de l’école est devenu gravement limité. Juan Alberto et ses parents (mes oncles adoptifs) étaient devenus ma source pour la langue espagnole et une culture que j’ai estimé naturellement confortable.  Ceci m’a aussi fait sentir mal à l’aise que dans mon propre pays, les gens souvent suggéré que j’étais un étranger lorsque j’essayais de personnifié la Feuille d’érable et tout ce qu’elle représentait dans ma vie, sentiment repoussé grâce à une adaptation réussie.

Avec mes amis de Claudel chez Adriano, Ottawa, Canada

Dans le passé, le temps jouait un rôle essentiel comme moyen de donner un sens à ma nouvelle transition et assurer une certaine stabilité suivie rapidement. Au fur et à mesure que la familiarité avec mon environnement augmentait, j’ai commence à faire de bons amis et j’ai commence ainsi à avoir un sens d’appartenance. J’étais juste un gosse de plus parmi tout un tas de gens portant d’une façon uniforme la culture locale et la société. Ma presence dans le melting pot était comme celle d’ajouter des épices à une recette pour lui donner un gout spécial. Après avoir completer deux ans dans notre affectation, après mon adaptation à une nouvelle vie avec laquelle je me sentais content après avoir travailler très pour y arriver, je n’avais jamais pensé que le moment de repartir était là. Bien sûr que je n’ai jamais blame ni mon père ni son emploi pour ces circonstances, mais ceci arrivait à chaque fois sans exception. Le moment de repartir était inevitable. Je suis né dans ce type de mode de vie alors je n’avais pas de point de comparaison. Il était en train de devenir un peu difficile de s’habituer aux déménagements puisque l’on savait que c’était provisoire, à cause du fait de laisser les raciness qu’on avait faites pendant trois ans et sacrifiant de nouveau une vie stable. Ceci a élargi les horizons des enfants, mais il y avait toujours des avantages et des désavantages. Une fois qu’on a pris l’habitude de notre routine, on dirait que le Canada avait fait partie d’une autre affectation, mais le fait d’avoir eu la famille de mon père plus proche ce fut un grand avantage. Malgré qu’ils n’habitaient pas juste à côté, ceci représenta un grand impact à mon experience de vie dans ce pays puisqu’ils nous avaient toujours encourages et faisaient un effort pour passer le temps des fêtes et les occasions spéciales en famille. Je n’ai aucun doute que si j’avais pu aller après l’école chez mon Grandad, chez mon Uncle John et Aunt Amy ou bien chez mon Uncle Rick et Aunt Margaret, je l’aurais fait souvent sans doute, Ottawa aurait été différente.

Au printemps de l’année 1995, comme c’était la coutume, au bout de deux ans et demi, nous avons eu des nouvelles, il fallait déménager de nouveau. Cette fois-ci, mes parents ont ressenti une certaine pression car leur deux garcons étaient plus âgés et apprécier beaucoup la liberté de leur mode vie en banlieu ainsi que les petites choses qui contribuaient à leur stabilité. Leur plus grande preoccupation par rapport à une possible réaction dramatique, peut-être incontenable de partir en affectation encore une autre fois. La fin de nos visites chez mon Grandad à tous les mois s’achevaient, c’était notre relation la plus proche avec les Bickford de l’Ontario et la plus fréquente, notre panier pour jouer au basket-ball, nous ne jouerions plus sur la rue et quitterions nos amis. Mon papa et ma maman ont demandé à Brian et moi de venir dans le salon où autres fois dans les années precedents nous avions contribué au montage du Sapin de Noël et des décorations qui vont avec pour nous annoncer la nouvelle. Mon père commença la conversation en disant que nous étions affectés à Lima au Pérou pendant deux ans. La première qui nous est venue dans la tête à mon frère et moi c’était son copain de l’école, Daniel Seminario. Il était obsédé par Michael Jordan et les Bulls et laissait tomber presque toutes ses responsabilités de jeune garcon pour jouer au basket-ball au lieu – il n’était pas particulièrement fort – et il avait vécu trop longtemps loin de sa patrie l’Amérique du Sud. Du coup, nous avons pensé qu’il n’était pas la bonne personne pour nous parler des Péruviens. Ma mère commença à nous poser des questions sur le pays, les deux Brian et moi avons répondu avec le mot les Incas – une civilisation pré-colombienne qui a vu sa disparition dans les mains des conquistadors espagnols. Ensuite, ils ont continue à nous donner un apercu élémentaire de la situation politique, en mentionnant que Fujimiori était le revendicateur politique et que le pays andin revenait à la surface après une quasi guerre civile contre le Sendero Luminoso (Le Sentier Lumineux).

Je me rappelled que Brian était bouleversé avec le depart plus que jamais. Il avait fait de bons amis, principalement Manu, Tariq et Grégoire qui étaient de bons gars et toujours gentils envers moi. Souvent, ils me faisaient participer dans les jeux de basket-ball ou bien lors des sortis pour aller voir un match. Il était devenu un jeune entrepreneur en trouvant des opportunités, pour se faire de l’argent de poche dans notre communauté. Il faisait la tonte, pelletait la neige des entrées et gardait des enfants. Un grand nombre de residents du quartier sud d’Ottawa le connaissaient et cela voulait dire beaucoup pour lui. Il a été considéré comme l’adolescent qui pouvait faire de tout. N’importe quoi qu’on avait besoin de faire dans la maison on pouvait compter sur lui. Il épargnait son argent pour acheter des CD, des posters et d’autres articles indispensables aux adolescents. Avec cette nouvelle affectation, il témoignait un ébranlement de tout son fort travail qui commençait à disparaître et impuissant de faire quoique ce soit perdant en même temps la liberté de faire du vélo partout où il voulait. Il ne voulait pas quitter. J’avais un regard sur le passé de ma propre vie et je ne voyais pas le besoin de mettre dans une balance ni les avantages ni les désavantages. Mon frère était mon aîné, deux ans de difference, ce qui fait que les éléments de sa vie le tenaient plus attaché à la ville d’Ottawa car ils avaient un sens plus profond. Mon meilleur ami, Juan Alberto et sa famille était également programmer pour aller à Quito en Équateur (juste à côté de notre destination), alors ceci a contribué à mon impassibilité. Si mes meilleurs partaient, il n’y avait pas de raison pour rester et le changement pourrait être pour le mieux et pour la vie commençait à devenir monotone.

Avec ma famille lors de ma Confirmation, Ottawa, Canada

Le dernier été à Ottawa a été court. Il était tout au plus ennuyeux pour moi car comme d’habitude la plupart de mes copains de l’école était dans des camps d’été et Juan était pratiquement dans un isolement absolu puisque sa famille emballait leurs effets personnels pour partir en affectation. Ma maman faisait des tours pour mettre des etiquettes auto-collantes sur nos effets ménagers pour les identifier pour la méthode de transport: air, bateau et entrepos. J’ai grandi avec cette habitude. Elles marquaient les ceremonies de cloture de chaque détachement. Éventuellement, les déménageurs arrivaient dans un grand camion, ils envoyaient nos articles les plus indispensables dans des cartons par avion, les paquets les plus lourds dans un conteneur qui arriveraient à destination par bateau et le mobilier serait envoyé dans l’entrepos jusqu’à notre retour – après deux ans cette fois-ci. Psychologiquement, c’était plus facile faire ce déménagment parce que ce n’était que pour une courte durée. Deux ans passent trop vite! L’expédition était cependant un fardeau car il fallait toujours négocier avec les douanes à l’arrivée. Une fois la maison vide, nous avons pris la route pour une dernière vers les endroits dont nous étions devenus habitués: Kingston, Vary Lake et pour enfin quitter le Canada en prenant l’avion à l’Aéroport Pearson, notre port d’entrée trois ans avant. J’étais triste de quitter ma famille et craintif en me demandant ce que le Pérou avait à m’offrir dans les aventures de ma vie.

dimanche 18 septembre 2011

Et l’hôte de la Coupe du Monde FIFA 1994 est …

Le monde international du football a été surpris quand les États-Unis ont gagné le tirage organisé par la FIFA pour accueillir le monde de renommés pour l’événement sportif. Des milliers de gens déçus semblaient agiter dans la mise en place de la Coupe du monde, avec des fanatiques du monde entier exprimant l’atrocité du pays qui faisait toujours allusion au sport comme «soccer» comment aurait pu organiser ce prestigieux événement. Certainement, cette décision était un vrai essai pour le comité organisateur de la FIFA d’éveiller un intérêt dans un nouveau marché, relativement inexploité. Je ne faisais pas très attention à l’époque aux politiques du jeu, car j’étais très heureux de me retrouver une fois de plus dans mes traditions préférées. Toutes et chacune des grandes civilisations avaient leur propre calendrier et le mien était celui de la Coupe du monde à tous les quatre ans. À ce moment décisif de mon voyage et en remarquant l’incroyable manque d’enthousiasme parmi la plupart de mes amis, je me suis rendu compte que je ne faisais pas partie d’une culture uniforme. On dirait que j’avais acquis certaines habitudes d’autres personnes parmi lesquelles j’avais vécu auparavant pour essayer de donner un sens à mon monde. Même si j’encourageais le continent dont j’identifiais comme le mien – l’Amérique du sud – celui-ci n’était pas officiellement mon pays. Si l’équipe nationale brésilienne avait acheminé un petit groupe de haut niveau comme l’Allemagne, on pouvait à peine écouter les voitures passer sur la rue devant chez nous car tout le monde claxonnait pour ainsi célébrer. Les Canadiens attendaient avec impatience dans la chaleur de l’été  la Soirée de Hockey au Canada et oubliaient le football. Cependant, au Brésil, si cela se passait, le gouvernement et les enterprises auraient décidé de faire la fête, comme s’il s’agissait d’un congé national pour commémorer la victoire et tout le monde sortirait sur les rues pour fêter.

Diana Ross lors de la cérémonie d'ouverture

Les Américains ont réussi à monter tout un spectacle pendant la cérémonie d’inauguration, sans se faire de souci pour les spectateurs étrangers qui regardaient tout à la télé à partir de leur salon chez eux. La cérémonie d’ouverture a été dirigée par Oprah Winfrey du Soldier Field de Chicago, où elle a présenté des artistes de l’époque d’un haut niveau. Daryl Hall, Jon Secada et Diana Ross montrant leurs talents pour le plus grand auditoire de leur carrière musicale. Je me souviens de Diana Ross se pavaner sur le terrain, en levant ses bras, se perdant dans le rythme de sa musique, en chantant d’une façon passionnée jusqu’à ce qu’elle a retrouvé une balle sur l’autre extrémité de l’hauteur, elle donna un coup de pied au ballon en l’envoyant dehors de la marque et l’objectif s’est effondré. Elle était supposée d’adresser le coup de pied vers la partie de derrière du filet et l’idée était que la force du coup déchirerait le filet en moitié – en tout cas, c’était bien ça l’illusion. Et de toute façon, c’était drôle. Je félicite quand même les Américains pour l’excellent travail qu’ils ont fait comme hôtes et ils ont réussi à définir la moyenne des records par rapport à la fréquentation (près de 69 000), en brisant le record permanent de la Coupe du monde de 1966 en Angleterre. La totalité de la fréquentation au match de presque 3,6 millions pour le tournois final reste comme la plus élevée dans l’histoire de la compétition, malgré l’expansion de 24 à 32 équipes dans la Coupe du monde de 1998. Peu après le spectacle de bienvenue pour les équipes et les spectateurs des merveilleux États-Unis d’Amérique, l’attente enfin s’était terminée comme champions défenseurs de l’Allemagne et les menus fretins sud-américains, El Diablo Etcheverry de la Bolivie donna le coup d’envoi. Bien sûr, ma clé pour commencer le match quelques jours plus tard lors du retour de la retraite de Diego Armando Maradona au monde du football dans une autre tentative de mener l’Albiceleste à la gloire et regagner sa sainteté dans la compétititon.

Leur jeu d’ouverture avait lieu à Foxboro, dans la banlieu de Boston, contre la Grèce. Les Argentins ont ouvert le jeu avec tout une équipe de joueurs cloutés comme José Antonio Chamot, Roberto Sensini, Oscar Ruggeri, Diego Simeone, Fernando Redondo, Abel Balbo, Claudio Canniggia, Gabriel Batistuta et El Diego. Ils ont complètement détruis les Grecs 4 – 0, en laissant leurs fanatiques plein d’enthousiasme et les faisant croire que l’équipe arriverait jusqu’au bout. Batigol marqua un tour chapeau, mais le craquer de Diego était le véritable point culminant pour célébrer son retour. Après ce match, Juan Alberto, Brian et moi, avons pris notre ballon pour jouer dans la rue, en essayant d’imiter d’une façon impeccable le futbol lindo argentin. Le match suivant, ce fut la même histoire, la même ligne de lutte pour renverser facilement le passé du Nigéria  2 – 1. Les Super Eagles mirent une performance exceptionnelle représentant fièrement le continent africain et, éventuellement ils ont dépassé le Groupe D, avant la Bulgarie, l’Argentine et la Grèce. Cependant, la fin de ce match, voulait dire la fin d’une époque pour les Argentins et un coup pour éliminer le moral des héros de la Pampa. On avait demandé Maradona de faire ses valises et de se retirer de la compétition lorsqu’il a échoué à un test de dépistage de drogues, testant positif au dopage d’éphédrine. Il a été brièvement interviewé par la presse après cette terrible nouvelle qui a secoué le monde entier lorsque les mots lui manquaient – quelque chose d’inhabituel dans toute sa vie. Il n’oublirait jamais ce qu’il a dit à ce moment: «On m’a coupé les jambes!». Je me suis senti comme si l’on avait donné un coup de revolver à quelqu’un dans ma famille, lorsque la personne que j’admirais le plus avait été forcé de quitter un jeu qu’il avait béni pendant des années, pour moi il était le premier et seul joueur qui m’a fait rêver lorsque j’ai vu pour la première fois une rencontre sportive internationale. Plus tard, il a été allégué que le carburant Rip, un supplement qu’il a utilisé lors de la formation en Argentine, celui-ci ne contenait pas l’ingrédient de dopage mais la version des États-Unis l’avait. Comme il ne lui en restait plus au cours de la compétition, il était en train de prendre le mélange local sans comprendre ni lui ni son entraîneur la différence qui existait entre l’un et l’autre. Il ne porterait plus jamais les couleurs de l’Argentine, une vrai perte pour un si beau jeu!

L’Argentine devait continuer, les joueurs avaient perdu leur perspicacité et élégance sur le terrain. La motivation, la croyance, et tous les ingrédients de succès, Diego les avaient emportés dans sa valise de retour à Buenos Aires. Les vedettes semblaient s’éteindre en même que l’espoir de la rédemption qui existait lors de la première étape lorsqu’ils ont battu la Roumanie. D’autres équipes de CONMEBOL comme la Bolivie, la Colombie (baptisés les favoris par l’ancien champion international brésilien, Pelé) qui a suivi le même sort draconien, alors l’espoir d’un continent au complet se reposer sur le verde amarelha. Le jeu de foot sur la rue était revenu à Romário et Bebeto, avec une quadrature contre les forces du mal des Pays-Bas et de la Suède. Rien ne s’opposerait pour que le convoité trophé de la planète aille en Amérique du Sud une fois de plus. Un triomphe cher se préparait de nouveau avec le petit bonhomme qui prenait l’argent des poches et des gros portefeuilles du monde industrialisé et développé. Possiblement, les clubs les plus importants dans les ligues européennes avaient des installations exceptionnelles pour la formation de leurs joueurs ainsi que des académies permanentes qui attirent des enfants doués, mais les Brésiliens possédaient un talent naturel lequel ne pouvait pas être acquis. Au jour le jour, les gars de la samba s’amusaient, tout en dançant et souriant en même temps tandis que les autres équipes luttaient pour toucher la balle. C’était le fameux joga bonito du jour, je n’ai jamais eu l’opportunité de témoigner l’âge d’or du pays. Les équipes des adversaires devenaient frustrées car elles étaient obligées à devenir des spectateurs.

L'équipe brésilienne de Romário et Bebeto

L’Italie de Baggio – un buteur en pleine forme nationale et internationale – et le Brésil. À Ottawa, les Bickford et les Marquez se sont réunis pour regarder ce fabuleux spectacle se déveloper, encourageant les Sudaméricains. La seule chose italienne dans la maison se fut le pizza qui nous avions commendé. Sans offenser aucun habitant du Il Bel Paese, c’était le moment de briller pour le Brésil. C’était un long match, pas pour le manque de marquer des buts, mais l’émotion et l’intensité que diffusaient les joueurs à la télévision et dans notre psychisme. Il y avait très peu de vraies opportunités à faveur des Brésiliens et ce qui fut la cible pour rencontrer l’invincible Gianluca Pagliuca, pour maintenir vivant l’espoir du pays. Le match a continué avec des penalties et Roberto Baggio de l’Italie donna un coup en lançant la balle comme une flèche sans troubler Taffarel du Brésil entre les deux poteaux, menant la foule comme un océan jaune et vert innondant le terrain lorsque les gars de la samba emportèrent le quatrième titre. Le tournois se termina et nous nous sommes entassés dans la fourgonnette des Marquez pour parcourir les rues d’Ottawa claxonnant et agitant le drapeau vénézuélien comme signe de solidarité avec les nouveaux champions. Il y avait des gens qui nous faisaient des signes, probablement ils pensaient  que notre pays avait récemment réussi à avoir son indépendance. J’étais heureux car mon continent d’adoption, l’Amérique du Sud, avait gagné une fois de plus en démontrant sa résistance.